3 grosses erreurs à éviter aux écrits d’Arabe

Certaines erreurs reviennent de façon récurrente dans les copies d’Arabe, comme le montrent les rapports de concours. Que vous ayez choisi l’Arabe en LV1 ou en LV2, il faut donc apprendre à les éviter pour vous assurer une bonne note aux concours. Faire attention à ces pièges est d’autant plus important que la réforme des épreuves de langues ELVI les a rendues plus discriminantes qu’auparavant. Voici donc 4 erreurs à ne pas commettre dans vos essais, résumés et traductions !

 

1. Reprendre des mots de dialecte

Cette erreur concerne à la fois le résumé, la traduction et l’essai. Un manque de vocabulaire ou de maîtrise de la langue pousse souvent les candidats à se réfugier vers le dialecte de leur pays d’origine. Généralement, trois cas se présentent. Le cas inconscient est celui où le candidat croit que le mot de dialecte existe réellement en arabe littéral et l’écrit sans se douter de rien. Le cas incertain est celui où le candidat ne trouve pas le mot qu’il cherche et ne s’en rappelle qu’en dialecte, il l’écrit alors en espérant que ce mot existe en arabe littéral. Enfin, le cas conscient, et le plus facile à éviter, est celui où le candidat sait pertinemment que le mot de dialecte est incorrect en arabe littéral, mais l’écrit quand même, faute d’alternative ou de réflexion.  

Pourtant, c’est une erreur fatale : un mot de dialecte incorrect en arabe littéral est tout simplement un barbarisme, soit la pire erreur que peut commettre un candidat ! C’est la faute qui coûte le plus de points, et qui donc ne peut qu’abaisser votre note, surtout en traduction. Le pire des cas, tout à fait probable, est celui où l’examinateur vient d’un pays différent du vôtre. Il ne comprend donc pas le mot de dialecte, et vous perdez sur tous les plans : non seulement vous avez commis un barbarisme, mais vous n’avez même pas transmis votre message sur le fond, en écrivant un mot incompréhensible pour le correcteur.

Pour éviter cette erreur, il faut savoir faire du dialecte votre allié. En effet, le dialecte peut être très utile s’il vous permet de retrouver un mot de l’arabe littéral, surtout que les connexions entre les langues sont fréquentes. Bien souvent, un mot de dialecte dispose de plusieurs synonymes, dont l’un est issu de l’arabe littéral. Essayez donc de vous souvenir des différents synonymes dans votre dialecte pour retrouver le bon mot. Il est utile également d’examiner la racine du mot : si vous réussissez à former de nombreux mots similaires en arabe littéral à partir de cette racine, cela veut probablement dire que le mot est correct. En revanche, avec des termes issus du français, de l’italien ou spécifiques au dialecte, impossible de créer d’autres mots cohérents en arabe. Par exemple, en tunisien, le mot « voiture » se dit « كرهبة ». Il y a bien une racine, « كره », mais celle-ci signifie « détester », qui n’a rien à voir avec le concept de voiture. Vous comprenez alors que ce mot n’est pas issu de l’arabe littéral et n’est pas correct : le bon mot est « سيارة ».

Si vous ne réussissez pas à trouver le mot recherché en arabe littéral, le mot de dialecte ne peut être une option. Vous devez alors formuler une paraphrase ou modifier votre syntaxe pour éviter de dire ce mot, ou utiliser un mot correct au sens proche.

 

Lire plus : L’arabe aux concours : modalités, conseils et vocabulaire

 

2. Parler d’un seul pays en essai

La plupart des étudiants choisissant l’Arabe comme langue vivante aux concours sont originaires d’un pays du monde arabe et y ont vécu. Si c’est votre cas, il faut à tout prix éviter de tomber dans l’un des pièges que l’on retrouve le plus souvent dans les essais. Grâce à votre expérience, vous avez certainement accumulé de nombreuses connaissances sur votre pays d’origine, et il peut être tentant de se focaliser dessus pour donner de la matière à votre essai. En parallèle, la situation dans les autres pays arabes est souvent moins connue, et vous avez beaucoup moins d’exemples en tête.

