Changement climatique : nouveau défi pour les relations internationales

Suite à la propagation du coronavirus et à la déclaration par l’Organisation mondiale de la Santé d’une situation de « pandémie » mondiale, la COP 26 a été reportée à novembre 2021. Celle-ci se tiendra à Glasgow. Après le témoignage de Greta Thunberg, la mise en garde faite à Davos par Antonio Guterres, le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies et la mobilisation croissante de citoyens du monde entier, y compris d’écoliers et de jeunes de tous milieux, cette rencontre au sommet s’annonce essentielle concernant l’Accord de Paris. Elle pourrait engendrer la révision à la hausse des engagements des pays signataires.

 

Historiquement, comme le rappelle François Gemenne dans son ouvrage Géopolitique du changement climatique (2009, Perspectives géopolitiques), le questionnement autour du changement climatique est souvent réduit à sa dimension environnementale mais le changement climatique a aujourd’hui dépassé cette simple dimension et doit être considéré comme un problème politique. Depuis la fin des années 1980, la question du réchauffement climatique a progressivement influencé les mécanismes de négociations internationales. Ainsi, le changement climatique gouverne les relations entre Etats et ce sont ces relations qui vont ensuite déterminer la coopération internationale menée sur le sujet. 

Néanmoins, les pays ne sont pas égaux face à cet enjeu. Pendant que certains pays continuent de consommer les ressources fossiles de notre planète, d’autres subiront plus lourdement les effets de ce phénomène notamment en raison de leur situation géographique. 

 

Concernant ce sujet, il n’est pas non plus possible de passer outre l’instrumentalisation de la question du changement climatique entre les partis politiques et leur électorat. L’exemple le plus probant est celui des Etats-Unis. L’économie du pays est profondément liée à la production et à la consommation du charbon, du gaz naturel et du pétrole pour l’industrie, les transports et l’agriculture. Paradoxalement, ce même pays est particulièrement vulnérable aux conséquences du changement climatique; les incendies géants qui ravagent la Californie ou les évènements climatiques externes comme l’ouragan Katrina qui avait touché la Nouvelle Orléans en 2005 (Jean-Michel Valantin, entretien au Figaro Vox, 28 décembre 2017) en sont des preuves évidentes. 

 

Des avancées notables sont réalisées à chaque étape de la coopération internationale. Récemment, l’Allemagne, qui à ce jour préside le Conseil de sécurité, a souhaité mettre une nouvelle fois en avant la question du changement climatique sous le prisme de la sécurité. Dans le Bulletin de veille stratégique de l’Observatoire Défense et Climat (n°21, mai-juillet 2020), M. Jenca, Sous-secrétaire général au Département des Opérations de maintien de la paix, souligne les progrès importants effectués dans le but d’améliorer notre compréhension des liens entre le climat et la sécurité. Il plaide aussi pour un usage approfondi des nouvelles technologies pour réaliser des prévisions climatiques à court terme. Il ne faut pas non plus oublier le Sommet Action Climat du 23 septembre 2019 qui a permis de réunir des dirigeants internationaux de gouvernements, du secteur privé et de la société civile pour amplifier et accélérer l’action et les objectifs climatiques souhaités par l’ONU. Durant la cérémonie de clôture de  cet évènement, le Secrétaire général a par ailleurs déclaré: « Vous avez insufflé un nouvel élan, renforcé la coopération et fait preuve d’une ambition renouvelée. Il nous reste cependant encore beaucoup à faire. Nous devons élaborer des projets plus concrets et inciter davantage de pays et d’entreprises à intensifier leurs efforts. Il est indispensable que toutes les institutions financières, qu’elles soient publiques ou privées, fassent définitivement le choix de l’économie verte ».

 

Pour conclure, le changement climatique est un phénomène global qui concerne tous les pays et tous les modes de fonctionnement des civilisations actuelles. De ce fait, la solution pouvant être apportée à cette problématique aura nécessairement des implications géopolitiques. Comme l’explique la Note d’analyse n°6 sur « l’Impact du changement climatique sur l’extension géographique des risques sanitaires » de l’Observatoire Défense et climat, sur le long terme, le changement climatique menace d’aggraver des problématiques qui existent déjà et de fragiliser les différentes composantes de la santé publique que sont les systèmes de santé publique, les systèmes de protection sociale et la sécurité alimentaire. Pour l’Organisation des Nations Unies, « nous sommes donc à un moment décisif » de notre époque et « sans action immédiate, il sera beaucoup plus difficile et coûteux de s’adapter aux conséquences futures de ces changements ». 

Noémie Vol, membre de l’association TSMUN

 

Pour approfondir le sujet : 

https://www.who.int/fr/news/item/27-04-2020-who-timeline—covid-19

https://journals.openedition.org/tem/1060

https://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/12/28/31002-20171228ARTFIG00147-rechauffement-climatique-quels-enjeux-geopolitiques.php

https://www.un.org/fr/sections/issues-depth/climate-change/index.html

https://www.letemps.ch/opinions/changement-climatique-relations-internationales

François Gemenne, Géopolitique du changement climatique, Perspectives géopolitiques, 2009

Dorian Zerroudi

Directeur de Mister Prépa et étudiant à emlyon business school, j'ai à coeur d'accompagner un maximum d'étudiants vers la réussite !

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