Faut-il cuber en prépa HEC en 2021 ?

Alors même que vous venez de découvrir vos résultats d’admission à l’issue d’une année qui a pu être longue et éprouvante en raison de la crise sanitaire, certains déçus de leur résultat se demandent : et si j’avais pu faire mieux ? Il est vrai que cette année a demandé à certains de modifier leur habitude de travail en raison des bibliothèques qui ont longtemps fermé et des couvres feux qui ont imposé le travail à la maison.

 

Quelles raisons peuvent pousser à cuber en prépa HEC ?

De nombreuses causes peuvent pousser à cuber comme un potentiel qui s’est révélé trop tard laissant ainsi des regrets, des épreuves totalement ratées alors qu’elles constituaient le point fort d’un étudiant, des oraux foirés ayant fait perdre de nombreuses admissions au candidat. Souvent par manque de maturité (non au sens péjoratif du terme), des candidats n’ont pu révéler au bout des deux ans de classe préparatoire tout leur potentiel et ont besoin d’une année supplémentaire pour se découvrir. Enfin à partir des concours 2022, des écoles ont partagé des nouvelles mesures pour les cubes et les boursiers pouvant freiner certains de cuber et d’autres au contraire les motiver. En effet, certaines écoles mettront des pénalités aux cubes non boursiers à l’oral tandis que d’autre écoles permettront à des cubes boursiers d’être admissibles même en ayant un peu moins que la barre d’admissibilité (une sorte de repêchage).

 

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Quelles sont les choses à savoir avant de cuber ?  

Il est primordial de savoir que la cube n’est pas sans risques, que des candidats se retrouvent chaque année avec la même école qu’ils avaient obtenue au bout des deux ans de prépa. Avant de cuber il faut donc faire un bilan de soimême :

  • Avez-vous réellement la motivation de faire une année supplémentaire ?
  • Avez-vous les moyens financiers pour un logement, les frais de vie, frais de concours, tour de France ou les frais de scolarité (cas prépa payante) ?
  • Êtes-vous solide mentalement et physiquement pour une année supplémentaire
  • Avez-vous encore une marge de progression ?
  • Pouvez-vous capitaliser sur vos points forts tout en résorbant vos lacunes sur vos points faibles ?
  • Quel contexte vous serait le plus favorable pour une cube ?
  • Au vu de mes résultats, est-ce risqué ou rentable ? 
  • N’hésitez pas à demander à vos professeurs, ce sont souvent ceux qui vous connaissent le mieux et qui seront les plus qualifiés pour vous conseiller.

Cuber, c’est aussi savoir se fixer un objectif : essayer de viser une ou deux écoles à décrocher en particulier. L’année de cube peut être éprouvante sur le plan psychologique, lorsqu’on voit ses anciens camarades « s’éclater » en école, il faut donc bien s’entourer et surtout vous accorder des moments de repos qui vous permettront de travailler plus efficacement encore, car oui, il ne faut pas culpabiliser, vous aurez l’avantage de mieux connaitre la route vers les concours pour l’avoir déjà vécu.

 

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Y’a t-il un profil spécifique pour cuber ?

Comme déjà dit plus haut, l’année de cube peut constituer un risque car il faut savoir définir les matières où l’on a un axe de progression. Il est souvent bien plus facile pour un étudiant de progresser en mathématiques qu’en langues où les bases comptent beaucoup. Toutefois, il n’y a pas de vérité générale, il est possible de progresser dans toutes les matières en adoptant les bonnes méthodes de travail. Outre l’aspect académique, l’aspect psychologique est tout aussi important, l’année de cube est une année de sacrifices qui peut être dure mentalement donc si vous êtes de nature stressée, pas sûr que cette année de cube soit une bonne idée. Enfin, avant de cuber il faut savoir ce qui vous correspond le mieux : changer de prépa ou au contraire rester dans votre zone de confort, avoir une classe de cube ou pas…

 

Cuber dans quelle prépa ? 

Il y a globalement trois cas de figures : 

  • Cuber dans une prépa spécifique avec une classe de cube 
  • Cuber dans une prépa différente 
  • Cuber au sein de son établissement

1) Changer de prépa et aller dans une classe de cube

Antoine (St Jean de Douai puis ESSEC BS)

J’ai choisi de cuber a la suite du Sigem ! J’ai démissionné de toutes les écoles où j’étais admissible sauf une (Audencia) que je n’ai pas eue. Cette décision de ne retenir qu’une seule école ou de cuber m’a aussi été permise par le fait que j’avais eu deux notes extrêmement décevantes (en geopo et en LV1, donc deux gros coeffs).

Aussi j’ai décidé de cuber à Saint Jean de Douai et de partir de Kléber, parce qu’on m’avait parlé de leur excellent prof de géopo qui permet de décoller dans cette matière (pour mon cas c’était passer de 6/20 ESCP 7/20 ESSEC 10,5/20 ecricome à 14/20 ESCP 15/20 ESSEC 19/20 ecricome). Pour cuber, je pense sincèrement que le mieux n’est pas de conserver sa zone de confort (j’ai pour ma part fait ma première coloc à 400km de chez moi) mais de choisir la prépa qui nous permettra au mieux de réussir dans les matières qui nous ont déçus.”

