Dissertation sur le thème de la Violence par Romain Treffel

Réussir à l’épreuve de CG pour les prépas ECG nécessite d’être bien entraînés à l’exercice de la dissertation. Cela tombe bien, à Mister Prépa, nous avons trouvé une dissertation modèle sur le thème de la Violence écrite par Romain Treffel.

Pour la sexologue américaine Susan Block « Faites l’amour, pas la guerre ». Le but est de questionner la nature de la violence humaine.

Les deux définitions du nom commun « violence » d’après le Dictionnaire de l’Académie française sont :

  • C’est le fait d’agir sur quelqu’un ou de le faire agir contre sa volonté par l’emploi de la force ou de l’intimidation.
  • L’autre sens de la « violence » est que la force n’est pas contenue, ce qui risque d’engendrer un dommage.

Les hommes semblent détester la violence, car ils la condamnent tout le temps et la tolèrent de moins en moins.

Problématisation : pourquoi les humains détestent la violence ? omment expliquer cette répugnance ? Est-ce peut-être un penchant inné de l’Homme ? Est-elle incontournable dans l’humanité ?

Problématique : la violence humaine est-elle une aberration ?

 

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La violence est détestée spontanément car l’agression est un facteur de déviance du comportement humain

La violence est l’inverse du besoin de sécurité. L’impératif de survie que possède chaque être humain doit empêcher les comportements violents. Rousseau imagine un état de nature pacifique : « Les hommes [étaient] plutôt farouches que méchants, et plus attentifs à se garantir du mal qu’ils pouvaient recevoir que tentés d’en faire à autrui » (Discours sur l’origine de l’inégalité). Donc, l’impératif de survie ne signifie pas que la violence est un facteur de déviance pour le comportement humain.

L’homme ressent aussi de l’empathie. En effet, il peut ressentir les émotions des autres qu’elles soient positives ou négatives, comme dans le cas de la violence.   Cela a donné lieu au penchant de la « sympathie » dans la théorie morale d’Adam Smith. Les psychologues scientifiques parlent, ou d’« empathie » pour les psychologues scientifiques. L’histoire de Jean Valjean dans Les Misérables en est une bonne illustration : l’empathie permet de s’opposer à la violence.

Enfin, l’intérêt du collectif supplante l’intérêt individuel : la violence est source de problème dans toute communauté, car elle élimine la coopération, pourtant indispensable à des rapports humains pacifiés, source de bonheur pour la collectivité. Dans son Traité sur la tolérance, Voltaire évoque cela.

 

Mais, la violence dans sa réalité crédibilise le fait que l’agression soit quelque chose d’ordinaire dans le comportement humain

La survie demande de vivre en sécurité (comme évoqué dans la première partie), mais, il y a des enjeux tellement importants (la nourriture et l’accès à l’eau) que cela peut nécessiter de la violence. En effet, les hommes de l’état de nature « sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun » indique Hobbes dans son ouvrage Léviathan.

De plus, l’Homme a un penchant de domination vis-à-vis à autrui, notamment dans la quête du statut social, ce qui peut le mener à commettre une agression. L’exemple classique de cette situation est l’intrigue du Cid de Corneille où Don Gomès, le père de Chimène insulte Don Diègue, le père de Don Rodrigue : la famille de Don Rodrigue est humiliée, ce qui entraîne une vengeance.

Finalement, le penchant humain naturel pour l’agression s’observe plus particulièrement dans les comportements collectifs, avec la guerre par exemple. Cette dernière a été toujours présente dans l’histoire des civilisations. L’Odyssée d’Homère offre l’exemple du rapport des Hommes à la guerre quasi existentiel : « Nous sommes des hommes, se lamente Ulysse, à qui Zeus, je le vois, inflige le destin de dévider le fil des guerres douloureuses. »

 

La propension à la violence de l’humanité diminue dans le temps

La diminution de la violence serait due à l’apparition d’États stables, ce qui a transformé les rapports entre les individus et la manière de résoudre des conflits (par les institutions au lieu de la violence). En Europe, cela a commencé quand Hobbes prônait l’instauration d’un État fort pour interdire les violences privées. Ensuite, cela se poursuit par la conquête du « monopole de la violence légitime » selon la définition de Max Weber.

Cependant, l’explication ci-dessus n’est que partielle. En effet, les citoyens des États occidentaux modernes ne veulent pas être violents en plus de ne pas avoir le droit d’être violents. En ce sens, Norbert Elias montre une grande évolution des mentalités avec de nouvelles normes sociales à partir du Moyen-Age, ce qui a transformé les comportements et la psychologie des hommes.

Enfin, même si la violence fut très présente notamment au 20ème siècle avec les deux guerres mondiales, la violence du XXème siècle est plus faible par rapport à la population totale, que les guerres du passé, avec les conséquences néfastes de celles-ci (famines et maladies). De plus, un ordre politique international s’est construit, comme l’avait imaginé Kant dans De la paix perpétuelle.

 

La vidéo explicative de la dissertation se trouve ici

 

Pour conclure, la violence suscite un rejet spontané, car les Hommes vivent aujourd’hui en communauté et ressentent des émotions.

Pourtant, l’idée reste fragile, car l’Homme dans un contexte de survie, de domination d’autrui et de guerres, est amené à avoir des comportements violents. Mais, dans un temps long, la violence a diminué dans la société grâce au rôle des États et des institutions qui en découlent.

 

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