La folle histoire de la mondialisation: ce qu’il faut retenir #1

La célèbre bande dessinée d’Isabelle Bensidoun et Sébastien Jean est destinée à expliquer la naissance et le fonctionnement de la mondialisation. Cette fiche de lecture vous sera ainsi utile pour compléter vos références et devenir incollable sur un sujet d’une telle importance en ESH. 

Lire plus: Les références incontournables sur la mondialisation

 

La mondialisation favorise-t-elle la croissance ?

Nous attendons du commerce qu’il nous enrichisse collectivement, avec par exemple la spécialisation selon les avantages comparatifs de Ricardo dès 1817. De plus, un autre avantage du commerce sont les économies d’échelle (produire en grande quantité permet le plus souvent de baisser le coût de chaque unité produite). Enfin, l’ouverture commerciale encourage la concurrence (efforts d’innovation et différentiation).

Mais l’ouverture ne doit pas être inconditionnelle. Elle dépend du contexte et des autres politiques qui l’accompagne. Il faut en particulier, un Etat très actif. 

Attention cependant, toutes les économies avancées sont très imbriquées dans la mondialisation. Ainsi il y a un manque d’outils de comparaison. Impossible donc de savoir précisément quel est l’effet de la mondialisation sur la croissance française.

 

La mondialisation fait-elle davantage de perdants que de gagnants ?

L’intensification du commerce avec les pays émergents a certes, fait baisser les prix, mais elle a aussi détruit des emplois et tiré les salaires vers le bas.

Selon les défenseurs de la mondialisation, ceux qui ont perdu leurs emplois en retrouveront un dans un secteur que la mondialisation dynamise. En réalité, les emplois créés sont souvent très différents et ne se situent pas dans la même région. 

Peut-on donc compenser les perdants par les gagnants ? La fiscalité ne joue pas en cette faveur. Entre 1990s et 2008 elle augmentait pour la classe moyenne, mais diminuait pour les 1% des plus riches. Cependant elle a le mérite de diminuer les inégalités après redistribution.

 

Faut-il relocaliser la production ?

Les dépendances aux médicaments mais aussi aux infrastructures numériques inquiètent.

Pourtant, relocaliser en France la fabrication de produits pour lesquels on ne dispose d’aucun avantage par rapport à des pays où la main d’oeuvre est moins chère, serait une erreur. A moins qu’ils soient largement subventionnés,  mais cela représenterait un risque pour les secteurs qui ne le sont pas. 

Les seules productions encore possibles dans l’hexagone sont le textile. En particulier les vêtements haut de gamme, qui n’entrent pas en concurrence avec les productions chinoises, vietnamiennes et philippines. 

Cependant, même en ré-industrialisant certaines productions, les effets sur l’emplois sont modérés. En effet, les entreprises ont tendance à automatiser pour économiser les coûts de main d’oeuvre. A titre d’exemple, Kushmi Tea s’est relocalisé du Maroc au Havre s’est équipé de robots japonais d’ensachage de thé.

 

La mondialisation est-elle compatible avec l’environnement ?

L’empreinte carbone de la France provient pour environ la moitié des produits importés principalement de l’Union Européenne et de l’Asie. Cependant est-ce que si l’on produisait ce que l’on importe cela polluerait moins? 

En réalité ce n’est pas certain car la façon dont on produit compte bien plus dans le bilan des émissions que le transport.

Pour évaluer l’influence de l’ouverture commerciale sur l’ouverture il faut prendre en compte trois aspects:

  • L’effet d’échelle: est-ce que cela fait augmenter la production et la consommation ?

Oui: la croissance rapide des pays émergents a fortement augmenté les émissions mondiales. Au niveau individuel, la lutte contre le changement climatique appelle à la sobriété surtout pour les plus hauts-revenus responsables d’une part disproportionnée des émissions. Mais le pouvoir d’achat reste une demande forte de la population. De plus, le développement reste une priorité de beaucoup de pays pauvres.

  • L’effet technologique: est-ce que cela incite à créer des techniques de production moins polluantes ?

L’ouverture permet de développer des technologies moins polluantes. En effet, elle permet d’acquérir au meilleur prix les technologies les plus performantes. De plus, elle stimule l’innovation. Cependant, cela peut créer des tensions, comme lorsque la Chine est devenu le leader mondial des panneaux photovoltaïques. Elle a été accusée par les Etats-Unis de dumping.

  • L’effet de composition: est-ce que les productions sont déplacées vers les pays où elles sont moins polluantes ?

La production pouvait avoir des conséquences environnementales très différentes selon l’endroit où elle est effectuée. Cependant, en pratique, les pays n’importent pas selon le degré de pollution mais selon les prix. La difficulté réside dans le fait que si l’on impose des réglementations environnementales contraignantes certains industriels produirons là où il y’en a moins. C’est le « dumping environnemental ».

 

Ainsi il est clair les intérêts économiques de la mondialisation créent une pression énorme pour augmenter la production. Cependant il n’y a pas de forces équivalentes pour limiter les dégâts sur l’environnement.

En revanche, en voulant accéder aux marchés des pays les plus avancés, les exportateurs du monde entier s’alignent sur leurs normes. Ainsi bien que la course aux débouchés détruit l’environnement, elle permet de diffuser des technologies moins polluantes et des normes plus écologiques.

Lire plus: La mondialisation n’est pas coupable : Paul Krugman (Fiche de lecture)

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