La principale difficulté en prépa, pendant les révisions, et durant même l’épreuve de CG HEC est la gestion du temps. Quelle durée allouer à quelle matière ?  En réalité, selon moi, seules les maths nécessitent un long travail chronophage. Pour les matières littéraires, dès que la bonne méthodologie est comprise, seules les fiches comptent. Et quand la méthodo et les fiches sont maitrisées, réviser la matière prend vraiment beaucoup moins de temps. Et ça tombe bien, aujourd’hui on parle de ça. Allez c’est parti !

 

La culture générale au concours HEC est souvent vue comme une matière totalement brumeuse, ou seuls quelques rares élus par classe, un peu perchés, avec la fibre littéraire ou philosophique, sont capables de décortiquer convenablement le sujet. Comment être capable de s’en sortir face à la terrible épreuve de CG d’HEC, quand les matières littéraires ne sont pas notre point fort ? Comment faire pour réussir à sortir un plan face à un sujet comme le livre de la nature, faire parler un texte, ouvrir un espace, ou crépuscule de la vérité ? Comment être sur et certain d’aboutir quel que soit le sujet, à un plan qui nous assure la moyenne au moins ? La technique du plan unique ne serait-elle qu’un mythe ? Nous allons tenter de clarifier ces points.

 

La première année, d’une grande utilité ?

Entre l’année 1 et 2 de prépa, pour la CG, il y a un fossé en termes de méthodologie. Vous devrez être à jour, et avoir déjà une grande culture pour exceller dans cette matière. Être à jour sera un pré requis pour toucher la moyenne : il faudra lire fréquemment, et chaque sujet sera « unique » en son genre. En réalité, on vous prépare aux oraux propres à HEC en première année. S’ils peuvent être gérés avec une bonne méthodologie, ils sont néanmoins si divers que vous ne pourrez pas briller à tous les coups. Il faudra parfois se contenter de limiter la casse si jamais le sujet touchait un angle mort de votre culture. Cependant, si c’est en prépa, c’est à vous d’encaisser des notes décevantes et de combler vos lacunes par la lecture. En tous cas, si vous avez le luxe du temps.

 

La deuxième année, le cœur du travail

Pour la deuxième année, le défi à relever est en apparence plus simple. Vous avez 6 mois à peu près pour faire le tour d’un concept précis et limité. Il peut bien sûr entrer en résonnance avec d’autres, plus précisément son « opposé » ou complémentaire, comme la culture pour la nature, l’esprit pour le corps, l’oubli pour la mémoire. C’est néanmoins un questionnement unique philosophique et littéraire à aborder en 6 mois. Un seul mois consacré 7 jours sur 7 à un concept suffirait. Le concept doit être vu comme une planète. Le sujet qu’on vous donne est un éclairage précis, une entrée possible dans le concept. Mais peu importe l’éclairage, vous avez votre cours et donc votre planète, votre concept dont vous avez fait le tour. Vous ne devriez jamais en fait être pris au dépourvu, puisque vous savez et saurez à la fin de l’année tout ce qui pourra être dit sur le sujet. Pour ne pas être déstabilisé par le sujet, il faut juste s’entrainer. Les sujets ne sont pas infinis, mais les formulations différentes d’un même sujet sont nombreuses. En réalité, l’objectif est qu’à force d’entrainement sur les sujets possibles, et de lectures d’auteurs surtout philosophiques ou psycho-sociologiques, vous commenciez à faire une typologie de sujets, et donc de problématiques. C’est ça le secret de la moyenne. Ce faisant, vous répondrez toujours au sujet par un plan cohérent. Bien sûr tenez compte des mots et de la formulation employés dans votre rédaction. On emploiera ainsi les mots du sujet toutes les trois lignes. Mais vous devriez normalement voir réapparaitre les mêmes types de sujets, et c’est normal, puisque c’est le même concept.

 

Le travail préparatoire

En réalité vous pouvez gagner beaucoup de temps en vous consacrant durant le mois d’août à la lecture de culture générale intensive. Les manuels sur le thème sont très utiles, car ils font le tour des concepts et peuvent être achevés en un mois. Ne vous préoccupez pas de la littérature d’abord, car elle est la plus facile à comprendre quand elle n’est souvent qu’illustrative. C’est la philosophie, la phénoménologie et dans une moindre mesure la psycho-sociologie qui se confrontent directement au concept, à notre planète. Je conseille de faire, de manière classique, une progression chronologique des auteurs, les grecs étant généralement à la fois abordables et complets, ou en tout cas abordant une très grande partie des thèmes, donc des sujets. Rares, si ce n’est nuls, seront les sujets ou vous n’aurez pas à utiliser un auteur grec en première partie. Nous y reviendrons plus tard, il faudra voir rapidement les plans comme un jeu de puzzle.

