Comprendre l’effet Balassa-Samuelson en ESH

Mister Prépa vous propose aujourd’hui une explication de l’effet Balassa-Samuelson en ESH, un effet peu connu par les étudiants de prépa et qui peut vous permettre de faire la différence et de vous démarquer aux concours ! Cette théorie s’inscrit dans le programme de deuxième année d’ESH dans le chapitre sur le commerce international. Toutefois, vous pourrez utiliser cet effet en illustrant un sujet sur le développement, sur les taux de change, sur l’inflation, sur l’industrie,…

Cet effet a été décrit en 1964 par deux économistes dont il tire son nom. Il existe sous deux versions : une version statique et une version dynamique. En deux mots, cette théorie explique que le taux de change réel d’équilibre de long terme n’est determiné que par la productivité relative du secteur national exposé à la concurrence par rapport à la productivité à l’étranger. 

 

Théorie

  • Pour la version statique : Dans les pays pauvres, le coût de la vie est inférieur au coût de la vie dans les pays riches ( mesuré par le prix moyen des produits). 
  • Pour la version dynamique : dans les pays pauvres en phase de rattrapage économique, l’inflation est plus forte que dans les pays riches.

Considérons un pays pauvre (que l’on notera PP) et un pays riche (que l’on notera PR). Chacun des deux pays comporte deux secteurs. Le premier secteur de biens fait l’objet d’échanges internationaux (on notera ce secteur E). Le second secteur est un secteur de biens non échangeables (que l’on notera NE). Les E sont constitués par exemple de produits industriels (ouvert à la concurrence). Les NE sont constitués de services à la personne (médecins, coiffeurs, etc…). 

 

Explication de la version statique

Dans les pays riches (PR), le secteur des biens échangeables (E) a une forte productivité. 

Dans les pays pauvres (PP), le secteur des biens E a une faible productivité. Ces forts écarts de productivité dans le secteur des biens correspondent aux écarts de développement entre PR et PP. On considère ici que la productivité est la productivité horaire du travail. 

Pour le secteur des biens NE, il n’y a pas d’écarts de productivité entre PR et PP. Ce sont des services à la personne pour lesquels la productivité ne change pas dans le temps. 

Les biens E s’échangent entre PR et PP et par conséquent les prix de ces biens ont tendance à s’uniformiser. Avec une forte productivité dans les PR dans les biens E, les salaires horaires nominaux peuvent être élevés dans le secteur des biens E (pour la production d’un bien, nombre moins élevé d’heures de travail du fait de la productivité élevée). Avec une faible productivité dans le secteur des biens E dans les PP, les salaires nominaux sont bas. 

On considère

Salaires nominaux dans le secteur de E = We 

Salaires nominaux dans le secteur NE = Wne 

Par ailleurs, à l’intérieur de chaque pays existe une tendance à l’uniformisation des salaires entre We et Wne (car la main d’oeuvre peut passer d’un secteur à l’autre ou bien du fait de la réglementation sociale qui uniformise les salaires à l’intérieur d’un pays donné).

Résultat : Dans les pays riches, les Wne ont tendance à être tirés vers le haut (influence de We), ce qui a pour effet que les prix du secteur NE sont élevés. Dans les pays pauvres, les Wne restent bas (influencés par les We qui sont bas), ce qui a pour effet que les prix du secteur NE sont bas. 

Les prix des secteurs non ouverts à la concurrence sont beaucoup plus bas dans les PP que dans les PR, alors même que la productivité est presque la même. En revanche, les prix des produits industriels entre PP et PR sont peu différents. 

Comme le coût de la vie reflète la moyenne des prix, il est plus bas dans les pays pauvres que dans les pays riches. Mais le niveau de vie est plus élevé dans les PR que dans les PP car les salaires y sont plus élevés. 

 

Explication de la version dynamique 

Les pays pauvres sont en phase de rattrapage. Cela signifie que la productivité dans le secteur des E pour les PP augmente et se rapproche de la productivité dans les E des PR. Les We dans les PP augmentent (suite aux gains de productivité). Par conséquent les Wne augmentent aussi (tendance à l’égalisation des salaires dans chaque pays). Comme la productivité dans les NE ne change pas, cela provoque de l’inflation (plus rapide que dans les PR). 

 

Implication 

On peut observer un effet sur le taux de change réel : l’inflation dans les pays pauvres correspond à une appréciation du taux de change réel de ces pays. Le taux de change réel d’équilibre de long terme n’est déterminé que par la productivité relative du secteur national exposé par la concurrence par rapport à la productivité de l’étranger. Autrement dit, l’égalisation des prix par le taux de change selon la parité des pouvoirs d’achat ne peut se faire qu’entre des économies ayant le même niveau de développement et d’efficacité du capital et de la main d’œuvre. 

On peut déduire de cette théorie qu’une union monétaire ne peut associer que des pays économiquement semblables.

La version dynamique constitue le prolongement de la version statique. 

 

Illustration

La Slovénie en 2008 accuse la monnaie unique de la dérive de ses prix. 

 

Contestations 

N’oubliez pas que lorsque vous démontrez quelque chose, il faut toujours faire preuve d’esprit critique et ne pas affirmer corps et âme que ce que vous dites est vrai dans tous les cas. Ainsi on peut penser à trois possibles contestations :

  • il n’y a pas de lien entre le taux de change réel et la double productivité relative du secteur exposé
  • la parité de pouvoir d’achat sur le secteur exposé à la concurrence est mal vérifié sur le long terme 
  • on observe une forte corrélation entre le taux de change réel du secteur exposé et non exposé là ou la théorie montrait une corrélation nulle

N’hésitez pas à consulter l’explication d’autres théories économiques sur notre site internet pour améliorer vos copies. 

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