L’essentiel à savoir sur la globalisation financière

Le but de cet article n’est pas de vous noyer dans une foulée de principes théoriques et d’exemples. Au contraire, vous saurez définir clairement ce que signifie le processus de globalisation financière, l’origine de ce concept, les acteurs majeurs qui participent à cette globalisation ainsi que ses principaux avantages et risques.

Nous apporterons également en fin d’article quelques éclaircissements sur des alternatives permettant de réguler ou du moins limiter l’impact de certains effets délétères de la globalisation financière. 


Qu'est-ce que la globalisation financière ?

Le concept de globalisation financière désigne le processus d’intégration des différents marchés de capitaux et d’ouverture de tous les marchés nationaux à l’international pour donner lieu à un seul marché mondial unique des capitaux.

Outre l’intensification des transferts internationaux d’épargne qui est une des caractéristiques de cette globalisation, on peut ajouter que le phénomène est caractérisé par le triptyque : unité de lieu, de temps et de produits :

  • Unité de lieu : les places financières sont interconnectées les unes aux autres
  • Unité de temps : le marché international des capitaux fonctionne 24h/24
  • Unité de produits : les mêmes produits financiers sont proposés partout.


Quelles sont les origines de la globalisation financière ?

La globalisation financière est la résultante de trois phénomènes :

  1. Les réformes introduites dans le système monétaire et financier international,
  2. Les innovations technologiques,
  3. Les innovations financières :

Ces réformes visant la libéralisation des marchés financiers ont été désignées par le sigle « Trois D » par Henri Bourguinat dans son livre Les Vertiges de la finance internationale.

  • La dérèglementation financière: suppression des règles empêchant la libre circulation des capitaux.
  • La désintermédiation financière: réduction des financements dit « intermédiés ».
  • Le décloisonnement des marchés: suppression de la segmentation des marchés financiers entre marchés de court terme et marchés de long terme.


Quels sont les acteurs de la globalisation financière ?

  • Les firmes multinationales (FMN) : Acteurs majeurs de la globalisation financière, ils réalisent des investissements directs à l’étranger (IDE). Un IDE est une opération par laquelle un investisseur basé dans un pays acquiert un actif dans un autre pays avec l’intention de le gérer sur le long terme.
  • Les investisseurs institutionnels : Ce sont principalement des compagnies d’assurance, des caisses de retraite et des organismes de placement collectif. Ils placent les fonds qu’ils collectent auprès d’une multitude de petits épargnants.
  • Les banques d’investissement : Ils financent la création et le développement de sociétés par le biais de placements à risque. Elles exercent également des activités de conseil en matière de fusion et d’acquisitions d’entreprises.
  • Les Hedge funds : Ce sont des fonds spéculatifs non cotés, à la recherche de profits à court terme. Ils réalisent une multitude d’opérations sur les actifs financiers et les matières premières.
  • Les fonds souverains :  Fonds de placements financiers détenu par un État. Les fonds souverains gèrent l’épargne nationale et l’investissent dans des placements variés.


Quels sont les avantages et les effets attendus de la globalisation financière ?

  • Facteur de croissance économique (surtout pour les pays émergents) : le déplacement du capital vers les pays où celui-ci est rare, favorise leur croissance économique. La globalisation accentue la concurrence entre les banques d’où une amélioration des conditions d’emprunts et de placement pour les agents économiques.
  • Amélioration de la liquidité des marchés : la globalisation permet d’améliorer la liquidité des marchés financiers. Il est devenu plus facile et plus rapide d’acheter ou de vendre des titres financiers à travers le monde.
  • Couverture contre certains risques : la création de produits dérivés permet aux entreprises de se couvrir contre les risques de variation du change, du taux d’intérêt et des fluctuations du cours des matières premières.
  • Diversification des patrimoines : la globalisation financière permet la diversification accrue des actifs internationaux.
  • Meilleure allocation des ressources : le déplacement du capital d’un pays à faible taux de profit vers un pays à taux de profit élevé permet d’optimiser la rentabilité du placement des capitaux à l’échelle du monde.



Quels sont les risques financiers au niveau mondial ?

  • Risque de marché : le risque lié à la variation des cours des titres (vagues de hausse ou de baisse erratiques).
  • Bulles spéculatives : une bulle spéculative est une valorisation des prix des actifs financiers nettement plus élevée que leur valeur réelle.
  • Risque systémique : une crise monétaire d’un pays se répercute rapidement sur l’ensemble de la planète (effet de propagation).
  • L’autonomisation de la finance : les opérations financières sont 40 fois supérieures aux opérations liées à l’achat de biens ou de services. Elles sont de plus en plus liées à la perspective de réalisation de gains spéculatifs. On assiste donc à une déconnexion de la sphère financière vis-à-vis de l’économie réelle.
  • Perte de souveraineté des États : les autorités monétaires ont perdu de leurs pouvoirs au profit d’importants investisseurs privés. Par leurs placements financiers, ces investisseurs influencent les taux d’intérêt et les taux de change.
  • Développement des paradis fiscaux 
  • Risques de solvabilité, de crédit 
  • Risque accru de crises financières : krachs boursiers, crises de change, crises bancaires…

 Voici quelques exemples de crises financières marquantes depuis 1980 :

      •  Crise de la dette des pays en voie de développement de 1982
      • Crise mexicaine de 1984
      • Crise asiatique des années 1990
      • Crise monétaire européenne de 1993
      • Crise asiatique de 1997
      • Bulle Internet des années 2000
      • Crise argentine de 2001
      • Crise des Subprimes de 2007-2008
      • Crise de la dette grecque en 2009


Alternatives pour réguler le système financier

  • Améliorer la transparence de l’information concernant les marchés financiers et entreprises pour réduire les risques d’aléa moral et d’asymétries d’information.
  • Taxer les mouvements de capitaux (ex : taxe Tobin) afin de limiter la spéculation
  • Augmenter les contrôles et durcir les sanctions venant des autorités chargées de réguler les marchés (ex : AMF en France, SEC aux USA)
  • Fixer des règles prudentielles pour mieux surveiller le système bancaire et financier
  • Donner davantage de pouvoir et de moyen aux organismes internationaux (BCE, FMI, BRI…)
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