Cheick – Du Congo à HEC Paris

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Nous interviewons aujourd’hui Cheick, arrivé du Congo à l’âge de 15 ans et nouvel élève à HEC Paris qu’il a intégré après 3 ans de prépa, suite à des notes exceptionnelles au concours 2020. En effet, il a notamment eu six fois la note maximale (20/20), répartie sur trois matières différentes. De même il a obtenu des moyennes impressionnantes bien au-dessus des barres d’admission en témoignent ses rangs respectifs à l’ESSEC et l’ESCP où il a été 6 ème sur 5887 candidats et 40 ème sur 6187 candidats avec des moyennes respectives de 17,7/20 et 17/20!

 

Salut Cheick présente-nous ton parcours brièvement 

Bonjour, je m’appelle Cheick, j’ai 20 ans, j’ai vécu quasiment toute ma vie en Afrique, plus précisément au Congo – Brazzaville que j’ai quitté à la fin de la seconde pour rejoindre un internat parisien. J’y ai obtenu mon Bac, j’ai ensuite fait deux années de classe préparatoire au lycée Saint-Michel de Picpus à Paris à l’issue desquelles j’ai été admissible à ESCP Europe et admis à EMLYON BS. Finalement, j’ai cubé au lycée Henri IV et j’ai été admis à HEC Paris cette année !

 

Pourquoi avoir choisi de faire une classe préparatoire?

J’étais en quête de sens à la fin de la première ES et je me suis remémoré un cours de géographie de troisième, au Congo, sur l’attractivité de la France où mon professeur avait évoqué HEC Paris. C’est alors que naquit l’objectif de l’atteindre et je me suis donc renseigné sur la classe préparatoire qui est présentée comme « la voie royale » pour intégrer une grande école à travers des documentaires, des témoignages et des portes ouvertes. Pour une fois dans ma vie, j’allais faire le choix de me dédier à une cause qui me tenait à cœur. Etant inspiré par les animés japonais d’arts martiaux, j’ai choisi la classe préparatoire, car le dépassement de soi fait véritablement sens pour moi.

 

As-tu travaillé avant ta rentrée de première année?

Oui, j’ai lu certains livres recommandés par ma prépa, mais j’ai principalement fait des mathématiques : une grande partie du programme de Terminale S, des exercices de l’ancien programme de ES et quelques notions de prépa comme le binôme de Newton.

 

Comment as-tu vécu tes deux premières années de classe préparatoire, quels résultats as-tu eu au bout des 2 ans?

Très honnêtement, j’ai très bien vécu mes deux premières années de prépa pour deux raisons principales. 

Tout d’abord, je gardais mon objectif en tête : intégrer HEC. J’avais même un poster HEC en face de mon bureau. Cette détermination m’a permis de ne jamais abandonner, de ne pas subir la prépa mais de la voir comme une occasion de me développer humainement.

La deuxième tient à mon entourage. Ma famille a toujours été là pour moi, je me confiais souvent à eux dans les moments difficiles comme lors de mes réussites, et elle m’a toujours encouragé. Ensuite, j’ai rencontré des personnes formidables à Picpus avec lesquelles j’ai fait moult événements dont plusieurs week-end à la campagne. Ils m’ont toujours encouragé et je pense sincèrement leur devoir une partie de mon bien-être en prépa. 

 

Pourquoi avoir décidé de cuber?

Premièrement, j’avais ressenti une grande frustration compte-tenu de mes efforts et de ce que laissaient espérer mes résultats en prépa (14,45 au dernier concours blanc de 2A). J’ai raté les admissibilités d’HEC et de l’ESSEC à, respectivement, 0,32 et 0,16 point et j’étais le 3ème non-admis à l’ESCP. Cette frustration étaient encore plus forte après avoir pu assister aux oraux d’HEC. Les jurys posaient des questions auxquelles j’aurais pu répondre à la place des admissibles. A ce moment, je m’étais dit que j’avais vraiment ma place et que je pouvais cuber.

