La crise géopolitique de l’or bleu : tout comprendre !

L’eau c’est la vie, elle est indispensable pour les humains, les animaux et les végétaux, ainsi qu’à d’autres biens et services (électricité,…). C’est vrai que, les mers et les océans contiennent 97.5% d’eau, les inlandsis 2% et l’eau douce ne représentant que 0.7% de l’eau disponible. Toutefois ces ressources demeurent menacées et inégalement partagées.

Aujourd’hui, l’eau fait l’objet de convoitise.  Avant de traiter les conflits autour de l’eau, voyons d’abord quelques statistiques.

Les pays avec des ressources en eau suffisantes pour satisfaire leurs besoins ont en moyenne 2500 m3/hab/an. En contrepartie, il existe 3 types de classements des pays qui manquent d’eau potable :

  • Les pays en vulnérabilité  (Iran, Côte d’Ivoire…)
  • Les pays en stress hydrique avec un seuil qui ne dépasse pas les 1700 m3/hab/an (Inde , Afrique du sud ..)
  • Les pays en pénurie  dont le seuil est de 1000m3/hab/an (le Maghreb, la péninsule arabique…).

Cette inégalité touche même des zones à l’intérieur d’un même pays, tel est le cas du Nord de Chine, du Sud de l’Australie et de l’Ouest des Etats Unis.

 

Les raisons derrière les inégalités

Il est donc judicieux de s’interroger sur les raisons derrière ces inégalités. Elles peuvent avoir des origines naturelles. Les cycles de sècheresse  qui durent des années successives (tel est le cas du Sahel entre 1968 et 1994), les précipitations  annuelles, ou les tailles des fleuves (Amazone : 185 000 m 3/s , Congo : 42 000 m3/s). Et enfin les nappes phréatiques souterraines qui sont la deuxième source d’approvisionnement  en eau potable et qui représentent à peu près 10 millions de km cube. Les raisons derrière les inégalités sont aussi en relation avec la capacité des pays à créer des barrages (trois gorges en Chine) et l’incapacité d’autres à exploiter leurs ressources comme le Cambodge qui est bien pourvu en eau mais où moins de 75% de sa population ont l’accès à l’eau potable.

 

Les usages de l’eau

L’eau est de plus en plus convoitée principalement pour 3 usages. Notamment l’AGRICULTURE, surtout l’agriculture productiviste, où la production est maximale.  Cet usage représente 70% des prélèvements.

L’INDUSTRIE  nécessite 20% des prélèvements principalement dans les domaines suivants : Chimie, Pétrochimie et dans l’Énergie. L’usage DOMESTIQUE, quant à lui, concerne 13% des prélèvements. C’est le prélèvement le plus vital aux êtres humains.

John Fitzgerald Kennedy (Président des États unis entre 1961-1963)  a avancé  que « Celui qui pourrait résoudre le problème de l’eau méritera deux Prix Nobel : un pour la paix et un pour la science. »

Cela confirme l’idée qui stipule que l’eau constitue une source de tension qui peut menacer la paix mondiale.

 

Les conflits autour de l’eau

En 2021, entre le 28 Avril et le 1 er Mai, l’ASIE centrale a connu déjà une déstabilisation à cause de l’eau. Suite aux combats dans la région contestée de la frontière entre le Kirghizistan et le Tadjikistan. Les principales raisons sont d’une part l’installation des caméras de surveillance ce qui n’a pas plu à la population locale.  Et  d’autre part, le point de distribution qui se trouve au Tadjikistan et qui est utilisé pour l’approvisionnement en eau et l’irrigation des sections frontalières du Tadjikistan, du Kirghizistan et de l’Ouzbékistan.

En AFRIQUE, l’Éthiopie, d’où jaillit 85% du Nil et où 65% de la population n’ont pas accès à l’électricité. Addis-Abeba  a donc commencé les constructions du Grand barrage Renaissance en 2011. Ce barrage a pour but de faire face à  la pénurie d’électricité. Préoccupée par l’instabilité politique, l’Egypte craint le contrôle du débit par l’Ethiopie. Puisque dans l’Egypte,  Le Nil est responsable de la majorité de son électricité à côté du transport et de l’agriculture.

Au MOYEN ORIENT, la Turquie contribue à 88% au débit de l’Euphrate et à 40% du Tigre. Puisque les deux  prennent leur source des montagnes turques. De ce fait, La Syrie et le Liban protestent contre la volonté d’Ankara à capter l’eau des deux fleuves. En 1990, la Syrie et la Turquie menaçaient même d’une confrontation armée.

En plus, le réchauffement climatique accentue également le poids de l’or bleu au sein de la scène mondiale. Il participe à la disparition des glaciers. Ces glaciers captent l’eau douce et en la  restaurant, ensuite, aux écosystèmes durant  la période de sécheresse. A noter que 1/6ème de la population mondiale dépend de l’eau douce amenée par les glaciers à la saison sèche.

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