Analyse de la crise de Gaza

Depuis 1947, le territoire alloué à la Palestine ne cesse de rétrécir. Alors qu’une sorte de statu quo semblait avoir été trouvée depuis quelques années, les violences sont reparties à la hausse depuis le mois de mai. Comment réussir à comprendre ce conflit sans soulever de débat ambigu ?


Qu’est-ce-qui a provoqué une telle recrudescence de la violence ?

Un tel degré de violence n’avait pas été atteint entre les deux régions depuis 2014. En effet, même si les tensions sont toujours restées présentes et qu’un rien aurait suffi à faire exploser la situation, des causes plus concrètes sont à l’origine d’une telle recrudescence de la violence. Plusieurs raisons sont à citer. Tout d’abord, Israël avait prévu de construire de nouveaux immeubles dans Jérusalem-est, ce qui aurait eu comme conséquences l’expulsion de nombreuses familles palestiniennes. Ainsi, le 7 mai, un des derniers jours du mois sacré de Ramadan, des émeutes ont éclaté du côté des Palestiniens, qui ont attaqué des policiers israéliens. En réponse à ces violences palestiniennes, les forces israéliennes ont réprimé les manifestations dans la violence. Pourtant, ces dernières continuent et, le 10 mai, jour de commémoration de la victoire israélienne lors de la guerre de Six Jours, des détonations se font entendre dans Jérusalem : des missiles ont été tirés sur Jérusalem. Le Hamas, mouvement islamiste palestinien, revendique les attaques. Le Premier Ministre Benjamin Netanyahu avait pourtant prévenu que « l’armée israélienne était prête à tous les scénarios » et donc n’hésiterait pas à répliquer. C’est ce qu’elle a fait le 14 mai, en lançant des missiles aériens sur la bande de Gaza. On dénombre actuellement plus d’une centaine de morts du côté palestinien contre sept en Israël. Suite à cela, Israël a bombardé la maison du chef du Hamas le dimanche 16 mai. La frappe a aussi détruit l’immeuble contenant les médias internationaux, assurant au passage l’impossibilité de la presse à pouvoir couvrir les atrocités et les injustices qui se produisent à Gaza. Le Premier Ministre israélien prévient que « il reste quelques jours de combat » en appuyant sur le fait que l’attaque du Hamas est « totalement non provoquée » et donc qu’une réponse forte est nécessaire.

Dans ce conflit israélo-palestinien, il est nécessaire de souligner et comprendre le point de vue de chacune des parties. Pour la Palestine, il faut tout d’abord noter que ce n’est pas le gouvernement palestinien, l’Autorité Palestinienne, qui a attaqué Israël, mais bien le mouvement islamiste armé, le Hamas. Dans ce cas, n’importe quel pays qualifierait cette attaque de terroriste et répondrait en conséquence. De son côté, le Hamas se place en tant que « sauveur de Israël » puisqu’il a voulu défendre la population de Jérusalem-est qui risquait d’être expulsée. Enfin, l’Autorité Palestinienne est en lien avec Washington pour appeler à un cessez-le-feu entre la Palestine et Israël.


Quelles sont les réactions de la communauté internationale ?

Suite à la première attaque d’Israël, la communauté internationale a rapidement réagi, en convoquant un conseil de sécurité à l’ONU pour régler rapidement la situation. Alors que tous les pays se sont mis d’accord sur le fait qu’il fallait défendre la Palestine, les Etats-Unis se sont retrouvés isolés en continuant à défendre leur allié israélien. Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, Joe Biden a été en contact avec Mahmoud Abbas, lors d’un appel aux deux protagonistes régionaux. Il a « réitéré son fort soutien à Israël », malgré un nombre de morts inquiétant, qui ne doit pas augmenter. Les autres puissances du conseil de sécurité de l’ONU accusent les Etats-Unis de ne pas respecter leurs promesses de défense des droits de l’homme et de décisions multilatérales quand la situation concerne Israël. De son côté, l’Union Européenne a appelé à un « arrêt immédiat » des violences afin d’éviter une guerre plus large. En effet, l’émissaire de l’ONU au Proche-Orient a rapporté craindre « une guerre à grande échelle » à cause de l’escalade des violences dans la région. De leur côté, Poutine et Erdogan parlent de leur préoccupation face aux combats et au nombre de morts impliqués. Erdogan insiste sur la nécessité de « donner une leçon ferme et dissuasive à Israël ».


Un certain contraste est donc à noter entre les Etats-Unis et le reste du monde. Alors que la communauté internationale condamne les attaques de l’Etat hébreu, quasi-unanimement jugées comme contraires aux libertés humaines et à la morale depuis de nombreuses années, les Etats-Unis soulignent son droit à se défendre face à une attaque jugée terroriste. Le risque d’une telle dissonance à l’échelle internationale est que le conflit dégénère à l’échelle mondiale, créant ainsi deux camps bien distincts : Israël et les Etats-Unis d’un côté, le reste du monde de l’autre. Alors que le soutien des Etats-Unis à Israël était compréhensible au sortir de la 2nde Guerre Mondiale, il est bien plus contesté et contestable aujourd’hui étant donné la prise de position du gouvernement israélien et des ses ambitions assumées de prendre possession du territoire palestinien. 


Pour conclure…

Bien que les manifestations se multiplient en France pour prendre part au conflit israélo-palestinien, le gouvernement préfère éviter tout risque de violence sur son territoire national. Dans ce contexte, le gouvernement a interdit la manifestation pro-palestinienne qui était prévue ce samedi à Paris. Cela n’a toutefois pas empêché des dizaines de milliers de manifestants de prendre position en faveur d’une Palestine libre, dans l’ensemble des grandes villes françaises : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Nantes… 

 Le sujet divise encore beaucoup la population française, là où les soutiens de la Palestine indiquent que le gouvernement français les empêche de s’exprimer et de manifester contre « le gouvernement d’extrême droite palestinien », les pro-Israéliens insistent sur le droit de se défendre d’Israël face aux attaques jugées terroristes. 

Comment la communauté internationale réussira-t-elle à résoudre un conflit si clivant que même les populations nationales sont en désaccord ?

Elise Casado

J'ai intégré TBS après 2 ans de prépa ECS. J'ai à coeur de partager avec vous mon expérience "prépa" afin de vous aider à profiter à 100% de ces deux ou trois années inégalables de votre vie !

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