Comment bien organiser ses brouillons, à l’écrit comme à l’oral ?

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement” nous dit Boileau dans L’Art poétique, et ceci se vérifie tout à fait dans la préparation d’une dissertation – écrite comme orale. En effet, c’est au brouillon que se structure la réflexion menée. Ainsi, qui dit brouillon organisé dit pensée claire, et vice-versa. Autrement dit, il existe aussi une méthode décomposée en étapes pour organiser son brouillon ! 

 

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Première étape : l’analyse et la problématisation du sujet 

L’exercice de la dissertation peut être décontenançant pour qui n’en n’a pas l’habitude. Sujet pointu, ou bien très large, vous pouvez ne pas savoir par quel bout prendre l’intitulé qui va vous occuper pendant plusieurs heures, et les écueils sont nombreux. Il importe donc de procéder de façon méthodique pour éviter ceux-ci.  

La première étape est donc de ne pas se jeter tête baissée dans la récitation de cours ou dans une pseudo-analyse du sujet. Avant toute chose, pensez bien à numéroter les pages – en particulier pour un brouillon de khôlle, car le stress peut nous faire nous mélanger les pinceaux.  

Il faut ensuite recopier le sujet pour pouvoir en commencer l’analyse. C’est une étape fondamentale qui a pour but la problématisation. Elle diffère selon que l’intitulé donné est une citation, une question ou un sujet non-verbal. Ensuite, il ne sert à rien de noter ce à quoi nous fait penser le sujet. C’est une démarche stérile, qui ne peut que faire perdre du temps, et risque de vous embrouiller.  

 

Analyser une question ou un intitulé nominal 

Analyser et problématiser un sujet, c’est comprendre la tension qui s’en dégage. Qu’est-ce à dire ? Il faut repérer ce qui pose problème dans la formulation du sujet, se demander ce qui est antinomique dans le fait d’avoir ainsi lié plusieurs termes ensemble 

Analyser le sujet en le découpant est donc vain. Il faut au contraire interroger la relation qui lie les termes entre eux. Il y a donc plusieurs questions à se poser 

D’abord, si le sujet est verbal, il est essentiel d’interroger la fonction du verbe : est-ce un verbe d’état, d’action, transitif/ intransitif, etc ? 

Ensuite, il est important d’interroger les pluriels et les singuliers. En effet, il peut arriver qu’une formulation au pluriel pose problème, alors qu’elle semblerait limpide au singulier. Auquel cas, cela constitue un élément solide de problématisation. Prenons l’exemple du sujet suivant : “la beauté est-elle morale ?”. Remettre en cause le singulier de la beauté, c’est admettre le relativisme et donc s’opposer à l’universalité de la beauté, ce qui constitue un élément de problématisation – ce n’est pas le seul, bien entendu.  

De même, il peut être intéressant de travailler par termes connexes, pour comprendre la spécificité du sujet. Si l’on reprend l’exemple précédent, il convient de saisir ce qui distingue la morale de l’éthique pour éviter le hors-sujet, et produire une démonstration fine et pertinente.  

Enfin, un autre outil d’analyse est le recours à des couples conceptuels, tel que : rupture/ continuité, universel/ particulier, par exemple.  

 

Analyser une citation 

Nombreux sont les sujets à être extraits de textes, notamment en lettres en khâgne, mais aussi en Culture Générale ou en philosophie. Pour autant, ces intitulés n’ont pas été écrits pour être analysés sous la forme d’une dissertation, aussi nombreux soient-ils. Leur analyse est donc un peu différente.  

D’abord, il est nécessaire de repérer tous les connecteurs logiques pour comprendre la structure du sujet, le statut de chaque phrase, la thèse, etc.  

Ensuite, il faut observer les jeux d’écho au sein de la citation : répétitions, parallélismes, métaphore filée, réseaux sémantiques, etc. Ils aident également à dégager la structure logique du sujet. 

 

Deuxième et troisième étapes : problématique et plan 

La problématique est le résultat du processus de problématisation que l’on a imposé au sujet. Elle doit constituer un véritable problème à la pensée, et ne saurait être une simple question de synthèse de l’analyse. C’est une étape fondamentale, qui doit être réalisée avant la détermination du plan, puisque d’elle dépend la démonstration. 

Vient ensuite l’étape de la mise en plan pour répondre la problématique. Pour rappel, la dissertation est une démonstration. Par conséquent, le plan consiste en l’exposition de trois thèses qui s’imposent dans un ordre logique, et non pas chronologique. Les transitions sont donc capitales, et ne peuvent se contenter d’être rhétoriques 

 

Que faut-il écrire au brouillon ?  

Après l’analyse et la problématisation vient la question de la rédaction. Il va de soi qu’il est impossible de rédiger l’intégralité de la dissertation au brouillon. Pour autant, se jeter tête baissée dans la rédaction constitue un risque. Par conséquent, il ne faut rédiger que les deux étapes cruciales du devoir : introduction et conclusion 

Pour ce qui est de la conclusion, elle doit être rédigée avant l’écriture du développement. En effet, les conclusions rédigées à la va-vite en fin de devoir sont rarement brillantes. Or, il s’agit de la dernière impression laissée au correcteur. Autrement dit, la conclusion a une influence non négligeable sur la note qu’il vous mettra.  

Quel temps y passer ?  

La dissertation est également un exercice de gestion du temps. Il faut répartir chaque étape du devoir selon le temps accordé, pour ne pas en manquer. Consacrer 1/3 du temps au brouillon est suffisant, puisqu’il faut garder du temps pour la rédaction et la relecture (10 minutes) 

Les spécificités du brouillon de khôlle 

Les conseils précédents s’appliquent au brouillon de khôlle. Mais, plus encore que à l’écrit, le brouillon doit être aéré et très clair (les plus visuels peuvent travailler par couleurs). Il ne doit pas être rédigé. De cela dépend la fluidité de la prestation orale. 

 

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Agathe Decré

Je suis actuellement étudiante en double-diplôme à l'Essec et à l'Ecole du Louvre après deux ans de prépa en hypokhâgne et khâgne A/L LSH au lycée Madeleine Daniélou.

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