Géopo ESSEC 2021 – Analyse de sujet

Découvre ici l’analyse du sujet de Géopo ESSEC BS tombé au concours 2021. C’est une épreuve très importante pour les candidats de la filière ECS. 

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Analyse du sujet
Sujet : La maîtrise des espaces communs (maritime, aérien, extra-atmosphérique et numérique), enjeu de puissance par les États depuis 1945.

Le sujet est fortement inspiré d’un des chapitres du livre de Thomas Gomart : L’affolement du monde. 10 enjeux géopolitiques, Tallandier, 2019, le chapitre s’intitule : « La lutte pour le contrôle des espaces communs : mer, air, spatial et numérique ». Heureux à ceux qui ont eu la chance de lire ce livre, dédicace à Madame Fabre et Monsieur Cinq du lycée Masséna. 

 

Accroche : 

Selon l’amiral Raoul Castex, la terre « se contracte et se dilate selon la vitesse et les commodités des engins de transport mis à notre disposition, ses dimensions virtuelles variant en raison inverse de la puissance de ceux-ci. Notre terre fait l’accordéon, au gré des facteurs techniques. » Les espaces communs font face à une forte concurrence car ils sont l’expression d’une forme de puissance.

 

Analyse des termes du sujet : 
  • Espace commun : espace qui n’obéit à aucune souveraineté étatique particulière. Il est à ce titre libre d’usage et hors de tout régime de propriété. Seuls des accords internationaux peuvent fixer les limites de cet usage. Ici comme l’indique les parenthèses cela concerne les espaces communs maritimes, aériens, extra-atmosphérique et numérique. L’espace commun numérique correspond au cyberespace. 
  • Espace : en géographie une portion de la surface terrestre occupée par des populations ou utilisé par ces populations. 
  • Enjeu : Le terme enjeu renvoie aux risques ou aux chances pour les acteurs économiques et politiques, pour des territoires, pour les sociétés. Il désigne ce que les populations, les territoires, les Etats ont à perdre ou à gagner face à un sujet donné.
  • Puissance : « la capacité à imposer ses décisions aux autres. » R. Aron. En spatialisant cette définition pour lui donner une dimension plus géographique, on pourrait définir la puissance comme la capacité d’un territoire à imposer ses décisions aux autres territoires. La puissance combine la capacité de faire (le pouvoir), de ne pas faire (l’indépendance) et à faire faire (l’influence). Joseph Nye distingue le hard power qui relève de la contrainte et renvoie aux moyens traditionnels de toute politique étrangère (armée, diplomatie et économie) et le soft power qui est la capacité d’influencer le comportement de l’autre par des moyens non coercitifs idéologiques ou culturels. Il définit également le smart power qui combine les moyens traditionnels de coercition militaire et économique du hard power et les moyens d’influence du soft power. Joseph Nye rappelle que le soft power s’exprime par trois canaux : la capacité à peser sur l’agenda international (agenda setting), la séduction (attraction) et la co-décision (co-opt)
  • Etat : a été défini par Max Weber comme  «  une communauté humaine qui, dans les limites d’un territoire déterminé – la notion de territoire étant une de ses caractéristiques -, revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime ».Fortement inspiré par ces travaux et par la « sociogenèse de l’Etat » proposée par Norbert Elias., le Nouveau manuel de science politique rappelle que l’histoire de l’Etat se caractérise par une « stabilisation d’un monopole de domination (militaire, financier, symbolique) au profit d’un « centre » qui entend exercer le pouvoir sur une population et sur un territoire ». Pour les géographes et les géopoliticiens, un Etat est à la fois un territoire et l’autorité souveraine s’exerçant sur la population vivant sur ce territoire. Le terme d’Etat peut également se confondre avec ceux, plus concrets, de pays ou de territoire national.
  • Depuis 1945 : fin de la Seconde Guerre mondiale, renouveau de la puissance…

 

Problématique et plan possibles :

Depuis 1945, la maîtrise des espaces communs (maritime, aérien, extra-atmosphérique et numérique), expression de la puissance d’un État, est-elle vouée à une éternelle conflictualité ? 

  1. La maîtrise des espaces communs, expression de la puissance d’un État, génère de nombreux conflits géoéconomiques et géopolitiques.
  2. Ainsi, sur ces espaces hautement puissants, les États essaient de mettre en place des accords pour apaiser les conflits.
  3. Il n’en demeure pas moins que les États tentent plus de conquérir ces espaces qu’à les réguler, pour exprimer leur puissance sur Terre. En revisitant la citation de Mackinder on pourrait arriver à la conclusion « Qui contrôle les espaces communs contrôle l’Heartland. Qui contrôle l’Heartland contrôle l’île monde. Qui contrôle l’île monde contrôle le monde. »

 

Exemples pouvant étayer les parties :
  • Conférence de Montego Bay en 1982 pour la régulation des ZEE et des espaces maritimes internationaux
  • Espaces communs sont indispensables à la communication pour la vie économique : cf blocus du canal de Suez
  • Les espaces communs sont riches en ressources : cf les luttes de ZEE
  • La lutte pour l’espace : cf 1957 lancement du satellite Spoutnik par les Soviétiques : début de la conquête de l’espace
  • Polarisation de l’espace aérien par les grandes puissances : États-Unis, Chine, Russie
  • Lutte pour le cyberespace : cf les différentes attaques russes, exemple : celle sur l’Estonie en 2007. Très belle émission « Prêts pour la cyberguerre ? » des Experts des Dessous des Cartes.
  • Les Etats s’appuient sur des acteurs privés : cf SpaceX

Il y a encore des exemples à foison, mais il ne faut pas oublier que l’exemple doit servir à l’argument, le correcteur veut une copie d’arguments et non d’exemples ! 

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