L’augmentation des taux d’intérêts directeurs des banques centrales, bonne ou mauvaise solution ?

Banque Centrale Européenne, Banque d’Angleterre, Réserve Fédérale Américaine, toutes ces banques centrales augmentent au fur et à mesure leur taux d’intérêt depuis le début de l’année, mais qu’elles vont être les conséquences à court, moyen et long terme et surtout, vont-elles réussir à éviter une récession ?

 

Définition

Le taux directeur est le taux d’intérêt qu’une banque centrale, telle que la Banque Centrale Européenne ou la Réserve fédérale, appliquera aux banques commerciales pour les prêts. Le taux directeur est aussi appelé taux d’intérêt bancaire ou taux d’intérêt de base. Si les banques commerciales peuvent définir leurs propres taux d’intérêt pour les emprunts, les taux qu’elles appliquent pour les prêts et les offres sur les épargnes sont généralement dérivés du taux directeur. Ainsi, si une banque centrale augmente son taux directeur, les banques commerciales augmentent leurs taux d’intérêt et l’emprunt devient plus coûteux. Si le taux directeur baisse, les banques commerciales baissent leurs taux d’intérêt et les dépenses devraient augmenter.

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Contexte actuel

L’invasion de l’Ukraine par la Russie depuis février 2022 et la reprise économique des suites de la pandémie ont fait renaître un phénomène ancien : l’inflation. Autrefois qualifiée de transitoire, et aujourd’hui décrite comme galopante, l’inflation atteint des records en juin 2022 avec 8,6 % d’augmentation généralisée des prix sur un an, son niveau le plus élevé jamais enregistré depuis 30 ans. Même constat aux États-Unis où les statistiques économiques sont décevantes et pèsent sur les marchés financiers. Tout cela pousse les banques centrales à agir pour maîtriser cette inflation grandissante et menaçante, faisant renaître le spectre d’une récession économique mondiale. A titre indicatif, la très réputée banque d’affaires JP Morgan anticipe une récession de la zone euro en fin d’année et début d’année prochaine.

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La politique monétaire

La politique monétaire peut se définir comme « l’ensemble des moyens mis en œuvre par un État ou une autorité monétaire pour agir sur l’activité économique par la régulation de sa monnaie » selon la Banque de France.  L’outil le plus utilisé étant le taux directeur puisque suivant la situation, la banque centrale peut augmenter son taux directeur pour réduire l’inflation. En effet, en entraînant une hausse du coût du crédit et donc une baisse de la consommation et de l’investissement des particuliers et des entreprises, les tensions sur les prix seront moindres et l’inflation pourra à nouveau baisser.

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L’exemple de la BCE

Pour la Banque Centrale Européenne (BCE), le principal objectif est la stabilité des prix et plus particulièrement le maintien de l’inflation à moyen terme proche du niveau des 2 %. Or durant la pandémie, tout a été fait pour que les entreprises et les gouvernements puissent emprunter facilement pour éviter les défauts de paiement et provoquer la faillite de l’économie et in fine pouvoir maintenir ces 2% d’inflation. Ce choix s’est avéré d’une certaine manière payant puisque grâce à ces mesures, les banques centrales ont répondu au besoin de liquidité des agents et les faillites ont été évités. Mais le revers de la médaille, c’est qu’en période de reprise, des taux directeurs trop faibles amènent les agents à investir beaucoup plus pour pas cher au risque d’un emballement de l’économie. Ce mécanisme est aggravé dans notre cas par les tensions géopolitiques qui poussent les prix de l’énergie à grimper en flèche ainsi que les pénuries sur certaines matières premières. 

Avec une inflation de près de 8,5% en zone euro au mois de juillet 2022, il devenait indispensable pour la BCE de suivre les actions de la FED (qui a augmenté ses taux de 0,25 point en mars, 0,5 point en mai, et 0,75 point en juin) en augmentant de 0,5 point son taux d’intérêt directeur en juillet. Cette première augmentation depuis 2011 combinée à la fin du rachat de dettes, devrait permettre de contenir l’inflation galopante et revenir au plus vite au 2% d’inflation prévu par la constitution de la BCE.

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Pour conclure, l’instabilité actuelle de la situation géopolitique et économique a poussé les différentes banques centrales à augmenter successivement depuis plusieurs mois leurs taux directeurs. L’objectif est de freiner la boucle inflationniste qui se crée depuis quelques mois et qui rogne le pouvoir d’achat des agents économiques tout en créant une situation d’incertitude peu propice à la croissance.

Damien Copitet

Je suis étudiant à SKEMA BS après deux années de classe préparatoire au lycée Gaston Berger (Lille). Nous nous retrouvons toutes les semaines pour l'actualité en bref

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