Histoire des partis aux États-Unis (2/4)

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Le 6 janvier 2021, le Congrès était sur le point d’entériner la victoire de Joe Biden aux dernières élections présidentielles. Séance tenante, des manifestants ont envahi le Capitole en soutien au président sortant Donald Trump. Alors que ce délire durait depuis quelques heures déjà, il s’est contenté de dire : « Rentrez chez vous, nous vous aimons, vous êtes très spéciaux ». Du jamais vu ! Dionysos au saint des saints de la démocratie américaine, salué par Penthée lui-même ! Il y a plus de 150 ans, les Républicains prenaient les armes pour défendre le fédéralisme, la république et ses institutions. Est-il seulement croyable que nous ayons vu des supporters républicains arborer le drapeau confédéré ? Quelle cruauté que Lincoln, à l’autre bout du National Mall, depuis son siège de marbre, fut forcé d’assister à ce sinistre spectacle…

            Qu’est-il arrivé au parti républicain ? Lui qui, jadis, approuvait la tranquillité et le conservatisme d’un Coolidge, il a élu Donald Trump, un populiste, aussi malhonnête qu’imprévisible. Revenons ensemble sur ce qu’était ce parti de sa création à son déclin dans les années 1930. Parallèlement, nous suivrons l’évolution des Démocrates. Après la guerre, le Sud s’enlise alors dans un horizon d’idée immobile, hanté par la question de la race, réticent aux changements. Pourtant, le pays est alors en pleine mutation. Selon l’économiste Walt Withman Rostow, dans Les étapes de la croissance économique, les États-Unis ont effectué leur take-off (1845-60) et entrent dans une phase de maturité. Au tournant des années 1870, le pays entre dans « l’époque dorée ». C’est une époque de capitalisme effréné, de développement rapide, sans réel encadrement de l’État, fait de violences et d’inégalités saisissantes. Le parti républicain, auréolé de sa victoire, impose d’abord ses vues. Puis, le parti mute progressivement, à mesure que les radicaux perdent en influence. Mais qui étaient ces Républicains de la première heure ? Que sont devenus les Démocrates après la défaite ? Quelles trajectoires ces partis prennent-ils ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre dans ce deuxième article sur l’Histoire des partis aux États-Unis.

« Leur langage est violent, mais leur marche est timide est incertaine. De là vient que quand un temps de calme succède à une révolution violente, les grands hommes semblent disparaître tout à coup et les âmes se refermer en elles-mêmes »

Alexis de Toqueville, De la démocratie en Amérique.

II – De 1860 à 1932 : Nature du parti démocrate et du parti républicain

A – À l’origine du parti républicain : les abolitionnistes et les « free soilers »

            Le 30 mai 1854 sont créés les États du Kansas et du Nebraska. Depuis près d’un demi-siècle, les États-Unis s’étendent à l’Ouest. Une question demeure: comment ces nouveaux États doivent-ils se positionner vis-à-vis de l’esclavage ? La classe politique est divisée sur la question. La plupart des Démocrates, favorables aux intèrêts des exploitants agricoles du Sud, souhaitent étendre l’esclavage aux nouveaux États à l’Ouest. Depuis la toute fin du XVIIIème siècle, la production de coton des États du Sud s’est considérablement accrue. Cependant, sa culture épuise le sol, donc les exploitants recherchent de nouvelles terres. D’autres Démocrates, tels que Stephen Arnold Douglas, adoptent une position plus modérée face à la levée de bouclier que suscite l’expansion de l’esclavage chez le parti whig (cf. article 1). On les appellent les « free soilers » ; ils souhaitent donner le choix de la légalisation aux États, selon le principe de souveraineté populaire. Mais cette opinion est également partagée par des membres du parti whig, dont Abraham Lincoln. Les free soilers l’emportent : la loi Kansas-Nebraska de 1854 donne à ces deux États le choix de légaliser ou d’interdire l’esclavage. Cette bataille politique, qui révèle l’antagonisme croissant entre le Nord et le Sud, quelques années seulement avant la guerre de sécession, est loin d’être anecdotique. En effet, c’est dans l’opposition à cette loi que naît le parti républicain. Ainsi, les premières pierres du parti sont posées par des abolitionnistes (1).

