Résumé Discours sur l’origine et le fondements de l’inégalité parmi les hommes (1/2)

Pour cette série de fiches de lecture, nous allons voir le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Compte-tenu de la longueur de l’ouvrage, voici la première partie. La seconde suivra. C’est un livre nécessaire en classe préparatoire car il traite de philosophie politique : les bases pour une bonne dissertation.

 

1/ L’auteur

Jean-Jacques ROUSSEAU est né à Genève en 1712. Il a été apprenti chez un graveur puis il a été envoyé par un curé chez Mme de Warens qui l’a convertit au catholicisme. Sa mère étant morte à sa naissance, il la considère comme sa mère de substitution. Celle-ci l’envoie dans un hospice à Turin pour abjurer le protestantisme. En 1736, il s’installe avec elle aux Charmettes et lit beaucoup. Cinq ans plus tard, il se rend à Paris. Il devient en 1743 secrétaire de l’ambassade de France à Venise. Un an plus tard, il compose un opéra qu’il arrive à faire représenter. Il commence aussi sa liaison, qui dure toute sa vie, avec une lingère nommée Thérèse le Vasseur. Il fréquente aussi Diderot, Condillac et Voltaire.

 

2/ L’Ouvrage

Celui-ci est publié avant la Révolution française. On le qualifie de « premier discours ». En fait, c’est une réponse au sujet de concours de l’Académie de Dijon : 

« Quelle est l’origine de l’inégalité parmi les hommes, et si elle est autorisée par la loi naturelle ? ». Rousseau a trouvé la question idéologiquement orientée et elle ne lui plaît pas donc il la transforme en une double question. En premier temps, il traite l’origine et la/les cause(s) de l’inégalité.  Dans un second temps, il traite les fondements de l’inégalité. Il se demande quel est le droit légitimant les inégalités. Est-ce le droit naturel ou droit positif (créé de toute pièce par les hommes de lois) ? 

 

3/ Thèse et mots-clés

Thèse : C’est la société, fondée sur la propriété, qui est la cause de l’inégalité et de la corruption des hommes. La propriété et l’appât du gain éloigne l’homme de sa vraie nature qui court à sa perte.

Mots importants : Droit positif, droit naturel, émotion, désir, autrui, nature/culture, histoire, liberté et être/paraître.

 

4/ Plan de la Première partie

I- L’homme à l’état de nature 

A- L’homme naturel est-il heureux ? 

B- L’homme naturel est-il rationnel ? 

C- L’homme est-il bon par nature ?

 

5/ Résumé détaillé

La conservation de l’homme

Selon Rousseau, l’homme n’est pas l’animal le plus agile ou le plus fort. Cependant, c’est celui qui détient le plus d’avantages. En effet, ce dernier réussit à imiter les animaux. Donc il parvient à ses fins car il réussit à s’approprier les instincts de tous les animaux. 

Un combat entre l’homme civilisé et l’homme de nature est inégal. Aucun animal ne ferait naturellement la guerre à l’homme sauf pour sa propre défense. L’animal est plus fort, le sauvage est plus adroit. Toutefois, la maladie appartient surtout à l’homme de société qui nécessite remèdes et médecins. Effectivement, quand un sauvage est malade, il n’a rien à craindre de son mal, seulement de sa nature, car il doit veiller à sa sécurité

De plus, l’homme est seul défenseur de sa conservation. Donc il doit perfectionner ses sens et éviter la mollesse ou la sensualité. Rousseau compare les animaux et les hommes à une « machine ingénieuse ». Là où l’animal fait les opérations de la bête, l’homme se fait lui-même. La faculté de se perfectionner permet de développer toutes les autres : l’homme évolue et n’est plus le même qu’à l’origine contrairement aux animaux. Par la vieillesse ou d’autres accidents, l’homme perd ce que sa perfectibilité lui avait donné voire même plus encore que l’animal. 

Les biens de l’homme sauvage sont : la nourriture, une femelle et le repos. Ses maux sont : la douleur et la faim. Rousseau accentue l’écart qui sépare l’état de nature de l’état civil. En effet, l’homme sauvage se contente de ce que la nature lui prodigue et n’a pas de grands rêves d’avenir. L’état de nature empêche les hommes d’améliorer leurs productions et de vouloir cultiver de nombreuses parcelles car il n’y a pas de droits de propriété. Néanmoins le problème c’est de sortir de l’état de nature.

Rousseau insiste sur l’importance des langues qui sont indispensables pour que les hommes de différentes régions puissent communiquer entre eux. Le premier langage de l’homme est le « cri de la nature ». Rarement utilisé et peu organisé, il prévenait essentiellement d’un danger. Toutefois, quand les hommes se sont multipliés, le langage s’est doté d’inflexions et articulations de la voix et de gestes. Il est facile d’expliquer et d’utiliser les nombres une fois connus, néanmoins, pour ça, il faut définir des propriétés communes et génériques. Cependant, Rousseau pense qu’il est impossible que les langues soient juste le résultat d’une création humaine. 

 

Les passions

A l’état naturel, l’homme n’est ni rationnel ni sociable. Ainsi, il existe un fossé entre l’homme naturel et l’homme social. Dès lors, on remarque que Rousseau critique les conceptions de l’état de nature de Pufendorf et Hobbes. Hobbes attribue à l’homme naturel de multitudes passions qui ne sont en réalité développées qu’avec la société. Pour étudier et juger une société politique, il faut savoir comment sont les hommes qui la composent. 

Les sauvages ne sont pas méchants car ils ne savent pas exactement ce que c’est qu’être bons. D’après Rousseau, l’amour de soi est un sentiment naturel et l’amour propre est créé artificiellement par la société. « L’amour de soi-même est un sentiment naturel qui porte tout animal à veiller à sa propre conservation et qui, dirigé dans l’homme par la raison et modifié par la pitié, produit l’humanité et la vertu». De fait, Rousseau qualifie positivement la pitié car elle produit nos vertus sociales. “L’amour propre n’est qu’un sentiment relatif, factice et né dans la société, qui porte chaque individu à faire plus de cas de soi que de tout autre, qui inspire aux hommes tous les maux qu’ils se font mutuellement et qui est la véritable source de l’honneur ». 

De plus, l’amour est une passion impétueuse et violente donc il faut des lois pour les contenir. Néanmoins, ces dernières sont insuffisantes. Contrairement à Voltaire, Rousseau n’admet pas l’égalité entre les hommes et les femmes, car celles-ci doivent obéir au sexe dominant

L’homme sauvage a peu de passions, vit seul, ne reconnaît pas forcément ses enfants et le savoir n’est pas transmis car il n’y a aucune éducation. En effet, il ne tient compte que de ses vrais besoins. Par ailleurs, les hommes étant dispensés et privés de langage, si l’un d’entre eux faisait une découverte, il ne pourrait pas la communiquer, cela explique l’absence de développement de la perfectibilité à l’état de nature. Donc c’est par l’institution et l’éducation que les inégalités augmentent car dans l’état de nature, les hommes ont les mêmes ressources à disposition.

Pour finir, l’homme naturel à peu de besoins donc il s’auto-suffit. Néanmoins, c’est avec le passage à l’état social que l’homme perd sa liberté naturelle. Donc l’homme social en perdant sa liberté est sous la dépendance d’autrui. 

 

Pour lire un extrait : Extrait de Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau | Viabooks

 

Vers la partie II de l’analyse: Résumé du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau

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