Exceller en Culture Générale : les conseils des jurys

Exceller en Culture Générale : les conseils des jurys

 

La lecture de rapports de jury est un outil extrêmement stratégique pour performer au concours en culture générale. En effet, quoi de mieux pour comprendre les attendus des correcteurs que lire ce qu’ils préconisent eux-mêmes dans les rapports ? Ces derniers ressassent de manière récurrente certains écueils dans lesquels les candidats tombent chaque année. De plus, les conseils donnés année après année dans ces rapports sont souvent les mêmes. Nous allons donc ici voir les grands axes qu’offrent les rapports de jury depuis de nombreuses années. Notons que beaucoup de ces conseils se retrouvent dans l’analyse des bonnes copies qui sera faite dans quelques jours seulement sur Mister Prépa. Cela montre bien le lien de causalité qui existe entre les très bonnes copies et les rapports de jury ! Alors, convaincus ?

 

I) L’analyse des termes du sujet

a) Il faut faire attention aux mots que l’on emploie dans la dissertation. Il ne faut pas prendre un mot pour un autre (c’est-à-dire penser qu’un mot, parce qu’il a un sens proche d’un autre, signifie la même chose), au risque de faire une dissertation qui ne traiterait qu’une partie du problème posé. Il faut se dire qu’aucun mot dans le sujet n’est là par hasard, et donc il faut s’efforcer de faire, au brouillon, une analyse précise des mots en question. Cela signifie donc ne pas donner un sens direct et hâtif aux différents mots, même les plus simples.

b) Il faut également s’interroger sur le sens même du sujet, sur sa formulation propre, sur les liens qu’il y a entre les mots, car cela peut révéler des paradoxes, des incohérences, peut-être même des absurdités. Cela constitue le cœur du(des) problème(s) du sujet, qu’il faut donc questionner.

c) Les copies valorisées sont les copies qui s’attardent à bien travailler sur le thème secondaire. En effet, même si l’on a travaillé sur un thème toute l’année, le jour J il faut savoir le penser avec un (ou des) autre(s) terme(s) secondaire(s). Ce travail est très distinguant car il montre une capacité de l’étudiant à se détacher du cours, et du « facile », pour entamer un véritable travail de réflexion personnelle (dans le sujet « Le plaisir de penser », l’analyse du terme « penser » était aussi importante que celui du terme de l’année, « plaisir »). De fait, il faut faire un effort de discussion du sujet, de confrontation des approches, qui est très valorisé.

 

II) Logique de la pensée, forme de l’argumentation

a) Dans les sujets de culture générale, il est intéressant de se demander les enjeux que le sujet soulève. Cela implique de se demander ce qu’il y a à gagner ou à perdre en se posant la question, et en y répondant. Les enjeux peuvent aussi bien être sociaux, que ontologiques, métaphysiques, politiques etc…

b) Il est parfois utile de s’interroger sur le sens premier du sujet (tel qu’il nous apparaît), afin de se poser des questions pertinentes. En effet, certains sujets semblent à première vue aller de soi dans l’esprit commun (par exemple « Le plaisir de penser », pour lequel nous pourrions partir du postulat qu’il ne peut y avoir de déplaisir à penser). Pourtant, se demander comment le sujet pourrait être remis en cause, et ce que cela implique, permet de relever des paradoxes permettant une approche nouvelle du sujet. Par rapport à ce sujet-là par exemple, on pouvait se demander ce qui nous fait dire que penser est un plaisir. De quoi part-on pour dire ça ? Ce présupposé ne peut-il pas être interrogé ? Remis en cause ? Autant de questions qui pouvaient faire émerger certains paradoxes centraux, et qui permettaient de ne pas prendre « le plaisir de penser » comme acquis tout au long de la dissertation.

c) Une problématisation acceptable n’est pas seulement une reformulation du sujet. Ce qui est attendu, c’est une mise en évidence des tensions qui sont inhérentes au sujet, dans la manière dont il est posé. De fait, peu importe le sujet (qu’il soit ouvert, fermé, précis ou plus large, difficile ou facile a priori), il y a nécessairement des nœuds qui résident dans le sujet, et qui font que l’on ne peut se contenter d’une réponse immédiate.

d) Il est chaque année, et dans tous les rapports, reproché aux candidats d’oublier, au fil de la dissertation, les différentes distinctions conceptuelles qu’ils ont effectuées dans l’introduction. Il faut alors toujours avoir ce souci de progresser dans les idées en opérant les distinctions évoquées au préalable, en ayant en tête le ou les différent(s) paradoxe(s) posés en introduction.

e) Les meilleures copies cherchent toujours à repenser les termes du sujet, même ceux qui semblent acquis (comme le terme principal de l’année, ou alors des termes anodins). De fait, cela permet de ne pas prendre le sujet comme une évidence, mais de s’en étonner, tout au long de l’argumentation : que se passe-t-il si je définis tel mot différemment ? Est-ce que cela modifie la réponse que l’on peut apporter au sujet ? Est-ce que cela fait évoluer ma réflexion dans une autre direction ?

 

III) Utilisation des références et rapport aux connaissances du cours

a) La plupart des références (classiques et attendues tout du moins) seront connues des candidats. Ainsi, pour se différencier aux yeux du correcteur, il faut montrer que la référence que l’on a choisie pour tel ou tel argument prend véritablement place dans notre réflexion, qu’elle n’est pas là par hasard. Il faut montrer qu’une référence sert de point d’appui à notre argument, et aussi qu’elle nous permet d’aller plus loin dans la réflexion, dans le questionnement du sujet, et dans la remise en cause de ce qui semblait acquis.

b) Les copies valorisées sont les copies qui ne tentent pas d’exposer des tonnes de connaissance, mais qui prennent le temps d’exposer précisément leurs arguments, soutenus par des références lucidement choisies en fonction de ces arguments.

c) Une référence doit être analysée et commentée de manière à faire comprendre au correcteur que l’on connait cette œuvre, que son analyse implique quelque chose par rapport au sujet (ancrage), et donc qu’elle a sa place dans l’argumentation.

Pour conclure sur cette analyse des rapports de jury, il n’est pas nécessaire de vouloir atteindre la perfection, mais il faut montrer au correcteur qu’on a fait les efforts de prendre en compte et de comprendre les attendus de la dissertation de culture générale. Cela ne pourra être que valorisé. Cette analyse des rapports de jury est un condensé de ce qui se dit dans ceux-ci. Néanmoins, elle ne dispense pas d’aller jeter un coup d’œil aux rapports entiers, lesquels offrent souvent des analyses précises du sujet de l’année, ce qui peut également être très pertinent dans une logique de travail personnel sur un sujet.

Arthur Costa

Ancien étudiant ECE désormais à l'EDHEC Business School, j'écris des articles dans mes matières de prédilection pour vous aider tout au long de vos années prépa !

Vous pourriez aussi aimer