            La question de l’extension de l’esclavage aux nouveaux territoires à l’Ouest régit la dynamique des partis aux États-Unis du début du siècle à 1860, point culminant d’une opposition plus latente que celle du Nord contre le Sud, des abolitionistes contre les esclavagistes. Il s’agit en outre du républicanisme, de la prééminence des institutions, de la morale et du conservatisme religieux, du capitalisme industriel et moderne, de la richesse organisée, de l’intérêt supérieur de la nation et du protectionnisme, contre le despotisme des esclavagistes, l’aristocratie foncière et la concentration des pouvoirs, le libre-échange, l’individu comme valeur suprême.

            On fait alors une découverte tout à fait surprenante, froide mais vraie : Abraham Lincoln et ses confrères républicains – à l’exception notable des radicaux – n’étaient pas contre l’esclavage en lui-même, et encore moins pour l’émancipation des Noirs. « Je n’ai jamais été en faveur de l’égalité politique et sociale de la race noire et de la race blanche » aurait-il déclaré lors d’un débat. Mais, s’arrêter à cette observation ne nous serait d’aucun intérêt. Il faut prendre conscience que ce que chérissent réellement les Républicains, c’est l’Union ! Un pouvoir fort et institutionnel, « une nation unie sous l’autorité de Dieu, indivisible », comme diront tous les présidents à partir de 1942, lors du serment d’allégeance au drapeau des Etats-Unis. C’est en ce sens qu’Abraham Lincoln prononçait son célèbre discours «  A divided House » en 1858 : « Une maison divisée contre elle-même ne peut pas tenir debout. Je ne m’attends pas à ce que l’Union soit dissoute – je ne m’attends pas à ce que la maison tombe – mais je m’attends à ce qu’elle cesse d’être divisée. Elle deviendra une chose ou l’autre ». En 1862, au National Intelligencer de Washington, il livre : « Mon objectif suprême dans ce conflit est de sauver l’Union et il ne vise ni à sauver, ni à détruire l’esclavage ». Mais la même année, le président républicain se rallie définitivement à l’abolition de l’esclavage que soutiennent déjà beaucoup de ses confrères, les Républicains radicaux ; la proclamation d’émancipation est publiée. Conquis par cette promesse de liberté, les esclaves affranchis, près de 200 000, gagnent alors les rangs de l’Union. La promesse est tenue, puisqu’aussitôt la guerre achevée, le XIIIème amendement est voté : il acte l’abolition de l’esclavage en 1865.

B – Domination des Républicains radicaux et réactions des Démocrates du Sud

            La victoire du Nord face au Sud signe aussi celle du parti républicain contre le parti démocrate. En somme, le parti whig est voué à disparaître et le parti démocrate est écarté. La domination des Républicains s’étend jusqu’en 1932 – date à laquelle Franklin Delano Roosevelt est élu président. À l’ascension du parti républicain correspond d’abord la descente aux enfers du parti démocrate. En effet, après la mort de Lincoln en 1865, les radicaux ne tardent pas à s’emparer du pouvoir. Animés par une certaine volonté de coercition des États confédérés, ils les privent de droit de vote dès 1865.

            Dans ce contexte, les Républicains radicaux gouvernent pleinement. Ils signent le XIVème amendement en 1868, puis le XVème amendement en 1870. Le premier accorde la citoyenneté à toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et le second garantit le droit de vote à tous les citoyens américains. Mais il faut, aussi, voir le bénéfice politique que cette extension du droit de vote apportait aux Républicains. En effet, le parti était jusque là quasi-absent du paysage politique des États du Sud. C’était ainsi une façon de reconquérir les urnes des États du Sud. Il suffit de voir comment cela a été reçu parmi les populations blanches de ces États pour s’en apercevoir. Déjà en 1865, le XIIIème amendement suscite une réaction immédiate de celles-ci avec la création du Ku Klux Klan. Car « à la fin de la guerre de Sécession, les planteurs sudistes n’ont pas changé de vision du monde, ils ont juste perdu la guerre » résume Nicole Bacharan. La défaite, l’abolition de l’esclavage, la citoyenneté suivie du droit de vote, le tout en cinq ans seulement! Ces avancées alimentent le ressentiment des “Blancs” du Sud à l’encontre des “Noirs”. Si bien qu’aussitôt leurs droits civiques retrouvés et les troupes fédérales rapatriées, en 1872, la progression du statut de la population noire s’infléchit. Bientôt, en 1877, les Démocrates ayant repris le contrôle des États du Sud, votent les lois ségrégationnistes « Jim Crow » – en vigueur jusqu’en 1964. Ces lois instaurent la séparation des “Blancs” et des “Noirs” dans les lieux publics : les toilettes, les piscines, les bus, etc. Parallèlement, les « carpetbaggers » – des citoyens du Nord – et les « scalawags » – des citoyens du Sud qui collaborent avec le Nord – sont persécutés par les populations locales.

