L’Ecole de Chicago

Dans cet article, nous te présentons l’Ecole de Chicago, un courant de pensée en sociologie à connaître absolument pour tes cours de sociologie en B/L ou bien pour le programme de Sciences Humaines au concours de l’ENS voie AL.

 

Histoire

L’école de Chicago est fondée en 1892, à un moment où la ville est traversée et transformée par une urbanisation croissante ainsi qu’une immigration massive. Cela produit ce que les sociologues de cette époque appellent une « délinquance », qui amène à la problématique de l’intégration sociale et de ses difficultés. Le département de sociologie qui renvoie à l’Ecole de Chicago est très tôt interpellé par les pouvoirs publics dans l’objectif de comprendre et faire face à ces questions d’urbanisation, d’immigration et de délinquance, faisant de Chicago une ville laboratoire. Ils parviennent à déconstruire l’idée que la race est explicative du comportement délinquant, mais que cette dernière est bien plutôt le fruit de difficultés à s’intégrer à la société américaine.

 

Sociologies quantitative et qualitative à l’École de Chicago

  • La sociologie quantitative

Avec l’Ecole de Chicago, la sociologie Nord-Américaine est en train d’affirmer des postures méthodologiques. Elle affirme la nécessité des enquêtes de terrain dans l’enquête sociologique. Cela va prendre une importance encore plus essentielle avec les sociologues des années 1950 et 1960 et la montée en puissance de la sociologie quantitativiste. Cette sociologie quantitative revendique une nouvelle forme de légitimité par le nombre et l’administration de preuves statistiques. 

  • L’interactionnisme symbolique

En parallèle de cette sociologie quantitative se développe une sociologie qualitative, l’interactionnisme symbolique. Dans le second temps de son Histoire, L’École de Chicago voit arriver de nouveaux sociologues comme Everett Hughes (sociologue du travail), Lloyd Warner (anthropologue)  et Herbert Blumer qui crée le terme de l’interactionnisme symbolique, qui désignera les recherches de leurs élèves après les années 1960. Selon l’interactionnisme symbolique, la société n’est pas donnée, elle se construit sans cesse à travers la dynamique des actes sociaux et donc des interactions, autour de la notion clef de rôle social. La sociologie va focaliser son attention sur les relations sociales et sur la production d’une identité qui se forge au contact d’autrui plutôt que sur des stratégies globales voire même sur des stratégies individuelles. les individus ne cessent de construire des faits sociaux. Les acteurs conçoivent, construisent leur action dans une trame très quotidienne des choses à partir de l’interprétation qu’ils se font de la situation sociale dans laquelle ils sont plongés

Dans cette conception du monde social, l’objet de la sociologie sont les points de vue et les représentations des acteurs. Les trois principes retenus par Blumer pour l’interactionnisme symbolique sont : 

  • Les humains agissent à l’égard des choses en fonction du sens que les choses ont pour eux
  • Ce sens est dérivé ou provient des interactions de chacun avec autrui (se construit dans le contact avec l’autre)
  • C’est dans un processus d’interprétation mis en œuvre par chacun dans le traitement des objets rencontrés que ce sens est manipulé et modifié. 

La posture méthodologique adoptée est une méthodologie qualitative et non quantitative, l’usage des statistiques éloignent le chercheur du monde qu’il souhaite étudier, et il faut observer de manière concrète le réel. Toute l’accumulation de ces travaux va donner lieu à une mise à jour de la manière dont les actions sociales sont toujours produites par des acteurs en présence, en coprésence. 

 

Les sociologues à connaître

  • Erwin Goffman 

Son travail relève d’une sociologie des interactions sociales, et notamment autour du concept de présentation de soi, notamment par son étude du cadre routinier de la vie sociale ordinaire, des conversations, de la mobilisation des savoirs implicites et enfin des marges de la vie social (handicap, hôpitaux psychiatriques…), le tout à travers des études de terrain denses. Il nous amène à lire la trame de l’ordre social, du lien social, à travers les rites de présentation de soi, les entretiens ou encore les réparations. 

Principaux ouvrages : 

  • La mise en scène de la vie quotidienne, 1956
  • Les rites d’interaction, 1967
  • Stigmate les usages sociaux des handicaps, 1964
  • Façons de parler, 1981
  • Howard Becker 

Il va notamment s’intéresser à la déviance, portant un intérêt à l’Homme marginal. Ainsi, dans Outsiders (1963), il se consacre à l’étude des milieux dit « déviants » en s’intéressant aux musiciens de Jazz et aux fumeurs de marijuana dans l’Amérique des années 1950.  Il explique alors que ces groupes dit « déviants » apparaissent comme fortement intégrateurs et régis par des règles, valeurs et normes internes au groupe et très présentes. Howard Becker porte donc son attention aux pratiques spécifique de ces groupes déviants, mais aussi, et même autant, aux relations entre les déviants et ceux qu’il appelle « entrepreneurs de moral » (ceux qui fabriquent les normes et s’attachent à les faire respecter). Il montre que la déviance est le résultat d’un acte qui suscite une réaction collective et non pas un état.

Principaux ouvrages :

  • Outsiders, 1963
  • Les mondes de l’art, 1982
  • Les ficelles du métiers, 1998 (livre méthodologique)
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