Les évènements qui pourraient affoler la bourse en 2024

Malgré les inquiétudes qui ont émergé fin 2022 quant au contexte macroéconomique global, les marchés d’actions ont affiché de bonnes performances en 2023 : d’après Les Echos, le Dow Jones a augmenté de 14%, le CAC 40 de 16% et le DAX, marché allemand, de 20%.

Dans cet article, nous te proposons d’examiner les principaux facteurs de mouvement sur les marchés financiers en 2024. Qu’ils soient catalyseurs de croissance ou au contraire porteurs de risque, les paramètres que nous allons aborder seront avec certitude des objets d’intérêt majeur pour l’ensemble des investisseurs et analystes financiers.

 

La révolution technologique continue de gonfler les marchés

Principal paramètre responsable de la hausse des marchés en 2023, la révolution technologique, portée par de nouveaux secteurs remplis de potentialités, continue de soutenir les marchés en 2024. Nvidia, fabricant de puces électroniques essentielles au développement des IA génératives, poursuit son ascension fulgurante après que son action ait augmenté de 240% l’an dernier. D’après Bloomberg, l’action de Nvidia est montée de 90% au premier trimestre 2024, portée par des revenus en nette progression (+265% au dernier trimestre 2023). En guise de comparaison, le S&P 500, indice boursier qui réplique la performance des 500 plus grosses valorisations américaines, a progressé de 10.7% sur la même période. Quant aux actions de Meta et Microsoft, très dynamiques dans le secteur de l’IA générative, elles ont augmenté respectivement de 43% et 14.6%.

Le marché est demandeur d’innovation et il le fait savoir, entretenant des valorisations XXL, parfois jugées excessives par certains analystes. Une chose est sûre, les investisseurs s’arrachent les titres des entreprises les plus innovantes dans les secteurs de l’IA ou encore de la biotechnologie, et aucun renversement de cette tendance ne semble à prévoir pour le moment.   

 

Le probable desserrement de la contrainte monétaire annonce le retour des beaux jours pour les investisseurs

Alors que l’inflation ralentit un peu partout dans le monde, nombreux sont les indices laissant présager la fin du cycle haussier des taux d’intérêt entamé il y a un peu plus de deux ans. Le 21 mars dernier, la banque centrale suisse a ouvert la marche avec une première baisse de ses taux directeurs. La même chose est à présent attendue de la part des grandes banques centrales occidentales, qui devraient prochainement emboîter le pas sur leur homologue helvète. Nombre d’analystes misent sur le mois de juin comme date de retournement des politiques monétaires.

En effet, la Fed n’a pas modifié ses taux lors de sa réunion monétaire en mars dernier. Ceux-ci gravitent depuis juillet dernier entre 5.25% et 5.50%, la fourchette la plus élevée depuis deux décennies. Pourtant, si nous nous en tenons à l’indice CME, qui mesure les anticipations des investisseurs, les marchés prévoient une première baisse d’un quart de point dès le mois de juin, et deux baisses successives de même ampleur lors de la fin d’année.

En zone euro, Christine Lagarde, bien consciente du risque que représenterait un relâchement trop tardif de sa politique monétaire pour l’économie européenne, a laissé entendre que le revirement tant attendu par les marchés pourrait avoir lieu au mois de juin. Le taux sur les dépôts, taux plancher de la BCE, est pour l’heure maintenu à 4%, son plus haut niveau historique, depuis octobre 2023.

Enfin, la Banque d’Angleterre ne devrait pas faire dans l’originalité. Après 14 hausses consécutives de son taux directeur, qui a atteint 5.25% en septembre 2023, son niveau le plus élevé depuis 2008, celui-ci devrait connaître sa première baisse au mois de juin prochain. Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, a insisté sur la nécessité d’être patient et de ne pas mettre fin trop tôt à la politique anti-inflationniste.

 

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La multiplication des tensions géopolitiques risque de nuire aux marchés

L’incertitude quant à la résolution des conflits actuels ainsi que la réémergence de zones de tension dans diverses parties du globe laisse planer une atmosphère pesante dans le monde des affaires. Bien sûr, la guerre en Ukraine, dont l’issue tarde à se laisser entrevoir, ternissait déjà le climat économique global en 2022 et 2023. La résurgence du conflit israélo-palestinien le 7 octobre dernier est venue s’ajouter aux nombreux conflits déjà en cours. Sa potentielle généralisation au Moyen-Orient inquiète les investisseurs, et à juste titre : les attaques houthistes perpétuées contre les navires occidentaux en Mer Rouge, par où transite 12% des flux commerciaux mondiaux, ont déjà considérablement ralenti le commerce mondial.

Par ailleurs, le réveil de certaines zones de tension de l’échiquier mondial fait planner le doute. Nous pouvons notamment citer l’hostilité du Parti Communiste Chinois envers le nouveau gouvernement taiwanais, les tensions politiques et géopolitiques en Afrique de l’Ouest ou encore les revendications territoriales vénézuéliennes en Guyana.

 

Les élections américaines seront suivies de près par les marchés

Enfin, l’élection présidentielle aux Etats-Unis sera, comme à son habitude, suivie de près par les places boursières, tant son issue influe sur le contexte géopolitique et économique mondial.

Entre l’allègement probable des politiques fiscales et environnementales, le possible retour des hostilités commerciales avec la Chine et l’Union Européenne, ou encore l’inflexion attendue dans le soutien financier et militaire à l’Ukraine, un hypothétique retour de Donald Trump à la Maison Blanche pourrait avoir un impact significatif sur le monde des affaires.

Il est très probable qu’au cours de la période électorale, les marchés évoluent au rythme des intentions de vote, comme cela avait été le cas en 2020. Des sondages favorables à Donald Trump devraient par exemple renforcer l’attractivité de secteurs comme les énergies fossiles ou l’aérospatial. Au contraire, une victoire annoncée de Joe Biden enverrait un signal positif aux investisseurs dans les énergies renouvelables puisque ce dernier multiplie les incitations économiques à l’adoption de ces nouvelles solutions.

 

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