10 graphiques SIMPLES à placer en ESH

Si ne pas inclure de graphiques n’est pas pénalisé dans une copie d’ESH, en caler un voire plusieurs sera toujours valorisé. Cela peut être un véritable bonus qui vous démarquera des autres candidats et vous fera gagner des places aux concours. Seulement, peu de candidats les maitrisent et lorsqu’ils sont inclus, ils sont souvent mal présentés et pas bien maitrisés.

Pour ce faire, voici les quelques règles élémentaires à connaitre avant d’intégrer un graphique :

  1. Avoir un graphique clair, propre et lisible. Il doit être assez grand afin de faciliter la lecture de ton correcteur (1/3 d’une page de concours semble être la taille parfaite)
  1. Mettre un titre souligné au-dessous de la représentation graphique. Ne pas oublier de mentionner, si tel est le cas, l’auteur, son ouvrage et la date dans le corps de ton devoir ! (souvent en amont du graphique)
  1. Connaitre et mentionner les axes du graphe. Attention ici à bien préciser s’il s’agit de %, de chiffres en millions…etc
  1. Maitriser parfaitement son graphique et l’expliquer ! Rien de pire qu’un graphique plaqué au milieu d’une copie sans aucune explication et de lien direct avec le sujet.

Néanmoins, il est souvent compliqué de comprendre les graphiques, de savoir lesquels utiliser et lesquels apprendre. Nous avons donc résumé pour toi 10 graphiques essentiels à connaitre.

 

1er : Le plus basique : la rencontre de l’offre et de la demande sur le marché

Ce graphique est sans doute le plus basique des deux années de classes préparatoires. Il peut être facilement utilisé dans le cas d’un sujet sur le fonctionnement du marché (cf sujet ESCP 2017 : « Le bon fonctionnement d’un marché justifie-t-il l’intervention de l’État ? »), ou bien dès lors qu’il est nécessaire de mentionner le surplus du consommateur et du producteur.

Caractéristique du courant marginaliste dans la pensée économique avec en son cœur WALRAS, JEVONS et MENGER, ce graphique représente en son centre l’optimum de Pareto. Autrement dit, en ce point, toutes les ressources disponibles dans une économie donnée seraient utilisées de façon optimale. On l’appelle ainsi la maximisation simultanée du surplus du consommateur et du producteur, illustratif de l’équilibre du marché.

 

2ème : La perte de surplus due au monopole

Ce graphique est très utile dès lors qu’il est question de concurrence/monopoles. D’autant plus qu’avec tous les cas de fusions ces dernières années, ces thèmes sont très en vogue et sont tombés à de nombreuses reprises aux concours (ESCP 2015 : « Peut-on considérer que la concurrence constitue le principal moteur de la croissance économique ? », ESCP 2020 « Faut-il craindre le retour de la concentration industrielle ? » pour ne citer qu’eux).

                                                                (A noter que : Cm = cout marginale et que Rm = demande)

Au sens de V.PARETO dans Manuel d’Economie politique (1906), cette situation est sous-optimale en cela qu’elle ne peut maximiser conjointement le surplus du consommateur et du producteur. En effet, le graphique nous indique ici l’équilibre microéconomique du monopole. Non seulement la situation de monopole contraint l’offreur à un rationnement des quantités (passage de q à q’), mais également à un réhaussement de ses prix (passage de p à p’).

Le surplus du producteur est ici bien plus conséquent que celui du consommateur. Cette différence est ainsi exprimée par le triangle d’Harberger (A,B,C), qui représente la perte sèche de surplus pour l’ensemble de la société.

 

3ème : La fameuse courbe en J

Cette courbe, un traumatisme pour certains, est très utile lorsqu’un sujet porte sur les monnaies ou les taux de change avec l’angle de la compétitivité. En bref, il met en relation la dévaluation (ou dépréciation) d’une monnaie et le solde de la balance commerciale. Typiquement, le sujet ESCP 2013 : « Le taux de change est-il encore aujourd’hui un bon facteur de compétitivité ? » ou encore celui de l’ESSEC 2016 : « La guerre des monnaies.» sont particulièrement adaptés à ce graphique.

