Crise des sous-marins : la relation transatlantique en danger ?

Quid de la relation transatlantique ? Nous te proposons d’analyser la crise diplomatique des sous-marins et d’en comprendre les enjeux.

Le contrat initial 

En 2016, le gouvernement australien signe avec le fleuron industriel français Naval Group, un contrat de 56 milliards d’euros, pour la construction de douze sous-marins à propulsion. Il représente une opportunité en or pour les deux pays ; côté français, une importante rentrée d’argent, côté australien, un partage technologique et des sous-marins fiables et puissants.  Ce contrat est ainsi parfois surnommé en France « le contrat du siècle », le partenariat stratégique couvrant une période de 50 ans.

 

Début de la crise

Le 15 septembre 2021, lors d’une allocution conjointe avec Joe Biden et Boris Johnson, le Premier ministre australien Scott Morrison, annonce, sans aucun préavis, mettre fin au contrat avec Naval Group au profit de la nouvelle alliance AUKUS. Alliance militaire tripartite formée par l’Australie les États-Unis et le Royaume-Uni (et rendue publique au cours de cette allocution), elle vise à contrer l’expansionnisme chinois dans l’Indo-Pacifique. Elle succède ainsi à ANZUS mais exclue la Nouvelle Zélande. Ce sont donc désormais les États-Unis qui fourniront à l’Australie huit sous-marins nucléaires d’attaque.

 

Conséquences

Cette décision suscite alors de vives réactions politiques, notamment dans un contexte de pré-campagne présidentielle française, certains partis allant même jusqu’à réclamer la sortie totale de la France de l’OTAN (particulièrement le LSI et le PCF). Cette crise diplomatique porte ainsi un nouveau coup à la relation transatlantique : l’ambiguïté de cette relation, autant que la question de la construction d’une véritable défense européenne sont de ce fait remises sur la table des débats. Néanmoins, si le gouvernement français décide de rester dans l’OTAN, il décide de rappeler ses ambassadeurs en Australie et aux États-Unis.

 

Rencontre Macron/Biden :

Les deux chefs d’État décident alors de se rencontrer à Rome le 29 octobre afin de régler cette crise diplomatique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Biden n’a pas ménagé ses efforts pour tenter d’apaiser les tensions avec son homologue français. Exprimant sa « grande affection » pour la France, le « plus vieil allié » des États-Unis, Biden reconnait sa maladresse dans cette affaire, jurant penser que la France était au courant depuis déjà un moment avant l’allocution. Macron déclare quant à lui attendre non pas des promesses mais des actions concrètes de la part des États-Unis.

 

Un nouveau départ ?

La France et les États-Unis s’engageront davantage ensemble dans de multiples domaines : dans celui de l’énergie avec un « partenariat bilatéral sur l’énergie propre » prévu d’ici la fin de l’année, mais aussi dans le domaine spatial autour duquel les deux puissances souhaitent renforcer leur coopération.

Plus encore, d’un point de vue militaire, Biden reconnait « l’importance d’une défense européenne plus forte et plus opérationnelle », rompant alors avec la politique de son prédécesseur. Les deux chefs d’État veulent par ailleurs lancer un « dialogue stratégique en matière de commerce militaire ».

Enfin, sur la question du climat, la réunion COP26 sur le climat à Glasgow sera l’occasion de rassembler les principaux acteurs de la relation transatlantique et de lui impulser un nouveau souffle : la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre britannique Boris Johnson et à nouveau Emmanuel Macron seront présents.  Les quatre pays, à l’initiative de l’Allemagne, veulent harmoniser leurs positions avant une éventuelle reprise des discussions sur le nucléaire iranien.

Clementine Tahir

Actuellement à l'EDHEC après trois ans de prépa, j'espère pouvoir vous aider à intégrer l'école de vos rêves.

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