Avoir 20 en ESH en se promenant dans une maison à Marrakech

Clever est partie du double constat que la mémoire est une science, mais aussi un art. En réalité, il n’y a pas de mauvaises mémoires, seulement des mémoires sous-entraînées. Saviez-vous qu‘il est possible d’avoir 20 en ESH en se promenant dans une maison à Marrakech ?

J’entre dans la salle d’examen. Je m’assieds, prépare mes stylos. Je me saisis de la feuille derrière laquelle se cache l’intitulé du sujet, et je lis : « Gagnant en extension, l’Europe perd en intensité. » Que pensez-vous de cette affirmation de François Perroux ? »

Génial ! Nous avions vu un sujet similaire en cours. En plus, je l’ai rangé dans mon esprit ! J’avais laissé un indice… lequel déjà ? Cherchons l’image d’une Europe élastique et qui s’essouffle de plus en plus. C’est ce que le titre m’évoque.

Vous me prenez pour un fou ? Oui, je me promène dans mon esprit et je vois mes cours prendre vie. Mais non, je n’ai pas été diagnostiqué malade mental. Je vais vous présenter une méthode d’apprentissage radicalement différente de ce que vous avez connu jusqu’à présent. Une technique qui était utilisée par les plus grands orateurs grecs et qui se calque sur le fonctionnement de notre cerveau. Une méthode élevée au rang d’Art pendant des millénaires. Accrochez bien vos ceintures, nous allons voyager dans l’antre du palais mental.

Revenons à l’image d’une Europe élastique et qui s’essouffle de plus en plus. Je la vois, elle est rangée devant une maison à Marrakech, dans lequel j’ai séjourné il y a quelques années et que j’ai utilisée comme palais mental pour ce sujet. Génial, ces 4 heures de dissert s’annoncent bien !

 

Un palais mental est un lieu qui nous est familier, que l’on utilise comme support de notre connaissance. Avec cette méthode, on se rappelle des concepts clés de notre cours en les mettant en images, puis en plaçant ces images le long d’un chemin afin de conserver la structure générale du cours. Cicéron disait qu’il faut, pour créer un palais mental, « choisir en pensée des lieux distincts, se former des images des choses qu’on veut retenir, puis ranger ces images dans les divers lieux. Alors l’ordre des lieux conserve l’ordre des choses ; les images rappellent les choses elles-mêmes. Les lieux sont des tablettes de cire sur lesquelles on écrit ; les images sont des lettres qu’on y trace » (De oratore).

C’est exactement ce que j’ai fait pour ce sujet. Notre prof nous a dit qu’il y avait une forte probabilité pour que l’Europe tombe aux concours (le sujet n’était pas tombé depuis longtemps, le Brexit était récent, on débattait beaucoup de son avenir, …). J’ai donc suivi son conseil, et j’ai bien sûr créé un palais mental sur le sujet à l’approche des concours.

 

Me voici donc qui pousse mentalement la porte de cette maison en campagne de Marrakech. Une multitude d’images m’apparaît alors. L’introduction se trouve devant l’entrée de la propriété, sur un petit chemin menant à la maison le long de l’enceinte extérieure enfermant le jardin. La partie I est encodée dans le jardin. Elle finit au niveau de la piscine. La partie II se trouve au rez-de-chaussée de la maison et la partie III au premier étage. J’ai créé toutes mes subdivisions. J’ai, pour chaque partie, 3 sous parties, et 3 sous-sous parties, toutes très claires, détaillées et sagement entreposées dans mon esprit. Un brouillon ? Pas besoin. Tout est tellement clair. Je n’ai qu’à suivre mon chemin dans la maison.

Je commence donc, et je visualise Michel Aglietta en train de rouler en boule Nicolas, un ami, comme si ce dernier était en pâte à modeler (pour Nicolas Leron). Il se justifie en me regardant dans les yeux et en me disant : « nous avons un besoin absolu d’Europe ! ». Je vois ensuite une colombe, symbole de la démocratie, se dédoubler (la double démocratie), s’envoler, et percuter un Tuc (pour 17 en système majeur) qui a la nausée (pour 20 en système majeur, donc 2017 en collant tuc et nausée)

C’est bon, j’ai assez d’informations pour entamer mon introduction. Je suis rassuré, j’avance.

Je poursuis la visite de mon palais. Un coup d’œil me suffit pour avoir tous les arguments en tête. Mon seul travail est de retranscrire mes idées sous ma plume. C’est une course contre la montre. Mais j’en sors vainqueur : 19 pages écrites en 4h, qui me valent un beau 20/20. Vous me direz que tous les profs demandent à faire moins de 8 pages, « sauf justification par la qualité du résultat ». Mais je maîtrise l’Art de la Mémoire, et je suis donc extrêmement confiant sur ce dernier point.

 

Je garde un excellent souvenir de cette épreuve. Le meilleur moment reste quand même celui où, après 3h de balade à Marrakech, je lève la tête et découvre mes collègues préparationnaires lessivés, en sueur, tentant de retrouver une référence vue en cours mais mal mémorisée… Ma technique était infaillible. J’avais même été pris d’un fou-rire en visualisant Napoléon sauter dans la piscine et asperger François Hollande ! Les images que j’avais créées pour ce sujet étaient tellement performantes et absurdes que je me souviens encore de la plupart d’entre elles, 3 ans après.

Cette méthode m’a aussi permis d’avoir 19 (ESH HEC) et 17 (ESH ESCP) sur deux sujets totalement inconnus, car j’étais capable de faire des liens entre mes connaissances, que je n’aurais jamais pu faire sans elle.

C’est pour cela que j’essaye aujourd’hui de démocratiser ces méthodes. C’est pour cela que j’enseigne en écoles, en universités et en classes prépas. C’est pour cela que j’ai coécrit un livre grand public. Mais surtout, c’est pour cela que j’ai créé Clever, la première série sur la mémoire pour réussir ses études en classe prépa.

 

Ecrit par Valentin Michel

N’hésitez pas à nous écrire si vous avez des questions, voici nos mails :

        Yoann Allardin : yoann@clever.how

        Valentin Michel : valentin@clever.how

Téo Soetens

Tu crois qu'on joue alors qu'on travaille comme Gotaga

Vous pourriez aussi aimer
Vous pourriez aussi aimer :
Découvrez la copie de Matthieu, ancien étudiant en prépa B/L admis à HEC, qui lui a valu un 17/20 en…