Concours des Grandes Ecoles et Ramadan : comment les concilier ?

Le mois du Ramadan, période de jeûne et de partage pour les musulmans vient de commencer. Cette année, le mois de ramadan tombe durant les écrits des concours des Grandes Ecoles, il faudra donc veiller à bien s’organiser afin de ne pas souffrir du manque d’énergie lié au jeûne pour le reste de vos révisions mais aussi durant les épreuves. Ismaïl, étudiant en Master à l’ESSEC, nous rappelle que : “le jeûne ne devrait en aucun cas avoir un impact sur votre concentration. Ne le voyez pas comme  source de fatigue, mais au contraire il vous procurera un boost d’énergie si vous arrivez à bien contrôler les autres paramètres”.

Voici donc quelques conseils pour bien aborder ce mois si particulier pour des milliers de candidats.

 

Ramadan et journées sans épreuves 

Comme le mois de Ramadan commence durant la dernière semaine de révision (qui est importante) il faut essayer d’adapter son emploi du temps à la fatigue physique qu’on va accumuler avec le jeûne. Cependant à une semaine du début des concours, il est important de s’adapter à leur rythme et se lever tôt. Pour ce faire, il faut essayer de dormir tôt (aux alentours de 22h-23h) et de manger le matin (avant le début du jeûne) le plus tard possible, par exemple en se réveillant 20 min avant le Fajr (heure de début du jeûne, actuellement aux alentours de 5h30 en France, voir les calendriers en ligne selon votre ville).

Dès lors, faites en sorte de vous lever au plus tard à 8h30 pendant vos journées hors-épreuves et commencez vos journées de révision par des matières qui nécessitent de l’apprentissage et un haut niveau de concentration comme le management, l’ESH ou l’HGG. Une fois que vous sentez que vous êtes moins efficace, faites une matière qui demande moins d’énergie, comme les langues ou revoyez vos fiches de CG. Après cela, vous devriez commencer déjà à ressentir une sorte de fatigue (que vous auriez ressentie également hors période de Ramadan ceci dit) donc n’hésitez pas à vous prendre une pause plus importante que d’habitude vers midi pour vous reposer ou décompresser. Une fois vos batteries rechargées, partez pour une nouvelle session avec par exemple des maths ou votre point faible puis avec les matières que vous n’avez pas encore travaillées. L’important durant cette période de révisions spéciale est de rester efficace donc si vous devez espacer vos sessions de travail pour être efficace, n’hésitez à le faire.

L’an dernier, avec le report du concours, le Ramadan est tombé en plein durant les révisions, j’ai du adapter mon rythme de travail pour rester efficace, je travaillais par sessions de 1h30-2h pour rester concentrée, je prenais une pause de 15-20min, puis je recommençais. (Myriam, EDHEC BS)

Kenza, étudiante à l’ESSEC en Pré-Master nous parle de son organisation des journées de révisions pendant le Ramadan : “J’essayais de travailler généralement le matin après mon réveil, puisqu’à ce moment là j’avais encore de la force et j’arrivais à bien me concentrer. Les après-midis généralement je me reposais puisque j’étais fatiguée mais aussi parce que je m’apprêtais moralement à travailler le soir après la rupture du jeûne. Mais cela impliquait à ce que je veille le soir, d’où le fait de me reposer les après-midis, c’était important pour moi afin de récupérer un peu de sommeil.”

Par rapport au dilemme révisions ou repos, sachez que l’immense majorité des candidats ne se sentiront pas 100% prêts avant les épreuves, la tentation de vouloir à tout prix finir de réviser certains chapitres est très grande, et se fait parfois au prix d’heures de sommeil ou de détente qui auraient été ô combien plus rentables que des heures de révisions évasives : “il faut se dire qu’on s’est donné à fond toute l’année et que normalement nous avons pas mal révisé, donc il serait préférable d’entendre son corps et de savoir quand est-ce que continuer à réviser et quand est-ce que l’on doit s’arrêter.” (Kenza, étudiante à l’ESSEC).

En journées hors concours, à vous de voir donc quel rythme vous convient le mieux, mais essayez de vous habituer déjà au rythme qui vous attendra pendant les journées d’épreuves (se coucher tôt et se lever tôt).

Le Ramadan durant les concours, un effort à gérer mais qui peut être une opportunité

Le jeûne peut entraîner une fatigue physique, mais l’avantage est que vous aurez eu une semaine d’adaptation avant et vous connaitrez mieux votre corps ainsi que ses besoins de sommeils. Ainsi, veillez à manger légèrement le soir (Ftour) et à prendre un bon petit déjeuner (Sohour).

Ismaïl nous parle de cette notion de fatigue pendant vos journées de concours : “Ramadan rime très souvent avec longue soirée et un réveil assez tard. Essayez d’adopter un rythme sein dès le jour 1 du ramadan afin de ne pas perdre l’habitude. Le sommeil est crucial pour votre concentration. Au niveau de l’alimentation: stress du concours, jeûne, sohour tard dans la nuit… tous ces paramètres pourraient vous pousser à sauter des repas, ou à manger des aliments rapides et donc industriels, transformés, et plein de sucre. Pire décision que vous pourriez prendre avant d’entamer votre journée de concours ! Privilégiez des glucides longs qui vous fourniront en énergie pendant toute la journée.”

Durant les épreuves, pas de différence… jeûne ou non, donnez tout ce que vous avez jusqu’au bout. De toute manière, tout le monde se sent fatigué après une grosse journée d’épreuves, jeûneurs comme non jeûneurs ! Par contre, entre les épreuves essayez de rester avec vos amis et décompressez un maximum (ne parlez pas des épreuves que vous venez de passer, ça peut être stressant) ou à la limite relisez vos dernières fiches si vous en avez l’habitude, mais restez sur quelque chose de très léger.

Une fois rentrés chez vous, essayez de vous reposer, et profitez des moments que vous passez en famille pour oublier les épreuves du jour, accordez vous un temps pour vraiment faire quelque chose qui vous plaît (sport, jeux vidéo, activités spirituelles…) pour être détendu pour les épreuves du lendemain. Ne travaillez pas entre les épreuves (mais faites le un minimum entre Ecricome et la BCE), c’est vraiment contre-productif, vous pouvez à la rigueur relire quelque fiches ou revoir des méthodes, mais la fatigue psychologique et physique que génèrent les concours n’est pas à sous-estimer, vous serez inefficace et cela vous rajoutera un stress.

Lorsque j’avais passé quelques épreuves durant le Ramadan en 2019, j’avais plutôt bien vécu la période, le fait de manger en famille me permettait de vraiment relâcher la pression après mes journées d’épreuves. (Iyad, GEM)

Pour conclure, ne craignez pas cette période, vous avez travaillé durant deux ou trois ans et vous avez les clés pour briller, donnez le maximum à chaque épreuve en analysant bien les sujets et en appliquant les méthodes que vos professeurs vous ont enseignées et tout ira bien. Croyez en vous, vous êtes au bout du tunnel !

Egalement, ne subissez pas ce mois de Ramadan, ce mois est avant tout une opportunité pour les candidats musulmans de se retrouver, de passer un peu de temps en famille et/ou de s’adonner à des activités spirituelles qui, surtout en période de concours, permettent de gérer son stress et de vivre paisiblement. Gardez donc cela en tête et faîtes en une vraie force ! 

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