Entrer à l’ENS de Paris-Saclay : vie d’école et débouchés

                Cet article a pour but de présenter la vie étudiante à l’ENS, afin de vous aider à vous projeter au-delà des concours, mais aussi de vous donner un bref aperçu de ce qu’il y a après la première année d’admission. Pour rester motivé, il est important de savoir ce qu’on veut, et d’avoir une idée de pourquoi on le veut ! Etant étudiante à l’ENS de Paris-Saclay, la majeure partie de cet article donne des précisions pour cette école en particulier ; toutefois, aucun doute sur le fait que vous trouverez des informations similaires pour les autres ENS ! Attention cependant aux différentes disciplines, qui ne sont pas enseignées partout (ni de la même manière), voir pour cela l’article précédemment consacré aux modalités d’admission des ENS. Chacune présente également des plaquettes, des listes d’associations et d’anciens élèves, que je vous invite donc à aller regarder !

 

La vie de l’école

             La vie estudiantine à l’ENS vous ouvre à tout ce que ne pouviez pas faire en prépa, faute de temps, de réseau et d’opportunité ; Il va sans dire que cette année 2020/2021 a été un peu moins riche en évènements, Covid oblige (mais aussi déménagement concernant l’ENS de Paris-Saclay, qui était à Cachan avant 2020). Néanmoins, par de multiples moyens tout aussi ingénieux les uns que les autres, la plupart des associations étudiantes de l’ENS ont pu continuer à fonctionner, en s’adaptant au contexte. Voici donc une liste non exhaustive des clubs que vous pouvez y rencontrer :

  • L’éternel Bureau Des Elèves, chargé d’organiser la vie étudiante, à travers les fêtes et autres moments conviviaux (Week-End d’Intégration, accueil des admissibles lors des oraux…). Il est responsable de l’activité des autres clubs. Celui de Paris-Saclay dispose également d’une salle dédiée, appelée la Kokarde, où l’on peut se détendre entre amis, de jour comme en soirée.
  • Un Bureau des Arts, qui s’occupe de la vie culturelle de l’école, organisant des expositions (souvent produites par des normaliens) et ateliers, et concoctant des listes de spectacles, concerts et expositions à aller voir (tout en fournissant pour cela des places à moindre coût). Le BDA organise chaque année un voyage à l’étranger.
  • Un Bureau des Sports, en charge de l’organisation de séances (voire de compétitions et de rencontres) de sport. Il propose de nombreuses activités, dont beaucoup de sports collectifs (rugby, foot…).
  • Une association solidaire à plusieurs volets : collecte de dons reversés à des personnes dans le besoin lors de maraudes (des groupes de volontaires parcourent la ville avec des sacs remplis de denrées qu’ils distribuent, souvent en collaboration avec la Croix-Rouge ou la Communauté Chrétienne de l’ENS) ou de distributions ; organisation de cours de Français Langues Etrangères auprès de migrants ; évènements temporaires de levée de fonds, et bien d’autres.
  • Un club Jeux de Rôles, qui organise régulièrement des sessions de jeu plus ou moins longues, ainsi qu’une Mediatek, qui propose de la location de BD/jeux de société/jeux de rôles et j’en passe à destination des normaliens. On trouve également un club de jeux vidéo.
  • Une association dédiée à la prise de conscience des enjeux environnementaux, par l’organisation de conférences, d’ateliers, mais aussi d’achats groupés de produits éco-responsables.
  • Une Junior Entreprise, c’est-à-dire une association destinée à mettre en contact les étudiants avec des entreprises (privées ou publiques) qui leur proposent des missions, soit de premières expériences professionnalisantes, dans tous types de domaine.

Et bien d’autres, tout aussi passionnants (et passionnés) et spécialisés (photo, musique, théâtre, dégustation…) ! Ces associations s’accompagnent de nombreuses traditions héritées des précédentes promotions, parmi lesquelles des rencontres sportives ou vidéoludiques entre les différentes ENS, mais aussi des défis, des soirées, des campagnes pour élire ceux qui s’occuperont des associations, et du soutien aux agrégatifs ! Vous pouvez vous investir de différentes manières, que ce soit en devenant président(e) d’une association, membre actif, ponctuel ou simple bénéficiaire.

Il faut rajouter à cela les nombreux séminaires organisés tant par les associations que par des intervenants de l’ENS ou extérieurs, mais aussi l’organisation de prix de littérature intra-ENS, de discussion, de forums (à l’image de celui qui sert à présenter les associations en début d’année).

 

Les débouchés

 

  • Les Masters

                    Le Master est le moment où l’on se fixe sur ce que l’on souhaite faire après, notamment car c’est la découverte de ce qu’est réellement la recherche. Tous les Masters de Paris-Saclay gardent, comme en L3, un tronc commun, composé principalement des langues et de la méthodologie de la recherche en sciences sociales.