Lors de la dévaluation ou de la dépréciation d’une monnaie, celle-ci perd nécessairement de  sa valeur et est ainsi moins demandée. Par conséquent, les agents ont tendance à la vendre sur le marché monétaire. Or, nous savons qu’une telle opération permet une baisse du prix des exportations et une hausse de celui des importations. Ce déficit commercial initial devrait donc tendre à terme vers un équilibre puis un excédent commercial.

Lorsque la monnaie s’est dépréciée, les producteurs (davantage sollicités) ont mis du temps à s’adapter afin d’exporter davantage. Le déficit de la balance des transactions courantes (BTC) a donc continué à s’aggraver (à court terme). Puis, au fur et à mesure du temps, les capacités d’exportations se sont améliorées. L’effet volume prend le pas sur l’effet-prix.

4ème : Le modèle WS-PS 

Développé par R.LAYARD, S.NICKELL et R.JACKMANN dans Unemployment : Macroeconomic performance and the Labour Market en 1991, puis approfondi par ZYLBERBEG en 1999, le modèle WS/PS est indispensable pour un sujet sur le chômage.

(A noter que : W/P= wage setting, P/S= price setting et u= chômage) 

Ce modèle caractérise l’existence d’un taux de chômage d’équilibre. Celui-ci serait formé par le point de rencontre entre la courbe WS (Wage Setting) et PS (Price Setting). Si WS est l’offre de travail, où le niveau des salaires est déterminé par le fruit d’une négociation entre syndicats et employeurs, PS représente la demande de travail. D’après ce modèle, le chômage d’équilibre résulterait donc directement du poids des syndicats (déterminant essentiel de WS). En effet, « la préférence des individus syndiqués pour de plus hauts salaires serait la cause du maintien des individus sans emplois dans une situation de chômage » (K.Besozzi dans ECE 1ère et 2ème années. Economie Sociologie Histoire du monde contemporain en 50 fiches et dissertations). Selon ce modèle, pour réduire le chômage, il s’agirait dès lors d’abaisser le niveau actuel des salaires, bien que contraire aux préférences des syndicats. C’est ainsi que ZYLBERBERG évoquait le fait d’accroitre la concurrence sur le marché des biens afin de contraindre les entreprises à amenuire les salaires et ainsi faire baisser le chômage d’équilibre.

 

5ème : IS/LM : politique budgétaire 

A noter que : i = taux d’intérêt, Y = demande globale, IS= combinaison tx d’intérêt et niveau de production)

Le modèle IS-LM a été développé par J.HICKS dans Mr kyens and the Classics : a suggested interpretation en 1937. Il permet de montrer les effets d’une politique budgétaire (qu’elle soit expansive ou au contraire restrictive). Ces effets peuvent donc s’observer principalement à l’aide de la courbe IS, qui représente la combinaison tx d’intérêt et niveau de production. Ainsi, comme toute politique budgétaire entraine nécessairement une variation des dépenses publiques, toute politique budgétaire se voulant expansiveentraine quant à elle dans son sillage, un déplacement de lS vers la droite. A l’inverse, dans le cas d’une politique d’austérité, cette dernière se déplacera vers la gauche. Nous obtenons, quelque soit le type de politique choisi, un nouveau niveau de production d’équilibre et une variation du tx d’intérêt. Ce dernier connaitra une véritable hausse si la politique est expansionniste, laissant craindre un véritable effet d’éviction par tx d’intérêts qui pourrait à terme, nuire à l’investissement.

 

6ème : IS/LM : politique monétaire

                                       (A noter que : i = taux d’intérêt, Y= demande globale, LM = ensemble des points assurant équilibre entre O et D de monnaie)

Le modèle IS-LM a été développé par J.HICKS dans Mr Keynes and the Classics : a suggested interpretationen 1937. « Il montre l’influence de la politique monétaire qui est synthétisée par le mouvement de la courbe LM (qui représente l’ensemble des points assurant l’équilibre entre offre et demande de monnaie). » (K.Besozzi)  

Ainsi, simplement :

– Une hausse de l’offre de monnaie se traduit à déplacement de LM vers la droite/ B du tx d’intérêt/ H niveau de production.

– Une baisse de l’offre de monnaie se traduit à déplacement de LM vers la gauche/ H du tx d’intérêt/ B niveau de production.

