L’obésité aux Etats-Unis décryptée par Jane E.Brody pour The New York Times

Half of US face Obesity dire projections show

Jane E.Brody, The New York Times, 10 Février 2020

 

Repères :

En 2016, 40% des Américains de plus de 20 ans étaient en situation d’obésité (augmentation de 6pts par rapport à 2007). La même année, 7,7% souffraient d’obésité sévère (contre 5,7% en 2007). Le Mississippi est pour le moment l’Etat le plus touché.

Chez les jeunes, l’obésité est en stagnation autour de 18%. Toutefois, une donnée reste inquiétante : chez les enfants de 2 à 5 ans, 10% étaient obèses en 2007 tandis qu’ils sont 14% en 2016.

Ces chiffres interrogent sur le mode de vie des Américains et sur leurs habitudes alimentaires. Les ventes de fast-food ont augmenté de près de 23% sur la période (2007-2016).

A l’échelle mondiale, 650 millions de personnes (13% de la population mondiale) étaient obèses en 2016, soit trois fois plus qu’en 1975. L’OMS parle de la première épidémie non infectieuse de l’Histoire.

Les récentes études menées sur le COVID-19 ont montré que les personnes obèses sont plus sujettes à un développement de forme grave de la maladie. Cette donnée pourrait rendre d’autant plus difficile la lutte contre le virus aux Etats-Unis où on estime qu’il devrait causer entre 100 000 et 1 million de morts.

Vocabulaire :

To foster : favoriser                                                                     To thwart : contrecarrer

Shortsighted : bigleux, manque de perspicacité                        To forecast : prévoir

Résumé de l’article :

Une récente étude a révélé qu’en 2030 un Américain sur deux souffrira d’obésité et qu’un Américain sur quatre sera sujet à de l’obésité sévère. Un constat au moins aussi inquiétant que le changement climatique, tant en termes de santé publique que d’économie.

Aucun Etat n’aura un taux d’obésité inférieur à 35% et 29 Etats verront même plus de 50% de leur population concernée. Ils se sont également intéressés au profil des personnes qui seront les plus impactées. Ainsi, l’obésité sévère deviendra la catégorie de poids la plus représentée parmi les femmes, les « personnes noires non-hispaniques », les « personnes à revenus faibles ».

Alors que les conséquences d’une telle expansion de l’obésité seront dramatiques, l’étude critique l’immobilisme des pouvoirs publics quant à la question aux Etats-Unis, faisant un parallèle avec les politiques climatiques. Quelques tentatives existent bien mais elles sont entravées par les lobbies de l’industrie alimentaire. Ainsi, beaucoup de projets de taxe sur les boissons sucrées ont été abandonnés. Pour les opposants à ces mesures, elles seraient « répressives » et pénaliseraient en particulier « les personnes aux revenus les plus faibles ». Néanmoins, d’après Zachary J.Ward, professeur spécialiste de santé publique à Harvard, un tel argument est fumeux. En effet, une telle mesure entraînerait certes une baisse du pouvoir d’achat des ménages quant à ces produits spécifiques, mais elle serait compensée par une baisse des dépenses de santé. Philadelphie en est un exemple probant : une taxe de 1.5 centimes par once (environ 30g) a permis de voir la consommation de sodas réduite de 38%.

Sara Bleich, collègue de Zachary J.Ward, explique cependant que de telles mesures, même prises à l’échelle fédérale, ne seraient pas suffisantes. Il s’agit plutôt de prendre des mesures qui transforment durablement les habitudes alimentaires et l’environnement de la population pour inverser la tendance.

La piste de la génétique peut être écartée : des études montrent que les Américains sont loin d’avoir toujours été si touchés par l’obésité. Depuis 1990, la part de personnes obèses a doublé dans le pays. C’est donc bien l’environnement des Américains qui doit changer. Z.J.Ward souligne en effet que la nourriture est très facile d’accès et peu chère grâce aux applications telles que Uber Eats. Il constate aussi que le snacking est une habitude de plus en plus répandue. Aussi, nos aliments sont-ils de plus en plus transformés alors qu’il a été prouvé que leurs importants apports en sucres et en graisses étaient un facteur d’obésité.

D’après Z.J.Ward, il est urgent d’agir pour inverser la tendance sinon l’obésité deviendra la nouvelle norme. Même s’il rappelle qu’il n’existe pas « une » solution miraculeuse, un bon point de départ serait selon lui la taxe sur les sodas car ils font ingérer des calories sans en avoir réellement conscience. Il précise aussi qu’il faut se méfier des sodas « zéro-calorie » ou « allégés ». 

Un levier d’action important pourrait être dans les restaurants, à l’heure où un tiers des repas sont consommés à l’extérieur, qui pourraient progressivement modifier leurs menus afin de faire du plat sain, la norme. Ils pourraient entamer une réduction de proportions qui sont souvent bien trop importantes et attirent en particulier les personnes aux revenus les plus faibles. Enfin, une autre piste d’action serait de rapprocher la lutte contre l’obésité de la lutte contre le changement climatique, en s’attaquant par exemple à la consommation de viande.

Il n’en demeure pas moins que l’axe principal reste la prévention. Elle aurait ainsi permis de stabiliser, voire de réduire pour certaines tranches d’âge, l’obésité chez les jeunes.

Alexandra POMMIER

Après 2 ans de prépa ECE, j'ai intégré l'ESSEC, où je suis cette année en Pré-Master. Je me charge du pôle anglais sur Mister Prépa. Let's move forward guys !

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