ESHMC ECRICOME 2021 – Analyse du sujet 1

Découvre ici les analyses des sujets tombés au concours ECRICOME 2021 à l’épreuve d’ESHMC. C’est une des épreuves les plus importantes pour les candidats issus de prépas ECE, car elle a un coefficient très important.

POUR VOIR LES SUJETS D’ESHMC CONCOURS ECRICOME 2021

POUR VOIR TOUS LES SUJETS ET LES ANALYSES DU CONCOURS ECRICOME 2021

 

SUJET 1 : La division internationale des processus productifs fragilise-t-elle les économies nationales ?

Ce sujet est un sujet dans l’ère du temps et concerne notamment la souveraineté économique en se demandant si les chaînes de valeur mondiale peuvent fragiliser les économies nationales. Il fallait surtout faire appel au programme de deuxième année sur le commerce internationale mais quelques parties de cours sur le développement ou l’industrie pouvaient s’avérer utile. On vous propose une analyse du sujet et des concepts ci-dessous

Accroche : Article de Combe sur « le mythe du potager ». Redonner un sens véritable à la souveraineté économique” (Le Monde) ; 20/01/2021 ; Emmanuel Combe & Sarah Guillou 


« Le 2ème démon de notre société est le Le simplisme économique : Le risque est ici de réhabiliter les vieilles thèses sur les vertus supposées de l’autarcie et du mercantilisme. L’autarcie repose sur le « mythe du potager » selon lequel tout produire chez soi rendrait indépendant. Paradoxalement, non : si vous faites tout vous-même, vous ne pouvez plus compter que sur vous-même, ce qui peut être problématique si le pays connaît un choc. Diversifier ses approvisionnements à l’étranger peut être un choix plus sécurisant. Par ailleurs, tout faire soi-même est impossible aujourd’hui et entraînerait un coût exorbitant pour le pays. Quant au mercantilisme, qui stigmatise les importations, il repose sur un contresens économique majeur. Importer n’est pas en soi un problème et présente même de multiples avantages : cela permet par exemple de tirer parti des chaînes de valeur mondiale. De même, importer conditionne directement les performances à l’exportation de nos entreprises. Acheter à l’étranger permet enfin d’exercer le privilège de l’acheteur, c’est-à-dire celui de pouvoir choisir ses fournisseurs. »

 

DIPP : Concept de LASSUDRIE-DUCHENE : Phénomène qui consiste à décomposer, en plusieurs étapes, la production d’un bien ou d’un produit dans plusieurs pays différents.

Économies nationales : Ensemble des résidents sur un territoire. On pourrait aussi réfléchir à une fragilisation potentielle de la puissance des économies nationales. On pouvait en outre se demander si « Nationales » est à entendre comme politique ou purement économique ? 

Problématique : 

  • Faut-il reformer notre division internationale du processus productif ?
  • Les économies nationales ont-elles intérêt à continuer à diviser le processus de production au niveau mondial ?  

 

I/La DIPP permet aux économies de réaliser des gains à l’échange en s’insérant dans le commerce international :

  1. Les PED peuvent se développer en utilisant la DIPP :

Akamatsu avec sa théorie du vol d’oies sauvages. Rostow take-off : « Les 5 étapes de la croissance : un manifeste anti-communiste » (1961). Insertion dans les échanges avec retombées positives sur le territoire (Balassa-Samuelson). Exemple de la Chine.

  1. Des gains certains à l’échange pour les pays et leurs consommateurs grâce à la DIPP :

Avantage comparatif (Ricardo) + Avantage absolu (Smith) + Théorème HOS (Samuelson) ; Hausse du surplus du consommateur (MARSHALL) permis par les économies d’échelles réalisées grâce à la DIPP : insérer le schéma des surplus (une baisse de prix augmente le surplus du consommateur).  Enfin c’est un moyen pour les PDEM de garder les spécialités les plus enrichissantes (Courbe du sourire).

 

II/Toutefois, elle fragilise les économies nationales en ne soutenant pas l’activité territoriale :

  1. La DIPP a cependant l’inconvénient d’accroitre la dépendance des pays :

Dépendance, surtout des économies développées, exemple du cas covid vaccins et masques (relaté par Combe dans son dans « Les voies étroites d’une politique de souveraineté »). 0 approvisionnement. Le discours d’Emmanuel Macron en mars dernier pendant le premier confinement illustre aussi cette trop forte dépendance. Ainsi les PDEM sont plus dépendants car les industries se trouvent chez les PED (rapport Aglietta). Du côté des PED, il peut y avoir un risque de spécialisation régressive (Graham) et de dégradation des termes de l’échange (Prebisch) car la Mondialisation peut être envisagée comme du néocolonialisme (Amin dans « L’échange inégal »)

  1. La contrainte d’être dans la DIPP pour augmenter la croissance est en réalité néfaste :

Il y a une compétitivité excessive pour essayer de capter le plus possible de croissance dans cette DIPP. Ce qui mène certains pays à développer des politiques néomercantilistes de dévaluation interne (Allemagne avec les Lois Hartz IV). On rentre ici dans la théorie pop du commerce international de Krugman. Tout cela pèse sur la croissance car pour être plus compétitif on n’hésite pas à raboter la place de l’État dans l’économie ce qui peut être néfaste. Gordon dans « is US economic growth over » montre que la mondialisation peut expliquer (en partie seulement) la stagnation séculaire. 


III/Doit-on en finir avec cette DIPP ? :

  1. La peur de la DIPP résulte souvent d’idées reçues :

 Non les industries françaises ne délocalisent pas massivement vers les PED, la DIPP n’est pas responsable de cela chiffres du CEPII dans « l’économie mondiale 2020 » (3% des industries françaises seulement délocalisent des activités). 

Ainsi la peur de la DIPP se fonde sur une certaine construction médiatique (Champagne, « La construction médiatique des malaises sociaux ») qui véhicule l’idée via les médias que la DIPP est dangereuse pour la France (et les PDEM) car les entreprises délocalisent tout vers les PED. 

Comme le dit Combe, cet argument se fonde aussi sur le mythe du potager qui est un argument fallacieux. Cependant cela amène les économies nationales à vouloir relocaliser et arrêter avec cette DIPP (trilemme de Rodrik).

  1. La DIPP peut profiter à tous si elle est régulée :

La DIPP actuelle fait perdre la vraie caractéristique du commerce : la paix (Montesquieu). Avec l’apparition des multiples guerres commerciales liées à la DIPP, on perd le côté pacificateur du commerce. Ainsi il faut une réforme et s’interroger sur le rôle des institutions du commerce internationale tel que l’OMC. Cependant on ne semble pas aller vers un recul puisque l’UE essaie de s’insérer d’une nouvelle manière dans la DIPP avec sa production de semi-conducteurs…

 

POUR VOIR L’ANALYSE DU SUJET 2 D’ESHMC CONCOURS ECRICOME 2021

Léo Bedenc

J’ai intégré emlyon business school après avoir effectué une prépa ECE à Bordeaux, étant passionné d’économie, j’interviens principalement dans cette matière.

Vous pourriez aussi aimer