Les États-Unis au XXème siècle, la montée en puissance (2/3)

Dans la première partie de cet article, nous avons vu le début de l’ascension américaine depuis le 19èmesiècle. Dans cet article, nous verrons les étapes suivantes de la montée en puissance des États-Unis.

 

La crise de 1929 : le retour d’un isolationnisme fort des États-Unis

Le 24 octobre 1929, c’est le krach boursier à New York. Ce krach entraine la faillite de nombreuses banques et entreprises américaines mais aussi celle de plusieurs millions de particuliers. Cette crise d’abord financière s’étend dans tous les domaines économiques des États-Unis. Ainsi la crise d’abord financière puis économique devient également une crise sociale avec la montée du chômage dans le pays. En 1933, le chômage dans la population active est à 24,9% alors qu’il était à 9% en 1930. 

 

Lire plus : Les différentes origines de la crise de 1929 selon les courants économiques

 

Cette crise qui est d’abord américaine s’étend au reste de la planète. Étant donné la dépendance des Européens à l’économie américaine, les difficultés économiques américaines ont entrainé un retrait des capitaux américains pour récupérer des liquidités et donc des difficultés économiques dans les différentes économies européennes et du monde. 

Cette crise économique mondiale, au lieu d’entrainer une concertation internationale menée par les États-Unis pour trouver une solution à la crise au contraire entraîner un fort isolationnisme américain. Le 20 juin 1932, les États-Unis mettent en place le moratoire Hoover. Unilatéralement, les États-Unis décident de suspendre le paiement des dettes intergouvernementales pendant 1 an pour laisser les économies nationales respirer. Si cette décision est prise à cause par inquiétude de la situation économique en Europe, le fait que les États-Unis prennent cette décision seule montre un manque d’échange avec les États européens.

En juin 1933, 66 États se réunissent pour la conférence de Londres. Cette conférence a pour espoir de trouver une solution internationale pour faire face à la dépression. Cependant, cette conférence est un échec. En effet, les États-Unis préfèrent continuer de dévaluer le dollar américain pour trouver des débouchés aux produits américains. Cette prise de décision du président Roosevelt montre l’isolationnisme américain.

Les États-Unis parviennent à sortir de la crise avec le New Deal mais ils le font en s’isolant du reste de la géopolitique mondiale.

 

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De la Seconde guerre mondiale à la fin de la Guerre Froide : la superpuissance américaine

Au commencement de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ne s’impliquent pas directement dans la guerre. Cependant, les États-Unis aident la Grande-Bretagne. En mars 1941, les États-Unis lancent la loi prêt-bail ce qui permet aux Britanniques d’acheter des armes pour la guerre. En août 1941, le Président Franklin D. Roosevelt et Winston Churchill se retrouvent et signent la Charte de l’Atlantique. Cette charte a pour but d’imaginer le monde d’après-guerre et évoque déjà le projet des Nations Unies.

Suite à l’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, les États-Unis entrent officiellement dans la Seconde guerre mondiale. Ils jouent un rôle clé dans la libération de la France et la victoire des Britanniques et de l’URSS contre l’Allemagne nazie. Durant la guerre, les États-Unis affirment leur rôle dans la résolution du conflit. Les États-Unis sont au cœur de la conférence de Yalta et de Potsdam avec le Royaume-Uni et l’URSS pour parler de la fin du conflit. Leur présence affirme déjà un rôle prépondérant des États-Unis dans la nouvelle géopolitique mondiale.

En plus de leur aide cruciale pour la victoire, les États-Unis affirment leur supériorité militaire avec la bombe nucléaire révélée lors de l’attaque d’Hiroshima le 6 août 1945.

A la sortie de la guerre, les États-Unis continuent d’affirmer leur place de première puissance mondiale. Ils sont en effet leader de la construction d’un nouvel ordre géopolitique mondiale. En juillet 1944 c’est la signature des accords de Bretton Woods permettant de dessiner le nouvel ordre financier mondial et menant à la création du FMI et de la BIRD. La place des États-Unis en tant que première puissance dans ce nouvel ordre est alors clairement visible. En effet, le nouveau système financier mondial repose sur le dollar américain. Ils sont également au cœur de la signature de la charte des Nation Unies menant à la création de l’ONU le 26 juin 1945. Cette place au cœur du nouvel ordre mondial basée sur les idéaux américains des 14 points de Wilson affirme la première puissance américaine à la sortie de la guerre.

Durant la Guerre froide, la seule superpuissance capable de rivaliser avec les États-Unis est l’URSS. L’ordre mondial de la Guerre froide est régi par ces deux puissances. Cependant, il faut remarquer que l’ordre géopolitique mondiale est construit en fonction des idéaux libéraux américains. C’est également le cas du système financier. Les pays communistes peuvent certes faire le choix de ne pas entrer dans les accords de Bretton Woods mais beaucoup font partie de l’ONU construite selon l’idéologie occidentale.

Les États-Unis sont l’une des deux superpuissances qui régissent la géopolitique mondiale et sont le leader du bloc occidental durant la Guerre froide. A la sortie de la Seconde guerre mondiale, ils détiennent les ¾ du stock mondial d’or et ont le pouvoir de sauver ou de couler économiquement des pays. Durant la Guerre froide, leur appui économique mais aussi stratégique est essentiel pour préserver la stabilité de certains États. Nous pouvons penser au plan Marshall lancé en 1947 pour aider les pays européens après la guerre. Les États-Unis sont également intervenus en Amérique latine. Ils ont par exemple formé les forces armées du Guatemala de 1967 à 1969. Ils ont également soutenu le gouvernement du Salvador entre 1980 et 1990.

 

Pour conclure, durant la Guerre froide, les États-Unis sont une superpuissance, leader du bloc occidental, première puissance économique mondiale et leader du nouvel ordre géopolitique mondial. Le nouvel ordre financier mondial est aussi construit autour du libéralisme américain.

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