Les auteurs grecs sont généralement les plus abordables et les plus complets à la fois. Mais il faudra vous confronter aux auteurs les plus difficiles à la fin pour être sûr de « taper dans les coins » car certains thèmes obscurs du concept sont parfois abordés par des auteurs comme Hegel, Nietzsche ou encore Heidegger, au point de friser l’ésotérisme parfois. Ces éclairages nouveaux du sujet vous permettront d’avoir de très bonnes sous parties de III et surtout d’être parés à des sujets plus difficiles, comme Le livre de la Nature, ou Faire parler un texte. Bien sûr, comme ces auteurs sont durs, il faudra toujours les utiliser avec parcimonie, et jamais entièrement sur toute une dissertation. Il faudra aussi être sûr de ne pas les avoir compris à moitié. Mais maitrisés, vous n’aurez plus jamais peur de manquer de références.

Les références littéraires peuvent être fascinantes car, qu’elles soient analysées dans leur fond ou dans leur forme, elles illustrent et rendent intelligibles des concepts parfois très durs à saisir dans un essai et traité philosophique. Un de mes mentors avait d’ailleurs réussi à avoir une excellente note sans jamais utiliser de référence philosophique. Comment ? Car en n’utilisant que des romans ou des pièces de théâtre, il n’avait pas à masquer sa pensée derrière des références philosophiques. Même s’il n’utilisait pas les philosophes, leurs conclusions ressortaient par les textes littéraires, ou cinématographiques d’ailleurs, et sa copie devenait alors très personnelle. Les références littéraires et cinématographiques vous permettront de mieux comprendre, et donc de faire comprendre des thèses défendues. Vous gagnerez en clarté.

 

Acheminement vers le plan unique

Pour ce qui est du concept en lui-même, à force de lire, vous verrez des thèmes et des approches chez les auteurs se répéter. C’est un peu schématique et caricatural pour l’explication, mais certains auteurs auront du concept une image positive, d’autres une image négative ou seront plus critiques. Certains le valoriseront, d’autres au contraire tenteront de montrer ses limites. Vous devriez voir alors se dessiner deux camps philosophiques bien distincts. Pour la parole, certains auteurs la décrivaient comme source de liens, d’autres de manipulation ou de mensonge. Pour le corps, certains le mettaient au centre de leurs réflexion, d’autres le critiquaient au profit de l’esprit. Pour la nature, certains la voyaient de manière méliorative, d’autres de manière péjorative au profit de la culture. Bref, vous l’avez deviné. Ils devraient dans la plupart des cas constituer vos deux grandes parties. Vous présenterez en premier la partie qui coïncidera le plus avec le parti pris du sujet, selon qu’il est négatif ou positif. Pour les sous parties, chaque camp défendra, ou critiquera le concept sur différents thèmes : relationnel, social, historique, morale, éthique. Selon qu’il dessert l’humanité ou pas.