Attention : faire un essai nourri des exemples d’un seul pays est très mal vu ! Vous devez faire un essai sur l’ensemble du monde arabe : centrer son texte sur un seul pays enlève toute crédibilité à la démonstration en la restreignant à un cas particulier. Vous pouvez multiplier les exemples, la richesse de votre essai sera quand même considérée comme insuffisante si vous ne variez pas votre propos. Certes, vous pourriez quand même vous en sortir avec une bonne note grâce à une réflexion fine et à un bon niveau de langue, mais c’est dommage de se priver de quelques points ! Certains candidats tombent même dans ce travers en Géopolitique, citant leur pays 4 ou 5 fois sur des sujets qui ne s’y prêtent pas vraiment. Vous aurez l’impression d’avoir plus de choses à dire, mais c’est une stratégie souvent perdante.

Pour parer à ce travers, il faut travailler régulièrement ses cours de civilisation pendant l’année. Profitez de vos deux ans pour développer vos connaissances sur des pays arabes différents et élargir vos horizons. Il faut souligner que les thématiques possibles des essais en Arabe sont globalement connues : droits des femmes, environnement, médias, éducation, crise économique… Ainsi, pour chaque thématique, vous pouvez préparer des exemples sur 3 ou 4 pays différents. Pour ce faire, n’hésitez pas à suivre l’actualité du monde arabe, cela peut très bien vous servir en Géopolitique également. Par exemple, regarder France 24 en arabe vous permettra d’enrichir et de varier vos exemples.

 

3. Faire une traduction mot à mot

Faire une traduction du français vers l’arabe peut être particulièrement difficile, car les deux langues sont très différentes. Si la lettre et l’esprit de la langue française peuvent se rapprocher de l’espagnol par exemple, l’arabe a une construction peu comparable. C’est pourquoi il faut éviter de traduire un texte mot à mot. En effet, une telle démarche mène bien souvent à des fautes de grammaire et de syntaxe. De nombreuses expressions ou constructions ne sont pas transposables du français vers l’arabe, et inversement. Traduire mot à mot peut-même provoquer des contre-sens en vous faisant perdre l’esprit et le sens général de la phrase.

De nombreux rapports de jury insistent sur ce point. Voici ce que dit le rapport de jury 2020 dans la section « Conseils aux futurs candidats » : « S’imprégner du texte et essayer d’en rendre surtout le contenu quitte à perdre en route certains petits détails. Les candidats consciencieux qui ont voulu rendre des traductions très précises sont souvent tombés dans le travers de la traduction littérale (mot à mot) avec, à l’arrivée, des productions qui manquent d’unité ou qui n’ont pas beaucoup de sens. ». Le rapport de jury 2019 dit ceci : « L’entraînement régulier à la traduction permet également d’avoir plus d’aisance et d’éviter de nombreux écueils, notamment la traduction mot à mot. ».

Il s’agit donc d’un point important dont nous pouvons donner un exemple dans le thème 2018. D’après le rapport de jury, le terme « soupçon » dans l’expression « avec un soupçon de provocation » a souvent été traduit par إشتباه ou شك. Une telle traduction est un contre-sens : comme l’expression n’existe pas en arabe, le mot « soupçon » n’est pas à traduire en tant que tel. Une solution possible est de mettre « مع لمسة من », soit littéralement « avec une touche de ».

 

Lire plus : Rapport de jury LV1 Arabe ELVI 2020

 

En évitant de commettre ces erreurs, vous avez des chances de vous différencier d’une partie des candidats et d’augmenter la qualité de vos copies. Nous espérons que ces conseils pourront vous être utiles !

Mehdi Lahiani

Etudiant en première année à HEC Paris après deux ans de prépa ECS.

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