C – Évolutions et ambiguïtés des Démocrates du Sud après la guerre

            Pendant la “Reconstruction”, les Républicains ont tenté d’affaiblir les Démocrates et de conquérir les États du Sud. Ils n’y sont pas parvenus. Bien au contraire, le parti démocrate jouit désormais du soutien indéfectible de l’électorat du Sud. Et comme souvent, les hommes se sentent d’une même appartenance face à un ennemi commun. L’adversaire n’est pas le parti républicain, trop inexistant dans ces États. Il s’agit du “Noir”, jadis esclave, désormais leur égal – en droits, du moins. Par un accord tacite, ils font front commun. Pourtant, cette union regroupe différentes classes sociales. En effet,  les inégalités de richesse subsistent au sein de la population blanche. Elles se sont mêmes accrues : une poignée de la population s’est considérablement enrichie depuis la fin de la guerre. Parallèlement, une population blanche, pauvre et nombreuse demeure. Mais, la question de la race, omniprésente, stérilise le débat politique, observe l’historien André Siegfried (2). Néanmoins, il est étonnant de voir que les plus défavorisés ne s’en plaignent pas. À l’inverse, elles sont le fer de lance de cette mécanique, car : “le pauvre blanc est le défenseur le plus intransigeant des droits et privilèges de sa race. S’il y laissait porter la moindre atteinte, c’est lui qui, socialement, en serait la première victime” écrit l’auteur en 1929 dans Les États-Unis d’aujourd’hui. Il est intéressant de s’aperçevoir que son propos trouve une résonnance dans l’actualité. Mais réservons-nous cela pour plus tard. Car, nous le voyons, la société du Sud a évolué ; quelles sont les raisons de cela ?

            À bien des égards cependant, le Sud demeure ce qu’il était. En effet, la plupart de ses habitants sont ruraux, anglo-écossais – hormis quelques Espagnols et Français -, protestants et sont attachés aux droits des États. Cela étant dit, nous l’évoquions : une classe prospère et conservatrice s’est formée, grâce au développement de l’industrie sucrière ou textile, par exemple. Naturellement, le Sud devient alors moins hostile au protectionnisme. Moins hostile, car ces nantis sauvent les apparences, par attachement aux valeurs jeffersoniennes, soit-disant. Or, rappelons-le, Thomas Jefferson défendait les petits exploitants agricoles et l’égalité sociale. Cette aristocratie est également puritaine, pour la prohibition, craintive des étrangers, du catholicisme, angoissée par le communisme. “Avouons-le, ces intransigeants Démocrates sont devenus Républicains” s’amuse André Siegfried. Mais il faut pourtant prendre ceci au pied de la lettre : ces Démocrates soutiennent leur parti aux élections locales – “union sacrée” oblige -, puis votent républicain à l’échelle fédérale par pragmatisme. Là réside toute la subtilité de ce “Solid South”! Le parti démocrate ne conquiert pas la Maison Blanche avant 1884.

            Le démocrate Grover Cleveland est élu président en 1884 ; il est le chef de file de ceux que l’on nomme “Démocrates Bourbons”. En référence au whisky du Sud ou à la dynastie française, leurs détracteurs moquent leur conservatisme. “Laisser-faire, laisser passer” est leur mantra. Ils rappellent ainsi les physiocrates – menés par François Quenay, médecin de Louis XV – contre les mercantilistes. En outre, ils s’opposent au protectionnisme et aux dépenses de l’État. “Si le peuple soutient le gouvernement, le gouvernement ne doit pas soutenir le peuple. L’aide fédérale encourage les gens à compter sur leur gouvernement au détriment du maintien de leur force de caractère” explique-t-il. Nous le verrons, il n’est pas anodin que ce discours soit tinté de ressemblance avec celui des néo-libéraux républicains des années 1970-80.