Deuxièmement, mes notes n’indiquaient pas un profil à risque : j’avais eu d’excellentes notes en mathématiques et en économie, deux matières assez fiables, selon moi. Par conséquent, j’ai jugé qu’il était possible d’avoir à nouveau de très bonnes notes dans ces matières en cubant et que je pourrais avoir du temps pour progresser dans les autres matières pour devenir in fine complet et intégrer en étant bien classé à l’écrit. 

 

Cuber dans la même prépa ? 

J’ai beaucoup hésité à rester à Picpus, j’y suis tellement attaché après ce que j’ai vécu pendant mes deux premières années. Mais finalement, j’ai choisi Henri IV pour trois raisons :

1) Etant cube, je recherchais une classe encore plus stimulante.

2) Apprendre de nouvelles méthodes avec un corps enseignant différent : des élèves m’avaient notamment vanté les professeurs de culture générale et d’anglais, et c’étaient les matières sur lesquelles j’avais cubé.

3) Changer d’air : le Vème arrondissement est un très beau quartier qui offre de multiples lieux de détente et de travail pour bien vivre son année de cube (le Jardin du Luxembourg, la Bibliothèque Sainte-Geneviève, plusieurs restaurants et cafés). 

 

Quels méthodes de travail as-tu changées entre ta deuxième et troisième année?

Tout d’abord, j’ai pris conscience de la nécessité d’être complet : la différence se fait sur les matières que l’on juge moins importantes. Ainsi, j’ai considérablement accru mes heures de travail en culture générale et en langues. En culture générale, je fichais principalement le cours de ma professeure, puis venaient les compléments de l’Optimum et les rapports de jurys et plusieurs plans détaillés/introductions à la fin de l’année. En langues, j’avais quatre types de séances : l’apprentissage du vocabulaire de base ; l’apprentissage de la grammaire anglaise ou le thème suivi en espagnol ; le fichage de la civilisation (manuel, articles ou vidéos) ; la relecture des fiches. Pour préciser davantage : je n’ai fait aucun thème en anglais, mais j’ai surtout appris un manuel de grammaire et le vocabulaire de base. Ayant eu 6,8 en carré, je suis parti du postulat que je ne savais pas écrire en anglais et j’ai revu toutes mes bases.

Ensuite, j’ai beaucoup travaillé la mise en forme de mes idées à chaque occasion (colles, DS, entraînements à la maison). Je me suis fixé comme règle de toujours être concis, de travailler la cohérence et l’enchaînement de mes idées, de façon à les rendre fluides, et de ne jamais faire de hors-sujet avec des connaissances, certes intéressantes, mais peu utiles et qui, surtout, font perdre du temps au correcteur. Pour vous inspirer, n’hésitez pas à lire de bonnes copies (dans toutes les matières) et des corrigés de contractions et de synthèses, c’est notamment très utile, dans ces deux matières, pour comprendre l’essence des épreuves, on voit aisément que les correcteurs attendent en priorité un texte clair. 

Enfin, j’ai pris davantage de temps pour moi. L’avantage de la cube, c’est de ne plus être dans le « rush ». Par conséquent, j’ai fait plus de repas et de sorties avec ma famille et mes amis, et je me suis davantage diverti en regardant plus de films et de mangas qui me plaisaient. Grâce à ça, j’ai pu retrouver un semblant de vie sociale, m’aérer la tête, et in fine passer une bonne année !

 

Quel était ton rythme de travail et ton organisation ? 

En cube, je travaillais tous les jours dès la fin des cours, avec une pause d’une heure pour manger et regarder au moins un épisode d’animé en anglais, et j’arrêtais avant 22H30 pour pouvoir dormir au moins huit heures. Généralement, je me reposais le samedi après-midi, à la suite du DS, avant de reprendre le travail. 

