Doit-on parler de retard pour la croissance française au 19ème siècle ?

Dans cet article, nous allons nous réfléchir sur la croissance française au 19ème siècle. En effet, doit-on parler de retard pour la croissance française au 19ème siècle ?

I/ Le retard français : caractéristiques

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A/ Un retard de l’agriculture

Des rendements plus faibles avec 13 q / ha contre 20 en Allemagne et 23 en Grande Bretagne, une population active plus nombreuse 56 % en 1911, autant que la GB en 1850, la prédominance de la petite propriété.

B/ Un retard industriel 

Des productions relativement plus faibles ( selon P Bairoch : 50% de la production allemande de fonte, d’acier , de houille en 1910 , et 50,70,et 40 % par rapport à la Grande Bretagne ; la consommation de coton brut représente toujours en 1910 30% de la consommation britannique ), la part des produits manufacturés dans les exportations est aussi inférieurs pour les produits industriels 63 % contre 79% pour la Grande Bretagne, et 72 % pour l’Allemagne, avec un fort désavantage pour les biens d’équipement. On pourrait évoquer également la taille trop faible des entreprises dominées par une structure familiale, et trop peu financées par le système bancaire.

C/ Les explications habituellement avancées

Le manque de facteurs de production (matières premières, main d’ oeuvre), et surtout une attitude malthusienne caractérisée par une faible croissance démographique, un manque d’esprit d’entreprise (R Cameron) , et un fort conservatisme social incarné par le mélinisme.

II/ La croissance française : un modèle original ?

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A/ On peut critiquer les explications habituelles

Insister sur le manque de facteurs de production c’est oublier le rôle des pénuries relatives en Grande-Bretagne, l’existence d’un grand nombre d’entreprises leaders dans les secteurs moteurs de la 2ème RI dément l’absence d’esprit d’entreprise ( beaucoup de reconversions spectaculaires : Panhard fabriquait des machines à bois, Peugeot des articles métalliques , Renault qui comptait ouvriers en 1898 en comptait 4000 en 1913 ; La France est présente dans les nouveaux secteurs : 94 entreprises de construction aéronautiques ; Elle est leader pour l’hydroélectricité )

B/ L’originalité du modèle est liée à des spécificités historiques

Le retard est antérieur au 19ème siècle pendant lequel les taux de croissance sont comparables, l’instabilité politique des villes au 19ème favorise le maintien d’une paysannerie nombreuse comme support de la stabilité sociale et politique. L’originalité est aussi due à un usage rationnelle des ressources et de l’avantage comparatif : main d’oeuvre rurale (Y Lequin : L’industrie va à la main d’ oeuvre autant que le paysans va à l’usine) . L’ originalité tient également à la nature cyclique de la croissance (rythme trentenaire)…Mais des blocages spécifiques (thèse de j.ch Asselain) : système très inégalitaire sans redistribution de revenus.

C / Le retard français est aussi la conséquence des difficultés d’analyse de l’industrialisation 

Quelle période de référence choisir ? Aujourd’hui certains historiens considèrent que si la France connait à la fin du 18ème siècle un ralentissement de croissance typique c’est en réalité parce qu’elle aurait été le pays le plus précoce. La révolution industrielle doit elle être être analysé sur des bases nationales ? De plus en plus on met l’accent sur le caractère régional du phénomène donc sur la très forte hétérogénéité des structures.

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