Analyse : On ne badine avec l’amour d’Alfred de Musset

Dans cet article, nous vous proposons d’analyser la pièce de théâtre d’Alfred Musset: On ne badine pas avec l’amour. Cette pièce en prose de trois actes a été publiée en 1834. C’est un drame romantique qui traite de la souffrance qu’apporte l’amour non réciproque et la folie que représente le refoulement de ses sentiments. Cette œuvre est donc particulièrement intéressante pour tous les sujets qui traitent de l’amour et d’autrui, l’amour comme souffrance, mourir d’amour et l’amour et la religion. De plus, il est nécessaire d’utiliser les œuvres littéraires pour justifier vos réflexions durant vos dissertations et On ne Badine pas avec l’amour est un exemple qui permet de traiter de nombreux sujets.

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Résumé

Ce drame adolescent met en scène deux cousins : Camille et Perdican s’aimant depuis l’enfance. L’action commence au retour de Camille de son couvent où elle a passé 10 ans de sa vie. Les deux cousins se retrouvent au château du Baron, où ils ont grandi et se sont aimés. Le Baron projette alors de les marier mais Camille qui a appris au couvent auprès des sœurs malheureuses en amour qu’il est dangereux d’aimer, refuse. Par orgueil, Perdican touché par ce refus séduit Rosette, une paysanne, afin de rendre jalouse Camille. Camille explique à Rosette que Perdican se joue d’elle et Rosette meurt d’amour en surprenant Camille et Perdican s’avouant leur amour.

Analyse

  • L’orgueil est à l’origine du drame amoureux dans cette pièce. C’est son amour-propre qui amène Perdican à séduire Rosette pour rendre Camille jalouse. C’est par amour pour lui-même qu’il refuse donc d’avouer son amour qu’il pense ne pas être réciproque.
  • Musset fait dans cette pièce une critique de l’éducation religieuse. Celle-ci apprend aux jeunes filles à refuser l’amour, à ne pas céder à la tentation qu’il représente pour ne pas se détourner de Dieu. Or, cette pièce nous montre les conséquences dévastatrices de ce refoulement, qui crée un désir de domination de l’autre pour oublier la faiblesse qu’apporte l’amour qu’on lui porte. À la fin de cette pièce l’amour entre Perdican et Camille s’en retrouve souillé et les condamne à ne pouvoir céder à l’amour. C’est le fait de se refuser à l’amour qu’ils se portaient qui a fait de l’amour entre Camille et Perdican un amour impossible.
  • Dans cette pièce, l’amour est créateur et moteur de la vie. Au terme de sa vie, on ne retient que l’amour et sans lui on ne peut vivre comme en témoigne la mort de Rosette.

Citations:

« Je veux aimer mais je ne veux pas souffrir. Je veux aimer d’un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas » Acte II scène 5.

Camille oppose par ces paroles l’amour céleste qui est un amour idéal et ne peut la heurter, à l’amour terrestre qui comme la vie en elle-même est fait de souffrance auxquelles Camille refuse de se soumettre.

« Adieu Camille, retourne à ton couvent et quand on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire (…) il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit :  » J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. » » Acte II, scène 5.

La dernière tirade de Perdican laisse transparaître la critique de l’éducation religieuse de Musset, tout en justifiant auprès de Camille l’intérêt de l’amour : il est souffrance mais il est avant tout le marqueur de la vie de l’être aimant.

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Conclusion:

On ne Badine pas avec l’amour, d’Alfred Musset en tant que drame romantique allie le grotesque et le sublime pour amener le lecteur à reconsidérer la place de l’amour dans la vie d’un individu : on ne peut cesser d’aimer, on ne peut jouer avec l’amour sans se brûler les ailes et regretter cet amour qui nous rend vivant.

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