Les Enjeux environnementaux en Amérique Latine : défis, coopération et solutions

L’Amérique latine, bien que ne figurant pas parmi les principales émettrices mondiales de gaz à effet de serre, fait face à des défis environnementaux significatifs. Les conséquences des changements climatiques sont particulièrement graves dans certaines zones, avec plus de 250 000 décès attribués aux catastrophes naturelles dans les Caraïbes entre 1950 et 2016, d’après Statista. Ces chiffres alarmants soulèvent la question cruciale des défis auxquels l’Amérique latine est confrontée en matière de changement climatique.

La coopération fragile : un obstacle majeur

L’un des principaux obstacles réside dans le manque de coopération entre les pays de la région. Une illustration frappante de cette réalité est l’absence du Mexique et du Brésil lors du dialogue de haut niveau organisé en septembre 2021 en Argentine, dédié aux questions environnementales. Ces deux pays, contributeurs majeurs aux émissions de gaz à effet de serre et en partie responsables de la déforestation, ont pris la décision de ne pas participer, soulignant ainsi les divergences et les désaccords régionaux.

La fragmentation politique est également préoccupante. Les différents blocs tels que l’ALBA (Alianza Bolivariana para las Américas), l’AILAC (Alianza Independiente de América Latina y del Caribe) et le GRULAC (Grupo de América Latina y del Caribe) témoignent de la difficulté à harmoniser les positions et à parler d’une seule voix. Une coopération plus étroite et une vision commune sont essentielles pour aborder efficacement les défis environnementaux.

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Défis financiers : trouver des solutions durables

Le financement demeure un obstacle majeur dans la lutte contre le changement climatique en Amérique latine. Les coûts estimés entre 1,5 et 5% du PIB annuel de la région, soulignent l’urgence de trouver des solutions financières durables. Les économistes et les scientifiques insistent sur la nécessité de tolérer les dettes souveraines et de rechercher de nouvelles sources de financement pour les actions climatiques.

Il est crucial de noter l’ampleur “del gasto marrón« , à savoir des investissements à forte intensité de gaz à effet de serre. Ces dépenses représentent un quart de plus que les investissements qualifiés de « verts ». Réorienter ces flux financiers vers des projets respectueux de l’environnement est une étape essentielle.

La « salida verde » : un espoir grandissant

La déforestation, en particulier en Amazonie, émerge comme l’un des problèmes les plus urgents. L’ancien président brésilien, Jair Bolsonaro, a négligé les règles de préservation de l’Amazonie. Par conséquent, engager des actions contre la déforestation est apparu nécessaire. D’ailleurs, l’arrivée au pouvoir de Lula avec son projet « Cero deforestación » a offert un espoir de progrès significatifs dans la région.

Il est également nécessaire que la transition énergétique et environnementale se fasse de manière juste. Rappelons que les inégalités sociales et le secteur informel ont une place importante dans la région ; il faut donc en tenir compte. En effet, d’après la banque mondiale, le secteur informel représente environ 60% des activités au Mexique et 25% au Brésil. L’accord d’Escazú de 2021, signé par 24 pays, souligne d’ailleurs la nécessité d’un environnement soutenable pour les générations présentes et futures. Cependant, le risque de populisme, illustré par le rejet de l’autorité scientifique par des figures telles que Bolsonaro, demeure une menace sérieuse.

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Des exemples encourageants : des pays prennent l’initiative

Certains pays en Amérique latine se distinguent par leurs efforts exemplaires en matière environnementale. 

Au Chili, l’environnement est au cœur de la constitution, et le projet « Paso a Paso Chile se Recupera » démontre l’engagement en faveur d’une transition durable. En effet, la nouvelle constitution chilienne vise à promouvoir la justice sociale, l’égalité et la durabilité environnementale en donnant la priorité aux besoins et aux droits de tous les citoyens chiliens, ainsi qu’à la préservation de l’environnement pour les générations futures.

L’Argentine a élaboré le « Plan de Desarrollo Productivo Verde », soulignant son engagement en faveur d’un développement économique respectueux de l’environnement. Ce plan consiste à investir plus de 10 000 millions de pesos à travers différents outils de soutien technique et financier pour plusieurs raisons :  le développement des fournisseurs dans l’économie verte, la promotion des processus de production circulaires et l’adaptation à l’environnement, dans plus de 3 500 entreprises argentines de différents secteurs.

Quant au Costa Rica, il a réussi à décarboniser son économie, créant ainsi des emplois tout en réduisant son impact environnemental. Dans les années 1990, le pays affichait les taux de déforestation les plus élevés au monde. Aujourd’hui, il est l’un des seuls pays au monde à inverser la tendance à la déforestation, à mettre fin à la perte de biodiversité et à augmenter la couverture forestière à plus de la moitié de son territoire.

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Pour finir, l’Uruguay est un exemple en matière de développement durable : ce pays a investi dans des sources d’énergie renouvelable telles que le vent et le soleil. En outre, la politique énergétique de l’Uruguay s’inscrit dans le cadre de l’engagement à contribuer à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le changement climatique. Par conséquent, plus de 94 % de sa production d’électricité provient de sources renouvelables. 

Et aujourd’hui ? quelles sont les potentielles solutions ?

Les enjeux environnementaux en Amérique latine exigent une action concertée, une coopération renforcée et des solutions financières durables. La région doit surmonter les divergences politiques, investir dans des transitions socialement justes, et s’engager résolument vers une économie verte. Les exemples positifs de certains pays indiquent que des progrès significatifs sont possibles. Il est maintenant temps pour l’Amérique latine de transformer ces défis en opportunités, assurant ainsi un avenir plus durable pour la région et la planète. Il est également à noter que les défis concernant la sécheresse s’avèrent de plus en plus urgents…

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Anna Hery

Intégrant le Programme Grande École de SKEMA BS à la rentrée 2023, j’aspire à devenir consultante en stratégie auprès des entreprises de luxe accessible. En effet, étant passionnée par le monde de la mode et du design, j’ai pour ambition de travailler dans l'analyse de marché, le développement de marque et la planification stratégique. La mode et le prêt-à-porter ont toujours captivé mon imagination, puisqu’ils constituent des canaux d'expression de soi et de représentation culturelle: il s'agit de comprendre les histoires et l'héritage tissés dans chaque vêtement et accessoire. En combinant cette passion avec une fascination pour la culture hispanique, j'aspire à insuffler à mes études une véritable appréciation des diverses traditions, de l'art et de la créativité que l'on trouve en Amérique latine et en Espagne.

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