 

Corentin Barczyk (St Jean de Douai puis Grenoble EM)

“Après 2 ans de prépa à Stanislas (Cannes), je n’ai pas obtenu le top 3 que je désirais à l’époque. J’ai été admis à GEM, Audencia et Skema mais j’ai valeureusement décidé de khuber car 1) j’adorais la prépa 2) je savais que je pouvais faire mieux. Gros point fort en Maths mais je n’avais eu que 12 en éco, 10 en philo et moins de 8 en langues. 3) j’avais pris un engagement avec moi-même disant que Top 5 je ne cubais pas mais Top 10… oui, sinon j’aurais eu des regrets J’ai khubé à Saint Jean de Douai. Super année, toujours dans le haut du classement avec un pic au dernier concours blanc où j’ai fait 6ème sur 280 (oui c’est une grosse prépa) soit top 2%. 

Historiquement, entre 5 et 10% de Saint Jean part à HEC, j’étais bien. Les résultats tombent : 620ème à HEC (pas d’oraux merci COVID) mais pas d’admissions dans le Top 5 (à 3 places de l’EDHEC…). Admis à GEM, Audencia et Skema. Aie, un an de khube pour rien. Qu’est ce qui s’est passé ? Manque de réussite ou de chance sur les épreuves à dissertation. J’ai réussi pas mal d’épreuves mais pas forément les bonnes à chaque fois. J’ai donc intégré GEM à la rentrée. J’étais la dernière personne qui voulait aller dans une école qui n’est pas dans le top 3. Finalement j’ai passé une excellente année, j’ai été stimulé et épanoui à GEM et en particulier dans sa Junior Entreprise ! Je n’ai pas regretté d’avoir khuber même si les résultats n’ont pas été au rendez-vous.. Pour réussir aux concours, il y a une part de travail, de compétences mais aussi de chance.”

 

2) Changer de prépa et aller dans une prépa publique

Cheick (Lycée Henri IV puis HEC Paris)

“Pour ma part, j’ai cubé pour deux raisons principales. Premièrement, une grande frustration à l’issue des écrits, en ratant les admissibilités de HEC et l’ESSEC de peu. Deuxièmement, j’ai analysé mon profil, très solide en mathématiques et en économie (deux matières assez fiables), avec des perspectives d’amélioration en culture générale et en anglais, et j’ai jugé qu’il présentait peu de risques aux concours. 

 

Ensuite, j’ai changé de prépa en cube pour accéder à une classe plus stimulante, apprendre de nouvelles méthodes avec un corps enseignant différent et changer d’air. 

Et enfin, l’année de cube m’a permis de prendre de la hauteur par rapport aux attentes du concours, d’améliorer mon niveau dans les matières où j’étais moins bon et d’arriver plus serein aux concours.”

 

3) Rester dans sa prépa pour l’année de cube

Daphné (Sainte Marie Grand Lebrun puis EDHEC BS)

Après avoir passé les concours l’année dernière, j’ai obtenu GEM / Skema, 2 très bonnes écoles mais j’ai choisi de refaire une année car je n’étais que partiellement satisfaite des résultats. En outre, après mes 2 années de classe préparatoire, je n’étais pas fatiguée et au vu de mes résultats, je savais que j’avais une belle marge de progression (j’avais obtenu 4 en philo et 6 en ESH ESCP, 2 beaux accidents, donc je savais que je ne pouvais pas faire pire et des matières comme les mathématiques ou les langues, j’étais déjà à un bon niveau et je savais que je ne pouvais que progresser, ça a d’ailleurs été le cas). J’ai choisi pour mon année de cube de rester dans un milieu qui m’était familier, j’ai donc réalisé ma 3e année dans le même établissement que mes 2 premières années de prepa. Je savais que c’était surtout moralement et physiquement (fatigue) que cette année allait être éprouvante. je suis donc restée à Sainte Marie Grand Lebrun sur Bordeaux proche de ma famille et avec des professeurs particulièrement bienveillants et attentionnés. 

J’ai cubé avec 3 très bons potes, ce qui m’a aussi permis de rester motivée toute l’année. L’entraide nous a permis de tous bien vivre cette année. L’année de cube, bien qu’elle ait été éprouvante au niveau de la fatigue, m’a permis de réaliser mon rêve : intégrer le top 5 (EDHEC). Dans la mesure où je suis particulièrement intéressée par le secteur du conseil, je pense que grâce à cette année je pourrais accéder beaucoup plus facilement au métier qui me fait rêver.

 

Youssef (La Nativité puis ESCP BS)

Lorsque je suis arrivé en prépa j’avais déjà en tête de viser le top 5. J’avais certaines facilités en CG et en ESH. En deuxième année je travaillais vraiment pas mal, mais l’erreur que j’ai faite, c’est de surtout bosser la CG et l’ESH, mes points forts, au détriment des langues et des maths que j’ai travaillées trop tard. Aux concours je suis tombé sur des thèmes que je ne maitrisais pas à 100 % j’avais donc un peu de regrets. A l’issue du concours je n’étais admissible que jusqu’à Skema BS mais je sentais que j’avais encore de la marge, j’ai donc décidé de cuber dans ma prépa pour des raisons logistiques, financières et je connaissais déjà bien mes profs. Ils m’ont bien orienté pour travailler mes points faibles et me donnaient des sujets en plus. Je trouve que lorsque les profs nous connaissent déjà, on progresse plus facilement car ils ciblent plus facilement nos axes de progression.

Iyad Ben Abdelatif

Elève à GEM j'ai à coeur d'aider les élèves de prépa du mieux que je peux !

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