De l’ambivalence à l’ambiguïté du désir [AUTEURS] #2

De l’ambivalence à l’ambiguïté du désir  [AUTEURS] #2

Il est préalable nécessaire de lire Le désir : définitions et distinctions conceptuelles #1

Commençons par un petit point définition.  

Ambivalence : caractère de ce qui peut avoir deux sens, recevoir deux interprétations

Ambiguïté : est la propriété d’un mot, d’une suite de mots ou d’un concept ayant plusieurs significations ou plusieurs analyses grammaticales possibles. 

 

l) La conception classique : dévalorisation du désir

Le désir est longtemps apparu comme néfaste et dangereux aux yeux des philosophes. PLATON voit en lui la manifestation du sensible qui nuit au bon ordre de l’esprit, le détournant de la raison (au sens faculté humaine permettant d’enchaîner des propositions ou d’établir des liens logiques entre les idées). Insensé, irrationnel, le désir apparait également aux stoïciens comme ce qui trouble l’âme et fait obstacle à l’ataraxie à savoir l’absence de trouble de l’âme, sérénité que recherchent les sagesses antiques. Le bonheur du sage. Il est un pathos c’est à dire une maladie de l’âme qu’il faut combattre (passion vient du grec pathos qui renvoie à l’idée de souffrance et de maladie, aujourd’hui dérivé donc en passion, terme qui désigne un désir exacerbé ou abusif). 

Quant à EPICURE, visant également le bonheur, il préconise de satisfaire toujours seulement les désirs « naturels et nécessaires » (s’alimenter, dormir), modérément les désirs « naturels et non nécessaires » (manger un petit pot de yaourt), et d’abolir ceux qui ne sont « ni naturels ni nécessaires » (désir de gloire, de richesse…). Vous pouvez reprendre tous ces éléments au calme dans sa fameuse Lettre à Ménécée

 

Ce que l’on reproche au désir:

-d’origine corporelle, sensible, il s’oppose à la raison et nous fait faire des choses insensées. Il fait obstacle à la recherche de la vérité, quête du philosophe.

-expression d’un manque, d’une incomplétude, il manifeste notre imperfection. Il est source de frustration, de souffrance et porte atteinte à la tranquillité de l’âme. (concept d’ataraxie)

Ainsi il faudrait se méfier des désirs, les maîtriser, voire les éradiquer. 

 

II) Le désir comme énergie positive 

Pour SPINOZA, « le désir est l’essence même de l’homme » (Ethique), c’est pourquoi lorsqu’un désir est satisfait, un autre renaît. Tout désir particulier manifeste un désir fondamental: celui de persévérer dans son être, que SPINOZA nomme conatus. De fait, désirer, c’est désirer vivre : une vie sans désir serait mortifère. 

ROUSSEAU va dans le même sens lorsqu’il dit « Malheur à qui n’a plus rien à désirer! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux » (Julie ou La Nouvelle HéloÏse). Il y a dans l’attente, dans la représentation de la satisfaction, une jouissance non négligeable. 

HEGEL, analysant les actes des grands hommes de l’histoire, conclut que « rien de grand dans le monde ne s’est accompli sans passion ». Le désir, la passion, sont ce qui pousse l’homme à agir et demeure à l’origine de nombreux actes extraordinaires.

Il peut être intéressant de lire Les annales de CG HEC depuis 2000  afin de voir les types de sujets qui tombent aux concours pour l’une des épreuves les plus importantes de la matière.  

Dorian Zerroudi

Directeur de Mister Prépa et étudiant à emlyon business school, j'ai à coeur d'accompagner un maximum d'étudiants vers la réussite !

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