Généralement, quand on constitue un paragraphe, on commence par une première sous partie de définition, qui pose le paradigme. Un auteur va définir le concept sous un angle positif ou négatif, qui colle au sujet. Commencez toujours par reformuler l’idée de l’auteur avec vos propres mots sans le citer d’abord. Puis dites que justement, cela a été traité par tel auteur dans tel livre. L’auteur doit être à votre service, et pas l’inverse. C’est votre réflexion qui doit apparaitre réellement. L’auteur doit être réellement négligeable lors de votre rédaction. Bien sûr, en réalité, vous ne pouvez penser qu’à partir d’eux, mais lors de la rédaction, vous écrivez avec vos mots et vous citez l’auteur rapidement. Puis vous développez sa pensée encore avec vos mots, et vous étalez la réflexion en reliant toujours avec le sujet. Donc en plus d’expliquer, vous remettez toutes les trois lignes les mots du sujet dans votre rédaction. Puis, quand vous le pouvez, vous illustrez avec une référence littéraire, romanesque ou poétique. Les films sont un peu bancals car ils prennent du temps à être décrits. Vous devrez expliquer le synopsis avant de l’analyser et vous ne traiterez pas le sujet sur 5,6 lignes. Vous perdez donc du temps. Pour les deux parties, c’est généralement un premier paragraphe qui définit le paradigme, avec auteur philosophique et illustration littéraire. Pour le deuxième, c’est souvent une manifestation, une application plus concrète du concept, avec auteurs philosophique ou historien/sociologue/psychiatre, avec illustration littéraire. La troisième est dans le meilleur des cas une critique du paradigme par un auteur du camp adverse. Cela facilite alors la transition, et vous pouvez dans la partie suivante commencer directement par une première sous partie définitionnelle, et ainsi de suite. Dans l’idéal, avec ces histoires de « camps », vous pouvez même faire un plan « miroir », ou chaque partie se répond. La sous partie 1 du I est « opposé » à là sous partie 1 du II, et ainsi de suite. Vous aurez alors réalisé vos deux parties. Pour la 3ème partie, vous avez peut-être réussi à trouver un 3ème camp qui dépasse les deux premiers. Ils le sont généralement grâce aux auteurs les plus difficiles, ou par l’art, ou par la phénoménologie, ou par la religion ou l’ésotérisme.  On peut très bien faire une dernière partie avec seulement deux sous parties aussi, si ça tient bien la route.

 

Constitution des fiches

Ainsi, comme on l’a dit précédemment, on peut se préparer au sujet et finir 70% du travail en aout. Repérer les deux camps par la lecture, éviter les doublons, c’est-à-dire des auteurs différents mais qui décrivent sensiblement de la même manière les mêmes thèmes, lier les auteurs avec des illustrations littéraires ou culturelles, sont des tâches qui peuvent être faites avant la rentrée, et complétez, corrigez les au cours de l’année. Comme vous l’avez vu, on pourra utiliser en fait les mêmes auteurs pour des sujets différents. Rédigez les paragraphes chez vous. Les parties d’analyse d’ouvrages seront communes à tous les sujets. Vous n’aurez plus à réfléchir le jour de l’examen. Choisissez les auteurs les plus complets et maitrisez-les. Vous aurez alors moins de choses à retenir, plutôt qu’avoir une liste de cinquantaines d’auteurs différents mais se répétant. A force de maitrise et d’entrainements, vous verrez vos paragraphes se répéter. C’est alors que vous aurez un plan qui reviendra. C’est le fameux « plan unique ». J’ai personnellement réussi à avoir trois fois 16 sur des sujets différents mais en utilisant à peu près le même plan, mais adapté bien sûr à chaque fois. Vous devrez reformuler, mais vous aurez aussi à adapter vos exemples littéraires au sujet. Vous aurez un plan, un tronc de base, mais avec des modules adaptatifs, des références personnalisables.

 

Derniers conseils pour le jour J

La conclusion peut rester simple : une reformulation de l’annonce de plan. Pour l’introduction, préparez des accroches, une dizaine suffira. Inspirez-vous des mythes grecs par exemples, ou de références littéraires en trop que vous aurez préparées en amont. Pour la problématique, c’est simple : elle est trouvée quand le concept dans le cadre du sujet témoigne d’une réalité ambigüe : qu’il répond oui à une question, mais qu’il y a des éléments contraires inhérents. N’hésitez pas à définir le plus possible le sujet, à travailler les mises en relations, et/ou, avant/après. Pensez à chercher des images ou des métaphores et à bien prendre en compte tous les mots du sujet. Cela sera long au début de l’année, mais à force d’entrainement, vous irez plus vite, même sur les sujets les plus durs. Ils pourront bien sûr, sur des sujets HEC vous « perturber » avec des métaphores, comme le livre de la nature ou « le crépuscule ». Néanmoins, vous avez les connaissances, et votre plan ou vos paragraphes.  Travaillez juste le terme qui ressort et vous retomberez normalement sur vos pattes.

 

Voilà, vous savez ce qui vous reste à faire. Faites vos fiches avec des accroches, vos paragraphes rédigez, vos auteurs sélectionnés, et une liste de plans travaillés avec le plan du corrigé. Puis analysez bien la dizaine de plans pour essayer d’aboutir à un plan modulable. Sinon rédigez entre 9 et 16 paragraphes de sous parties. Vous n’aurez qu’à choisir le jour J du concours.

 

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