Free Speech : un plan détaillé pour réussir en colle d’anglais

En 2023, le triste bilan de 65 journalistes tués dans l’exercice de leur métier questionne profondément la pérennité de la liberté d’expression. Cette réalité alarmante soulève des inquiétudes quant aux dangers croissants qui pèsent sur ceux qui œuvrent à informer, invitant à s’interroger sur les menaces pesant sur ce pilier démocratique.

Problématique générale : La liberté d’expression est-elle en danger ?

I- Le bâillon mondial de la liberté d’expression se resserre

A) La montée de l’épithète « Fake New » discrédite le journalisme véridique

  • Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont vu une régression inquiétante quant à la défense de la liberté de la presse. « Fake news » est devenu une épithète que Donald Trump accole à toute histoire défavorable : il a maintenant tweeté l’expression plus de 600 fois. Les États-Unis, qui étaient autrefois un leader mondial dans la défense de la liberté d’expression, se sont retirés de ce rôle : Donald Trump qualifie les informations légitimes de « fake news » et les journalistes « d’ennemis du peuple ». Certes, il ne peut pas censurer les médias en Amérique, mais ses propos contribuent à un climat mondial de mépris pour le journalisme indépendant.
  • Dans les démocraties comme dans les dictatures, il est de plus en plus difficile de s’exprimer. Plus de 40 gouvernements étrangers ont invoqué la notion de « fake news » depuis que Trump l’a légitimée. Cette épithète en est venue à être déployée de manière si effrontée, notamment par des dirigeants autocratiques, pour emprisonner des journalistes et justifier la censure, allant jusqu’à nier des réalités tragiques comme l’internement des Ouïghours en Chine ou les persécutions au Myanmar.

Lire plus : Le fléau des fake news dans la société contemporaine

B) Le politiquement correct menace la liberté d’expression

[Le politiquement correct est apparu à la fin des années 1980. Son nom même est chargé de l’idée que l’expression politiquement correcte est la seule acceptable et que toutes les autres sont fausses. Elle consiste à accepter l’idée que les gens doivent veiller à ne pas utiliser un langage ou se comporter d’une manière qui pourrait offenser les personnes.]

  • Alors que les sociétés se polarisent, la liberté d’expression est menacée. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, des étudiants font taire les orateurs qu’ils jugent racistes ou transphobes (cancel culture). Les radicaux occidentaux tentent souvent de faire taire les opinions opposées, bien que la liberté d’expression soit la pierre angulaire de la démocratie et du progrès.

Lire plus : Cancel culture : la liberté d’expression est-elle en danger ?

II- Comment restaurer la liberté d’expression

A) Le quatrième pouvoir : la presse en tant que contre-pouvoir

  • La liberté de la presse est garantie par le Premier Amendement (1A) de la Constitution. Les journaux sont parfois considérés comme le quatrième pouvoir et le journalisme a souvent conduit à la révélation de scandales. Voici quelques exemples :
  • En 1971, le New York Times a révélé l’histoire des « Pentagon papers », en publiant des documents ayant fait l’objet d’une fuite, qui révélaient que le gouvernement américain avait fait miroiter des progrès idéaux dans la guerre du Vietnam. L‘administration Johnson avait menti au public et au Congrès. Cela a conduit à l’affaire NY Times Co. v. US, dans laquelle la Cour suprême a confirmé la publication des documents au nom du 1A.
  • Le Washington Post a fourni un parfait exemple de journalisme d’investigation lorsque deux de ses journalistes ont révélé le scandale du Watergate (1974), qui a conduit à la démission forcée de Nixon. D’anciens agents du FBI et de la CIA se sont introduits dans les bureaux du parti démocrate quelques mois avant les élections, ont écouté des enregistrements et ont volé des documents secrets. Nixon était impliqué et les a aidés à étouffer l’affaire.
  • Chelsea Manning, une soldate transgenre de l’armée américaine, a été reconnue coupable d’avoir divulgué un vaste ensemble d’informations militaires hautement confidentielles à Wikileaks (2010). Elle a divulgué près de 750 000 documents militaires et diplomatiques classifiés. Elle a été emprisonnée pendant sept ans jusqu’à ce que sa peine soit commuée. Manning a déclaré qu’elle avait choisi de divulguer les dossiers pour des raisons morales.
  • Le scandale Cambridge Analytica : des données personnelles appartenant à des millions d’utilisateurs de Facebook ont été collectées sans leur consentement par la société de conseil Cambridge Analytica, principalement pour être utilisées à des fins de publicité politique. Un ancien employé a divulgué des informations sur l’utilisation abusive des données en 2018, lors d’entretiens avec The Guardian et The New York Times. En réponse, Facebook s’est excusé pour son rôle dans la récolte de données et son PDG a témoigné devant le Congrès. Les autorités ont infligé à Facebook une amende de 5 milliards de dollars.

 

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B) La lutte contre la désinformation et la responsabilité des gouvernements

  • La liberté des médias est essentielle au fonctionnement d’une société saine et la désinformation peut la compromettre. Malheureusement, Internet est devenu un canal mondial de diffusion de fausses informations malveillantes. Il repose sur un modèle commercial dans lequel les informations sur les utilisateurs sont vendues à des annonceurs.
  • Les algorithmes sont conçus pour apprendre ce qui retient l’attention de l’utilisateur, et le big data et l’IA permettent le microciblage, de sorte que les informations que les gens reçoivent se limitent à une bulle de filtre. La désinformation prospère avec l’usage de bots, de deep fakes et la montée des théories du complot comme QAnon.
  • Jusqu’à présent, les gouvernements se sont plus souvent plaints que d’assumer leurs responsabilités en matière de régulation des discours haineux ou de la désinformation. L’inaction des gouvernements a pour conséquence que le pouvoir de contrôle est exercé par des entreprises privées qui sont devenues la police numérique.

 

Conclusion

La liberté d’expression est confrontée à des défis majeurs aujourd’hui, entre la montée de la désinformation, les pressions politiques et sociales. Restaurer cette liberté essentielle nécessite un effort collectif : le journalisme doit jouer son rôle de contre-pouvoir, tandis que les gouvernements doivent assumer leur responsabilité dans la régulation des contenus nuisibles en ligne. Trouver l’équilibre entre préserver cette liberté fondamentale et lutter contre les fléaux contemporains constitue un défi crucial pour une société informée et équilibrée.

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