D – Les Démocrates du Nord-Est : l’autre maison démocrate

            Revenons aux élections de 1884. Grover Cleveland ne fait pas l’unanimité au sein du parti démocrate. En effet, il met un certain temps à décrocher le soutien de …“Tammany Hall”. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler ; c’est presque une institution ! Corruption, fraudes, meurtres, etc. Cette organisation affiliée au parti démocrate règne sur la ville de New-York de la seconde moitié du XIXème siècle aux années 1930. Sa plus célèbre figure est William Tweed, dit “Boss Tweed” ou tout bonnement “The Boss”. Mais Tammany Hall n’est pas que cela ; l’organisation est au coeur de la vie de milliers de new-yorkais, les immigrés d’origine européenne notamment. “Donne-moi tes pauvres, tes exténués, tes masses innombrables aspirant à vivre libres, le rebus de tes rivages surpeuplés, envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte, je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or!” écrivait Emma Lazarus dans “Le Nouveau Colosse”. Et bien, Tammany Hall est en quelque sorte cette « porte d’or ».

            Les Démocrates du Nord-Est sont en effet, pour beaucoup, des immigrés d’origine européenne : des Irlandais surtout, mais aussi des Allemands et des Italiens. “Je n’ai connu Dublin qu’après le pays des Yankees ; c’était du déjà vu”, plaisante André Siegfried. Ils sont catholiques, mais aussi contre la prohibition. Fraîchement débarqués, ils forment le “petit peuple” des grandes villes de la côte Est. La plupart des hommes sont ouvriers, certains syndicalistes. Ainsi formée, la culture démocrate est empreinte d’un caractère d’opposition, analyse l’auteur. “Vous avez un gouvernement ici? Et bien je suis contre!” caricature-t-il. Ces Démocrates s’unissent contre l’assimilation et la précarité. Ce parti ne prétend ainsi pas à l’échelon fédéral ; il est plutôt celui qui défend les intérêts de la communauté locale opprimée. “Le parti démocrate a traditionnelement assumé, auprès d’eux, le rôle d’ami et de champion des déracinés(Ibid.).

            Le parti démocrate est une maison divisée, pourraît-on dire en paraphrasant Lincoln. En effet, il apparaît que les Démocrates du Sud n’ont de commun avec ceux du Nord que le nom. On peut ainsi filer la métaphore : “elle (la maison) deviendra une chose ou l’autre”. Regardez la répartition des États lors des dernières élections présidentielles, vous touchez la réponse… Ménageons encore un peu le suspens pour ce qui est de l’avenir du parti démocrate. L’analyse que nous avons mené jusque-là nous permet de comprendre en partie pourquoi ce parti ne peut durablement gouverner le pays. C’est un parti d’opposition, des “Blancs” contre les “Noirs”, des protestants contre les catholiques, des conservateurs contre les progressistes pour les uns, de la misère contre l’opulence, de la multi-ethnicité contre l’assimilation pour les autres. C’est là leur point commun.

William Tweed et ses protégés face à un lecteur républicain du New York Times, par  Thomas Nast.

E – Domination des Républicains et prospérité des États-Unis

             À l’inverse, le parti républicain assure la continuité. En fait, entre 1865 et 1932, les États-Unis n’ont eu que trois présidents démocrates. Presque à chaque fois, l’élection du candidat démocrate est concomitante d’une division du camp républicain. En 1884, une partie des Républicains, les “Mugwumps” – dont Théodore Roosevelt -, désapprouve leur candidat James Blaine, qu’ils jugent corrompu, et offrent leurs voix à Grover Cleveland. En 1912, à nouveau, les rivalités internes au parti républicain permettent au démocrate Woodrow Wilson d’être élu. En effet, Théodore Roosevelt quitte les Républicains pour se présenter contre le président républicain sortant William Howard Taft. Pourtant, c’est Roosevelt qui a porté Taft au pouvoir en 1907. Ce dernier devait poursuivre l’oeuvre de son prédecesseur, avant qu’il ne se rapproche des conservateurs du parti sur la fin de son mandat. Théodore Roosevelt est l’une des principales figures de “l’ère progressiste(1890-1920). Après les errements de “la période dorée”, que les photos de Jacob Riis des bidonvilles de New-York illustrent, les aspirations au progrès social se font sentir : mettre fin à la corruption et aux violences, réduire les écarts de richesse, lutter contre la concentration, etc. Mais, comme l’historien David Huyssen le montre, dans Progressive Inequality, cette époque que l’on compare souvent à la notre, est fantasmée. Car les inégalités sociales demeurent – et n’ont cessées de croître -, tout comme le travail des enfants. Mais revenons-en à notre propos : de la fin de la guerre de Sécession à la Grande Dépression des années 1930, le parti républicain domine l’échiquier politique.