En économie, vous disposez de deux choix. En premier lieu, le Master of Economics, dirigé par Emmanuelle Taugourdeau, qui propose à la fois des cours théoriques et des cours de maîtrise des outils utilisés par les économistes, comme l’économétrie. On trouve également le Master Economie, Organisation et Société, dirigé par Hugo Harari et Carole Vincensini, qui ouvre aux approches pluri et interdisciplinaires (sociologie, management, histoire…), et se centre sur une vision des approches institutionnalistes.

En histoire, deux possibilités vous sont proposées à l’ENS même. D’abord, le Master d’Histoire Politique des Mondes Contemporains, sous la direction d’Olivier Wieviorka et de Jean Bérard. Cependant, si vous souhaitez faire de l’Histoire antique, médiévale ou moderne, cela n’est pas impossible et nécessite discussion avec les professeurs. De même, si l’Histoire politique n’est a priori pas votre passion, la liberté qui vous est laissée dans le choix de vos séminaires permet de choisir un projet qui ne rentre pas dans ce champ. On compte également le Master Histoire, sociologie et médiation des sciences, orienté vers l’histoire et la sociologie des sciences et techniques, avec une forte composante de recherche sociologique (étude de terrain…), sous la direction de Philippe Fontaine et Virginia Albe.

En sociologie, on trouve un Master de Sociologie contemporaine (Elodie Bethoux) et un Master de Sociologie Quantitative et Démographique (Frédéric Lebaron) ; le premier adopte une approche sociologique assez large, le second se concentre sur les méthodes quantitatives en sociologie). Ils abordent donc chacun des thématiques de cours plutôt différentes.

En management, il n’y a qu’un Master disponible, le Master in Management – Strategy and Organization, qui mobilise des approches disciplinaires et théoriques variées et s’intéresse à toutes les formes organisationnelles, dirigé par Pauline de Becdelièvre.

Pour chacun de ces Masters, il est également possible (et conseillé !) de partir à l’étranger, grâce aux nombreuses conventions signées entre les ENS et les universités étrangères. De plus, si les grandes lignes des Masters ont été présentées ici, il faut garder à l’esprit que le Master est avant tout une année de recherche : les cours et méthodes sont importants, mais leur volume horaire reste assez réduit pour vous permettre d’approfondir votre projet par vous-mêmes !

 

  • Et après ? 

                 Comme dit dans l’article précédent, bien souvent, les normaliens en Sciences Humaines et Sociales s’orientent après leur Master vers une thèse et/ou une agrégation d’Histoire ou de Sciences sociales, afin d’entrer dans le monde de l’enseignement et/ou de la recherche, en France ou à l’étranger. Nombre de professeurs de CPGE sont d’anciens normaliens par exemple, surtout dans les grandes prépas.

Toutefois, il est possible au cours du diplôme de l’ENS de Paris-Saclay de préparer l’entrée à une autre école ou de l’intégrer directement : c’est le cas pour HEC, Sciences Po Paris, mais aussi l’ENA (en supposant que cela soit toujours possible avec le nouvel Institut du Service Public), pour lesquelles une préparation vous est proposée. C’est souvent le parcours des normaliens qui souhaitent intégrer la fonction publique en tant que hauts fonctionnaires, que ce soit dans l’administration centrale ou régionale. De nombreux concours sont ouverts par ce biais-là, comme celui de la Banque de France, de la Sécurité sociale, de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure ou de la direction hospitalière. Les fonctions de conseil et de gouvernance représentent un débouché tout à fait normal après l’ENS.

La plupart des métiers de la diplomatie sont également accessibles au sein du diplôme. Il est par exemple possible de préparer les concours du Quai d’Orsay (le ministère des Affaires Etrangères) et d’envisager, entre autres, une carrière d’ambassadeur. Ces concours recoupent en grande partie ceux de l’ex ENA, il est donc possible de préparer plusieurs de ces concours en même temps.

Par ailleurs, nombre d’alumni ont créé leur propre entreprise après leurs études, même si la plupart d’entre eux sont plutôt issus de la branche (majoritaire) d’ingénierie et de sciences physiques de l’Ecole.

Pour résumer, entrer à l’ENS ne ferme aucune porte, au contraire ! De plus, tout au long de votre L3 et de votre Master, il vous sera fortement recommandé de faire des stages (pédagogiques, en ambassade, en entreprise, dans l’administration publique centrale ou régionale) afin de déterminer ce qui vous attire. Les années passées à l’ENS sont réellement conçues comme des années d’épanouissement, lors desquelles vous pourrez vous chercher, tant sur le plan professionnel que plus personnel !

 

 

Judith Odier

Etudiante à l'ENS Paris-Saclay en Histoire après ma prépa B/L à Saint-Just (Lyon), pour vous servir !

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