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Bercy et la Banque de France divergent sur les chiffres de croissance et de chômage

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France croissance chômage

En prévision du budget 2024, le gouvernement a dévoilé ses prévisions de croissance pour l’année à venir. De son côté, la Banque de France a publié ses dernières prévisions.  Dans un contexte économique et géopolitique morose, les prévisions de croissance et de chômage de l’institution monétaire et de Bercy divergent pour 2024.

Pour le budget 2024, Bercy révise à la baisse la croissance

A l’occasion de la publication des nouvelles prévisions de Bercy pour le projet de loi de finances pour 2024, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a expliqué que « la croissance continue à augmenter, c’est la preuve que notre stratégie de politique économique est gagnante. Mais la France est dépendante de lasituation de ses principaux partenaires commerciaux – notamment l’Allemagne et la Chine – qui se dégrade ». En termes comptable, cela signifie que la prévision de croissance pour l’an prochain a été revue à la baisse de +1,6 % à 1,4 %.

Malgré l’actualité récente, notamment au sujet des prix alimentaires et du carburant, le gouvernement continue de voir un net reflux de l’inflation, qui devrait passer de 4,9 % cette année à 2,6 % en 2024 comme prévu. « Nous allons continuer à redoubler d’efforts pour faire refluer l’inflation, et nous allons nous rapprocher de la cible de 2 % qui reste la cible de long terme », a affirmé Bruno Le Maire.

Enfin, les objectifs de déficit public restent les mêmes et ce dernier doit toujours passer de 4,9 % du PIB cette année à 4,4 % l’an prochain, et la dette se maintenir à 109,7 % du PIB. Bercy a aussi maintenu la trajectoire dévoilée au printemps pour le quinquennat, avec un déficit attendu à 2,7 % du PIB à l’horizon 2027 et une dette refluant à 108,1 % du PIB. Rappelons que la hausse des taux d’intérêt reste une épée de Damoclès au-dessus des comptes publics, particulièrement après les décisions de la BCE d’augmenter à nouveau les taux d’intérêt. Effet immédiat, Bercy a revu une nouvelle fois à la hausse ses prévisions de charges d’intérêt, qui pourraient passer de 38,6 milliards en 2023 à 74,4 milliards en 2027.

 

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La Banque de France actualise ses projections macroéconomiques

En dépit des nombreux aléas qui entourent la prévision, le scénario privilégié par la Banque de France est clair : c’est celui de « la désinflation sans rechute de la croissance, ni accélération », a souligné Olivier Garnier, chef économiste de l’institution, qui a aussi revu en hausse de 0,2 point, à 0,9 %, sa projection pour 2023. 

Le communiqué publié par l’institution monétaire indique que « par rapport à notre prévision de juin, nous anticipons une croissance cumulée très proche d’ici 2025, mais avec une séquence modifiée : plus élevée en 2023, suivie par une reprise plus progressive. L’économie française parviendrait donc à sortir progressivement de l’inflation sans récession, même si un contexte international peu favorable pèserait sur la reprise. Pour l’année 2023, portée par une croissance soutenue au premier semestre, notre prévision de croissance du PIB est rehaussée à 0,9 %. Ensuite, la révision à la hausse des prix de l’énergie sur notre horizon de prévision, et surtout celle à la baisse de la demande mondiale adressée à la France, nous conduisent à abaisser légèrement nos prévisions pour les années 2024 (0,9 %) et 2025 (1,3 %). »

Finalement, pour la Banque de France, le ralentissement de la hausse des prix va redonner des marges de manoeuvre aux Français. Après une année de stagnation, les dépenses des ménages, progresseraient nettement de 1,8 % en 2024, puis de +1,5 % en 2025, année où le PIB augmenterait de 1 %. Ce phénomène sera conjugué à une baisse du taux d’épargne, sans toutefois retrouver son niveau pré-covid.

 

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Pour conclure, en termes de prévisions économiques, Bercy et la Banque de France divergent sur les chiffres de croissance et de chômage. De plus, le consensus des économistes est nettement moins optimiste. Aujourd’hui, beaucoup d’experts affichent des prévisions inférieures. La France ne pourra pas compter sur l’environnement international, l’économie chinoise ralentit et l’Allemagne, première puissance de la zone euro, est en difficulté.

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Damien Copitet
Je suis étudiant à SKEMA BS après deux années de classe préparatoire au lycée Gaston Berger (Lille). Nous nous retrouvons toutes les semaines pour l'actualité en bref
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