L’enrichissement du modèle IS-LM : le modèle IS-LM-BP, tel que développée par Mundell dans Capital Mobility ans stabilization policy under fixed and flexible exchange rates en 1963 et Fleming dans Domestic financial policies under fixed and floating exchange rates en 1962 permet de souligner que l’efficacité de la politique monétaire dépend en outre en économie ouverte du régime de change ainsi que du degré de mobilité des capitaux.

Exemple : Une politique monétaire expansive entraine nécessairement une chute des tx d’intérêts, une sortie des capitaux et une dépréciation de la monnaie. S’en suit donc une meilleure compétitivité-prix, une hausse des exportations et un déplacement de LM vers la droite. Ainsi, dans le cadre d’un régime de change flottant (ou flexible) l’influence de la politique monétaire est renforcée par le canal du tx de change.

Dans la cas d’un système de change fixe, c’est l’inverse : la politique monétaire expansive est inefficace alors que la politique budgétaire l’est.

 

7ème : La courbe de Laffer

Très facilement utilisable dès qu’il est question de justice sociale, de réduction des inégalités, de pauvreté et bien sûr d’imposition, la Courbe de Laffer est un incontournable de la prépa HEC.

Présentée par A. LAFFER dans les années 70, cette courbe permet d’introduire le débat sur le niveau acceptable de l’impôt. En effet, lorsque le niveau d’imposition devient trop important, les taux sont dits dissuasifs et mènent à une désincitation au travail voire à l’optimisation ou à la fraude fiscale (cf G.ZUCKMAN dans The hidden wealth of nations en 2013). Ce graphique est souvent utilisé pour montrer que la lutte contre les inégalités ne peut pas reposer sur un trop fort taux d’imposition des plus riches pour les redistribués aux plus démunis.

 

8ème : La courbe de Kuznets

Il est là aussi question d’un grand classique de la prépa HEC et utilisable sur des sujets portant sur la justice sociale mais aussi sur la relation entre inégalités et croissance économique.

Cette courbe est présentée par S.KUZNETS en 1955.

Ce graphique nous explique ici qu’au début d’une phase de croissance économique élevée, les inégalités sont fortes. En effet, les agents économiques qui possèdent une épargne vont profiter de la dynamique économique (ils vont placer ou investir leur argent) tandis que les plus démunis, eux, ne pourront aucunement agir et bénéficier de ce relent de croissance.

Lors de la seconde phase, les inégalités vont se stabiliser du fait de l’industrialisation de l’économie. La hausse des inégalités est certes présente entre ceux qui sont dans le secteur moderne et ceux qui sont dans le secteur en déclin, mais peu à peu, entre exode rural et généralisation des progrès, les salaires des ouvriers et classe synonymes commencent à augmenter (comme tel fut le cas fin 19ème siècle en France).

Enfin, lors de la 3ème phase, les progrès se sont diffusés partout, les anciens secteurs ont disparu et l’enrichissement est général. Nous assistons donc à une réduction des inégalités.

 

9ème et 10ème  : 2 courbes peu connues pour se démarquer le jour J !

 Ces deux courbes sont directement empruntées du livre de Kévin Besozzi (lien en fin d’article) et permettent de se démarquer des autres candidats de par leur faible notoriété.

Pour un sujet nécessitant de parler de la démographie, vous serez forcément amener à parler de MALTHUS et de sa vision anti-populationniste. Ainsi, pourquoi ne pas illustrer cette idée par une récente formalisation mathématique 😎. Il s’agit de celle de Q.ASHRAF et O.GLAOR dans Dynamics and Stagnation in the Malthusian Epoch en 2011. 

Pour faire simple :

–  H de la population à effet de congestion qui limite le PIB/tête entraine une B des tx de natalité           

–  B de la population entraine une H du PIB/tête qui, à terme, conduit à une H des natalités.

Ces graphiques ne sont bien sûr qu’une liste non-exhaustive de graphiques. Bien d’autres peuvent être utilisés et valorisés lors du concours (AGHION ET HOWITT, quantité optimale de production…etc).

Bonne chance à tous !

PS : Ci-joint le lien du livre de Kévin Besozzi 

Thomas Robert

Etudiant à l'EM Lyon, j'ai à coeur d'aider les étudiants en ESH.

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