Le Japon & la robotique

Le Japon est depuis plusieurs décennies un des leaders de la robotique mondiale. Étant un des premiers pays à se lancer dans ce domaine dans les années 1970, le pays dispose d’un savoir-faire hérité de ces années. Cependant, la concurrence dans ce domaine est de plus en plus importante et le Japon doit innover et investir de plus en plus s’il ne veut pas subir un déclassement. On verra également que la concurrence n’est pas la seule explication à l’investissement du Japon dans la robotique.

 

Comment le Japon a réussi à devenir un des leaders en termes de robotique ?

Le Japon est le pays précurseur de la robotique. Il est l’un des premiers à avoir développé ce domaine dès les années 1970 afin d’en faire un atout majeur de son économie.

Alors même que le Japon entrait dans sa phase de « miracle économique », le pays a vu dans la robotique une véritable opportunité de croissance. Si le Japon s’est tourné vers la robotique dans l’après-guerre, c’est en partie à cause du décès de nombre de ces citoyens durant la 2nde guerre mondiale causant une pénurie de main d’œuvre. Ainsi la main d’œuvre a simplement été remplacé par des machines et l’automatisation s’est peu à peu installée au Japon.

 

Mais comment se fait-il que cela a si bien fonctionné au point qu’ils deviennent aussi rapidement les leaders mondiaux dans ce domaine ?

La première raison est sûrement parce que les religions ont une place très importante dans le pays. Les Japonais croient en la présence d’un esprit dans chaque chose que ce soit un humain, une plante ou même une machine.

Un second élément majeur est l’état de la croissance démographique du pays. Dans la deuxième moitié du XXème siècle, le Japon est confronté à un fort vieillissement de la population où notamment les plus de 65 ans représentent près de 30% de la population.

Mais alors que les pays européens en manque de main d’œuvre ont fait le choix d’avoir recours à l’immigration, le Japon y est fortement réticent –même en temps de crise. Les robots étaient alors pour le pays les seuls moyens de pallier le manque de main d’œuvre.

De plus, la stratégie économique du Japon théorisée par Akamatsu comme le « vol d’oies sauvages » lui permet d’acquérir et maîtriser des technologies Occidentales avancées. Ainsi, l’entreprise nippone Hino Mortors s’associe à Renault et acquiert par le même temps des technologies de l’entreprise Renault. La robotique se développe alors rapidement et de nouveaux fleurons de l’économie japonaise voient le jour comme l’illustrent les nouvelles industries (aussi appelées Keiretsus) automobiles de Nissan, Toyota ou encore Toshiba.

Elles sont un exemple de réussite dans le secteur de la robotique et permettent au Japon de vivre un épisode de « Haute croissance » entre les années 1950 et 1970 avec une croissance par an d’environ 11% (entre 1965 et 1970).

Le Japon devient alors une des premières puissances mondiales et concurrence sérieusement les pays Occidentaux. Ainsi, entre 1985 et 1990, la bourse japonaise Kabuto-Cho dépasse même en valorisation celle de Wall Street : le Japon inquiète l’Occident et devient pour eux un modèle. En effet, le toyotisme se répand dans les pays Occidentaux. Le géopoliticien Beaux parle même de la « leçon japonaise ».

 

Quels sont les enjeux du pays à rester un des leaders de la robotique ?

Les raisons pour le Japon de rester un des leaders de la robotique sont multiples. C’est avant tout pour le pays un moyen de continuer à montrer sa puissance et sa capacité d’innovation à plusieurs échelles.

A l’échelle régionale, le Japon est en concurrence contre la Chine et Singapour et innover en termes de robotique renforcera la lisibilité du pays dans la région.

De même à l’échelle mondiale. Ancienne deuxième puissance mondiale, le Japon est aujourd’hui dépassé par la Chine. Comme nous l’avons vu plus tôt, le Japon est le leader de la robotique depuis les années 1970, alors maintenir ce statut permettra au pays d’atténuer son déclassement à l’échelle mondiale. D’autant plus que la course à l’innovation se fait de plus en plus importante.

Au-delà d’être un enjeu en termes de lisibilité mondiale & régionale, le développement de la robotique dans le pays est avant tout un enjeu national pour le pays. En effet, le Japon traverse un hiver démographique : d’ici 2050, on estime que la population du pays pourrait passer de 125 millions à 100 millions. Le pays manque donc considérablement de main d’œuvre. La robotique est donc le moyen de pallier ce manque dans différents domaines. Le pays a donc massivement investi dans des robots infirmiers, des robots ouvriers et même des robots serveurs.

Ce qui a permet au pays de développer massivement l’utilisation des robots au Japon, c’est grâce au fait que leur présence est déjà très développée et démocratisée. Contrairement à la France par exemple, l’usage des robots au Japon est commun.

En effet, il est par exemple normal dans le pays de se faire servir dans des restaurants par un robot. Ces robots sont contrôlés par des personnes en situation de handicap qui ne peuvent se déplacer. Cela permet à la fois au pays de combler le manque de main d’œuvre mais aussi d’éviter l’isolement de certaines personnes qui peuvent continuer à avoir des relations sociales à travers ces robots.

 

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