Brexit : des gagnants, des perdants #2 L’Afrique

Le Brexit : des gagnants, des perdants #02

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Episode 2 : L’Afrique

 

Pourquoi regarder vers l’Afrique ?

En ce début de 21e siècle, l’Afrique est décrite par beaucoup de spécialistes comme un continent plein d’avenir. Ce point de vue se justifie par le nombre important de pays en développement qui s’y trouvent, mais aussi par les nombreuses ressources naturelles et certainement par la jeunesse de la population (la moyenne d’âge des 1,2 milliards d’Africains est de 19 ans), étroitement liée à une transition démographique encore inachevée.

Dans ce contexte, les 54 pays du continent attirent de nombreuses puissances. Naturellement, on pense à la présence historique de la France dans ses anciennes colonies, ou encore à la Chine qui multiplie les investissements dans différents pays tels que l’Ethiopie. Mais on ne pense pas directement à l’intérêt croissant que portent les Britanniques à ce continent, qu’ils dominaient autrefois, en particulier en cette période trouble de Brexit où la quête de nouveaux partenaires commerciaux se fait toujours plus urgente.

 

Un début de partenariat : entre commerce et investissements

Le 20 Janvier 2020, Boris Johnson a accueilli 21 chefs d’Etat africains à Londres à l’occasion d’un sommet « UK-Africa ». L’ensemble des accords commerciaux aujourd’hui en vigueur avec les pays africains avaient été  négociés à l’échelle européenne. Le Brexit oblige donc le Royaume-Uni à renégocier les termes de ces accords et c’est l’occasion pour le pays d’approfondir ses liens avec le continent africain. Il est vrai que l’Afrique ne représente que 3% des échanges commerciaux du pays mais il faut aussi rappeler que les entreprises britanniques sont déjà bien installées dans de nombreux secteurs tels que les télécoms ou l’exploitation de minerais, et que le Royaume-Uni est le deuxième investisseur en Afrique, devant la France. A l’occasion du sommet, Boris Johnson a affirmé vouloir devenir « l’investisseur de choix » du continent, en particulier vers des projets s’inscrivant dans une démarche de transition écologique, et évoqué un investissement 7 milliards de livres sterling. Cette promesse s’éloigne du discours de campagne du camp du Leave qui n’avait de cesse de réclamer que les fonds britanniques servent avant tout aux Britanniques. Jusqu’ici, le Royaume-Uni était l’un des principaux contributeurs du Fonds Européen de Développement (FED). Sa participation devait s’élever à près de 5 milliards d’euros entre 2014 et 2020.

L’Afrique est une opportunité intéressante pour Londres car, alors que le commerce avec les anciens partenaires européens risque de devenir plus compliqué, le continent offre des substituts pour certains produits. On peut ainsi parler du vin sud-africain pour remplacer le vin français ou des fleurs kenyanes en substituts des fleurs hollandaises.

 

Mais, tous les voyants sont-ils au vert ?

L’une des raisons qui avait motivé de nombreux britanniques à voter en faveur du Leave était le sentiment d’être « envahi » par des migrants. Or ceux-ci sont souvent originaires d’Afrique. Le Royaume-Uni devra donc trouver des solutions quant aux flux migratoires pour nouer un partenariat durable avec le continent. B.Johnson a d’ores-et-déjà annoncé qu’il se voulait « plus ouvert aux migrants après le Brexit ». En 2009, et donc avant la crise migratoire qui a affecté l’Europe en 2015, 11% des immigrations au Royaume-Uni étaient des personnes originaires d’Afrique subsaharienne et 30% provenaient d’Afrique du Nord.

Il faut aussi rappeler que beaucoup de pays africains souhaitent voir émerger une véritable coopération intra-régionale et acquérir une véritable autonomie en prenant leurs distances vis-à-vis des anciennes puissances coloniales. On peut ainsi mentionner la CEDEAO ou la  CEAAC.

D’autres pays entendent aussi se rapprocher de l’Afrique. Certains disposent de moyens plus importants que le Royaume-Uni tels que les Etats-Unis ou la Chine. A noter que la Chine présente aussi l’avantage de ne pas imposer de conditions quant au respect des droits de l’Homme.

En conclusion, s’il est vrai que l’Afrique peut être une opportunité pour le Royaume-Uni au lendemain du Brexit, il ne faut pas oublier que de nombreux défis restent à relever avant de voir émerger une relation stable et fructueuse.

 

Pour consulter, l’EPISODE 1 – Le Commonwealth

Alexandra POMMIER

Après 2 ans de prépa ECE, j'ai intégré l'ESSEC, où je suis cette année en Pré-Master. Je me charge du pôle anglais sur Mister Prépa. Let's move forward guys !

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