Pour être plus précis : je faisais des langues tous les jours ; je révisais deux chapitres d’économie par semaine et rédigeais un plan détaillé si possible ; en culture générale, je fichais le cours de ma professeure et je l’apprenais ; en mathématiques, je ne travaillais que lors des séances de cours, et je suivais pendant l’année une liste d’exercices de bizuth et de carré que j’avais faite. 

Pendant les vacances scolaires, je prenais, généralement, trois jours où je ne faisais rien, et sinon, j’établissais des objectifs à atteindre.

 

Comment as-tu vécu cette longue période de confinement ? 

Le confinement est la période la plus difficile que j’ai vécue en prépa. Je me suis retrouvé confiné, seul, dans l’appartement que j’avais à côté d’Henri IV. Face à l’incertitude sur le maintien des oraux et le report des concours, et la fatigue structurelle que représentent trois années de prépa, mes émotions alternaient de façon cyclique : des périodes de motivation extrêmes qui suivaient des périodes d’angoisse et de stress. 

Deux choses m’ont aidé à tenir jusqu’aux concours. Premièrement, je restais en contact téléphonique avec mon entourage : j’appelais régulièrement ma famille et mes amis (en prépa comme en école). Echanger en temps réel sur une telle expérience a été fécond et m’a permis de ne jamais abandonner. Deuxièmement, j’ai fait le choix de travailler moins (5 à 7 heures par jour) pour tenir sur le durée. J’en ai profité pour mieux me détendre, par exemple, j’avais installé Call of Duty Warzone et j’y jouais avec des amis du Congo. 

 

Comment as-tu abordé les concours ? Travaillais-tu entre les épreuves ? 

J’étais assez serein à l’approche des concours, car j’avais tout fait pour être en forme : une semaine de vacances pour le déconfinement, une autre avant la BCE, plusieurs événements avec ma famille et mes amis en école (Jardin du Luxembourg, balades, restaurants, etc.), et j’ai pris le rythme de la BCE une semaine avant en dormant à 22h et en me levant à 6h. Je n’avais fait aucune impasse et j’avais accumulé beaucoup d’énergie !

Pendant les concours, ma mère était là et m’accompagnait tous les matins, c’était ma coach et elle me rappelait à chaque fois combien j’avais travaillé. Ses paroles m’apaisaient et me motivaient. Entre les épreuves, je ne revoyais que la méthodologie, c’était trop tard pour revoir un n-ème chapitre de cours ! J’en profitais aussi pour écouter des musiques et des vidéos me rendant combatif, mais surtout j’étais en contact régulier avec trois amis en école à qui j’indiquais mon état émotionnel et mon envie de prendre ma revanche !

Ces différents moments m’ont permis de rester concentré pendant les concours, mais surtout de prendre du plaisir, de ne pas simplement voir les épreuves comme une contrainte, mais plutôt comme une démonstration au correcteur de ma motivation, de ma rigueur, pour finalement donner un élan à mes copies !

 

Quelles notes as-tu obtenues à l’écrit à l’issue de tes premiers et second concours ?

Voici mes notes obtenues à la suite des écrits de la BCE 2019 et 2020

Notes obtenues lors du concours 2019 (carré)
Notes obtenues lors du concours 2020 (cube)

 

Tu as intégré HEC Paris à l’issue de tes concours, quels sont les conseils que donnerais-tu aux étudiants ?

Mon dernier conseil : ne vous auto-censurez pas, la classe préparatoire est, certes, difficile, mais à raison de travail et de méthode, on peut s’en sortir et obtenir de bons résultats. Croyez-en vous, et peu importent vos notes dans l’année, rappelez-vous que tout se joue le jour J. Tellement d’étudiants et d’amis m’ont surpris par leur performance aux concours alors que rien ne les laissait espérer de tels résultats. N’oubliez jamais que « La passion et les rêves sont comme le temps, rien ne peut les arrêter, et il en sera ainsi tant qu’il y aura des hommes prêts à donner un sens au mot “liberté” » (One Piece).

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