Photographie de Jacob Riis, How the other half lives, 1890.

            Outre le fait que le parti ait été dopé par sa victoire au sortir de la guerre, sa domination semble intimement liée à la relative prospérité que connaît le pays. “Le char de l’État roule mieux sur des pneux républicains” dit-on à l’époque. Et cela, rien ne l’illustre mieux que les “Roaring Twenties” qui font se succéder trois présidents républicains : Harding, Coolidge et Hoover. Entre 1919 et 1929, les États-Unis affichent une croissance insolente de 4,2% du PIB. Le pari en bourse se démocratise, de même que la voiture et les appareils électro-ménagers. Mais, la réalité économique est moins rose : la consommation est largement dopée par le crédit, de même que la spéculation boursière. De nombreuses terres sont hypothéquées et les surplus de productions agricoles sont rachetés par les administrations locales. Après le “jeudi noir”, le 24 octobre 1929, le foxtrot et le Charleston laissent placent aux « danses de la faim », aux files d’attentes. Banquiers, courtiers, traders, investisseurs sautent des toits des immeubles… Mais Hoover ne fait rien, convaincu que “la prospérité est au coin de la rue”. Il ne tarde pas à se faire appeler “Mister Do Nothing”, dans le petit peuple des bidonvilles, les “Hoovervilles”. Ce séisme économique engendre l’effondrement du parti républicain et le renouveau de la maison démocrate …

Wall Street, 1929. 

  1. L’opposition que suscite l’extension de l’esclavage n’est pas nouvelle ; elle surgit dès les premiers élargissements du territoire des États-Unis. Jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, ce territoire ne s’étend guère plus loin que la vallée du Mississippi. Au-delà, les empires coloniaux français et espagnol se répartissent les terres. Mais, en 1803, Napoléon vend la Louisiane française – un territoire d’environ 2 millions de km2, bien plus large que l’actuel État de Louisiane – aux États-Unis. Sur ces vastes terres, la création de l’État du Missouri en 1819 ouvre la boîte de Pandore. Les abolitionnistes et les esclavagistes arrivent finalement à un accord, connu sous le nom de « compromis du Missouri », en vertu duquel l’esclavage est autorisé dans le Missouri, mais ne pourra être étendu au-delà du 36° 30’ parallèle. Alors que les États-Unis sortent gagnants de la guerre contre le Mexique, l’inimitié ressurgit avec la signature du traité de Guadaloupe-Hidalgo en 1848, qui étend considérablement le territoire national aux terres que recouvrent actuellement les États du Texas, du Nouveau Mexique, de l’Arizona, de la Californie, du Nevada, de l’Utah, ainsi qu’une partie du Colorado. À nouveau : que faire ? Selon le « compromis de 1850 », les États du Sud acceptent que la Californie interdise l’esclavage, à condition que les États du Nord leur renvoient les esclaves en fuite.
  2. André Siegfried est un sociologue, historien et géographe français, né en 1875. Il enseigne à l’École libre des Sciences Politiques (devenue Institut d’Etude Politique de Paris) et au Collège de France. En 1944, il est élu à l’Académie française. Il décède en 1945. De son œuvre importante, on retiendra notamment : L’Angleterre d’aujourd’hui, Les États-Unis d’aujourd’hui, Tableaux des partis en France, L’Amérique latine, Qu’est-ce que l’Amérique ?, L’Âme des peuples.
Ethan Joubioux

Rédacteur chez Mister Prépa, étudiant en pré-master à Audencia et ancien élève de prépa ECS au Lycée Saint-Vincent à Rennes. J'interviendrai notamment en géopolitique.

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