La mort de l’homo economicus, Peter Fleming (fiche de lecture)

Cette fiche de lecture du livre : la mort de l’homo economicus, travail, dette et mythe de l’accumulation sans fin (2017) commence par une présentation de l’auteur. Peter Fleming est un économiste néo-zélandais. Il se décrit comme un « post-économiste. En résumé il reprend les problématiques économiques une fois qu’elles ont déjà été théorisée et analysée afin d’en faire une critique constructive.

 Il est l’auteur de The Mythology of Work.

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Résumé, (la mort de l’homo economicus)

Peter Fleming, formule une critique sévère de la pensée classique et néoclassique. Une pensée restée intacte même après les dérives du capitalisme, les crises financière et la dépression des années 30 . A travers cet ouvrage, Il cherche à déconstruire les mythes qui l’entourent et à pointer leurs effets dévastateurs. Il écrit autour de deux principes : l’homo economicus, et la théorie du capital humain.

 

La déconstruction de l’homo economicus

Avant propos sur l’homo economicus

Pour lui, « l’homo economicus », l’agent rationnel qui est pourtant aux fondements des modèles classiques et néoclassiques, n’a jamais existé.

Il part de l’hypothèse selon laquelle les gouvernements doivent accorder la priorité aux entreprises et maximiser leur capacité à recruter du personnel. L’application de ce principe implique qu’un plus grand nombre d’individus aient un emploi, même si celui-ci est peu gratifiant et non productif. L’établissement d’une théorie faisant de l’intérêt personnel et du profit la force motrice de l’ensemble des économies nécessite la création d’un personnage mythique et irréaliste : l’homo economicus.

Les salariés ressentent la pression d’un marché du travail concurrentiel. Alors que les PDG profitent de parachutes dorés et que les banquiers sont aidés par le gouvernement.

 

La théorie du capital humain remise en question

Tout au long du livre, il déconstruit aussi la théorie du capital humain. Il met en évidence les applications destructrices des théories économiques, prenant pour exemple l’ubérisation de l’économie. Elle assimile l’individu à une petite société individuelle. Comme son nom l’indique, cette théorie considère la formation et les compétences de chaque individu comme son ‘capital’. Autrement dit, les atouts dont dispose chaque participant à l’économie.

A ce titre, les nouvelles théories de la « share economy » et de la « collaborative economy » fondées sur la pensée du capital humain, sont pour Fleming l’ultime étape de l’atomisation de l’employé.

Finalement, il compare la théorie du capital humain à ‘L’économie de la casse’. Les entreprises et les capitalistes dans leur ensemble font peu de cas de la créativité. Ils cherchent d’autres moyens d’extraire de l’actif en éliminant des concurrents ou via le dépôt agressif de brevets. Au lieu de produire de nouveaux produits ou services, le principe de cette économie consiste à prendre le contrôle d’une entreprise établie puis à l’exploiter au maximum.

Mais l’auteur ne condamne pas son lecteur au pessimisme. Il conseil d’abandonner l’idée de l’« homo economicus », qui voit en chaque personne une micro-entreprise cherchant à maximiser ses intérêts. Il propose de basculer vers l’« homo-politicus », et de restituer du pouvoir décisionnel aux individus.

Fleming veut donc en finir avec l’idée que l’agent économique est une entreprise, recherchant ses propres intérêts. Avant tout, La société doit lancer le débat sur ce qui compte pour les êtres humains et sur la façon dont les travailleurs doivent vivre. L’argent ne représente que le moyen (et non la fin) pour assurer une société saine et une vie décente.

PLAN, (la mort de l’homo economicus)

  1. Psychose de l’argent
  2. Economie de l’épave
  3. Pourquoi Homo Economicus a dû mourir… Encore et encore
  4. Le théâtre de la perte… Travail
  5. La microéconomie (est vraiment) pour les nuls
  6. La Terre tranquille

EXEMPLES (la mort de l’homo economicus)

En Grande-Bretagne, il est de plus en plus difficile pour ‘la génération abandonnée’ d’appartenir à la classe moyenne.

Le maintien ou l’amélioration d’un mode de vie digne de la classe moyenne s’est avéré relativement facile pour les baby-boomers britanniques, qui ont bénéficié d’une éducation gratuite, de nombreux emplois bourgeois et d’un marché du logement avantageux. Pour la génération Y, la richesse et l’héritage de membres de la famille ont leur importance. Les dettes contractées du fait de prêts étudiants, de loyers élevés ou d’hypothèques astronomiques sont monnaie courante. La génération abandonnée se caractérise par un nombre croissant de diplômés et un nombre décroissant d’emplois correspondant à leur formation. Obtenir un emploi dans les secteurs les plus recherchés peut désormais passer par des stages non rémunérés. Les industries attrayantes et rentables ont instauré une culture communément admise de la journée de travail prolongée. De plus en plus de professions de la classe moyenne (professeur d’université, par exemple), souffrent de ces conditions plus précaires.

L’ubérisation

Les pratiques commerciales d’Uber mettent en lumière une tendance qui touche de nombreux emplois. Ce genre de plateformes, que la SiliconValley est en train de créer dans le cadre de la nouvelle économie de partage, peuvent s’avérer néfastes pour ceux qui fournissent des services courants. Offrir un service à moindre coût signifie généralement que la pression concurrentielle pèse sur les revenus des travailleurs.

Au fur et à mesure que l’économie des petits jobs se développe, ‘se faire voler par Uber’ est un concept qui se généralise de plus en plus. Uber applique des idées issues de l’économie comportementale et des Nudges pour obtenir de ses conducteurs qu’ils effectuent davantage d’heures. Par exemple, les responsables insisteront sur la perte de salaire générée en cas de refus d’une course plutôt que sur les gains supplémentaires potentiels.

CITATIONS (la mort de l’homo economicus)

« Aujourd’hui, l’économie fonctionne intrinsèquement dans un monde parallèle, une sorte d’Âge d’Or des nerds, et raconte une histoire qui défie la vie quotidienne des 99 % restants. »

« L’homme économique est une prescription pour ceux qui sont les moins susceptibles de correspondre à ses principes. »

« Les classes moyennes ont été durement touchées depuis que leurs attentes idylliques se sont heurtées à la nouvelle réalité de la puissance économique qui a anéanti les méthodes d’autrefois. »

« L’économie de l’extraction se nourrit opportunément de la population, de l’État, des petites entreprises et de tout ce dont elle pourra s’emparer. »

Martin Guerville

Je m'appelle Martin Guerville, je suis passionné d'économie et j'ai à coeur de transmettre ce savoir aux étudiants de prépa !

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