Enfin un avenir glorieux pour le Bitcoin ?

Depuis sa création en 2009, le Bitcoin a connu une évolution en dents de scie et a divisé les investisseurs et les personnalités importantes du monde de la finance. Alors que la faillite de FTX en novembre 2022 semblait avoir sonné le glas des cryptomonnaies, en les mettant dans le viseur des autorités de régulation des marchés, une lueur d’espoir se dessine en faveur d’un ancrage à long terme du Bitcoin dans le paysage financier.

Le 10 janvier dernier, la SEC (Securities and Exchange Commission), gendarme des marchés financiers américains, a donné son aval à la création d’un ETF Bitcoin. Plus particulièrement, ce sont onze sociétés financières, parmi lesquelles Blackrock et Fidelity, qui ont été autorisées à développer leur produit. Cette avancée pourrait marquer un tournant majeur dans la manière dont le grand public, les investisseurs institutionnels et les régulateurs perçoivent et participent au marché des cryptomonnaies.

Alors, quelles devraient être les conséquences positives d’une telle décision sur le marché du Bitcoin, et plus généralement, des cryptomonnaies ?

 

Lire plus : Comment utiliser le Bitcoin en exemple de khôlle/dissertation ? 

 

Un investissement facilité dans le Bitcoin

Tout d’abord, l’autorisation d’un ETF Bitcoin abaisse considérablement les barrières à l’investissement dans la cryptomonnaie.

En effet, l’ETF (Exchange Traded Fund), démocratisé dans les années 1990, est un fonds indiciel permettant aux investisseurs de profiter des évolutions du cours d’actifs illiquides, peu accessibles au grand public, parmi lesquels nous retrouvons notamment l’or et le pétrole. Concrètement, il est désormais possible d’acheter en dollar des parts d’un fonds dont les avoirs sont placés en Bitcoin, afin de percevoir un retour lorsque le cours de ce dernier augmente. Il n’est donc plus nécessaire de maitriser les outils auparavant utilisés pour investir dans la devise.

 

Un marché du Bitcoin plus liquide

De plus, l’arrivée d’un ETF Bitcoin sur les marchés boursiers implique une plus grande liquidité du Bitcoin, qui peut désormais être échangé sur les marchés traditionnels. Cela devrait avoir pour effet réduire les écarts de prix entre offre et demande, et de rendre le marché du Bitcoin plus fluide. Ce dernier deviendra ainsi plus attractif aux yeux des investisseurs institutionnels, traditionnellement plus réticents à investir dans des actifs peu liquides.

 

Une légitimation du Bitcoin à grande échelle

Enfin, l’approbation de la SEC a une symbolique forte : le régulateur reconnaît désormais les cryptomonnaies comme une classe d’actifs légitime. Cette décision devrait soutenir la confiance des investisseurs dans le Bitcoin, souvent décrié en raison de sa volatilité et car aucune institution crédible n’en garantit la valeur. Pour le marché des cryptomonnaies dans son ensemble, le signal est fort, car l’espoir de se forger une place durable au sein des grandes places financières ne relève plus du fantasme.

Par ailleurs, l’initiative de la SEC donne déjà des idées à l’étranger. En mars 2024, la Financial Conduct Authority, qui régule la Bourse de Londres, a, à son tour, donné son feu vert à l’apparition de produits indexés sur le Bitcoin et l’Ether.

 

Lire plus : Les monnaies et cryptomonnaies en Amérique Latine

 

Un avenir glorieux pour les cryptomonnaies ?

Ainsi, l’introduction de produits répliquant le cours du Bitcoin sur les marchés financiers pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire de la devise en l’inscrivant durablement dans le paysage financier. Alors que la rumeur de l’approbation prochaine d’un ETF Bitcoin se répandait à Wall Street, le Bitcoin avait vu son cours exploser, passant de 16 500 dollars au début de l’année 2023 à 45 000 dollars le 2 janvier dernier. Le 13 mars 2024, le cours du Bitcoin a même dépassé les 73 000 dollars, un record absolu dans l’histoire de la devise.

Et comme on pouvait s’y attendre, c’est le marché des cryptomonnaies tout entier qui bénéficie de l’aval donné au Bitcoin. L’Ether a vu son cours augmenter de 82% entre le 2 janvier 2024 et le 13 mars 2024.

Cependant, l’avenir des cryptomonnaies ne se bâtira pas sans embuches, les réticences à leur égard demeurant nombreuses au sein des hautes sphères de la finance.

Le président de la SEC, Gary Gensler, a rappelé en janvier dernier, que les cryptomonnaies étaient avant tout des actifs spéculatifs et volatils sans vraie utilité dans l’économie réelle, tandis que Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, avait déclaré, début décembre : La seule vraie utilité des cryptomonnaies, c’est de profiter aux criminels, aux trafiquants de drogue, pour le blanchiment, la fraude fiscale. […] Si j’étais le gouvernement, j’y mettrais un terme.

Vous pourriez aussi aimer