Les Jeux Olympiques de Paris, gouffre économique ou aubaine ?

Début juillet 2022, la Cour des comptes s’est inquiétée de l’état de préparation des JO de Paris en insistant sur la nécessité d’anticiper une mobilisation générale et massive des moyens matériels et humains pour assurer la sécurité, notamment après le fiasco de la finale de la ligue des champions. Dans un précédent rapport, elle avait également pointé la gouvernance financière et budgétaire des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, mais qu’en est-il vraiment ?

 

Le volet sécuritaire

La Cour des comptes a surtout tiré la sonnette d’alarme sur la capacité hospitalière, la sécurité publique et sanitaire, les risques terroristes, les risques cyber… La Cour évoque évidemment la cérémonie d’ouverture, ardemment souhaitée par Emmanuel Macron et la maire de Paris Anne Hidalgo, elle est conçue comme une grande parade fluviale sur la Seine et accessible au public. Il était prévu dans le projet initial une armada de 200 bateaux et 600.000 spectateurs. Sans surprise, elle suggère de réduire la flotte, de procéder à des simulations en amont de la cérémonie et d’aménager le calendrier des épreuves le jour et le lendemain de la cérémonie d’ouverture pour « alléger la pression sur les forces de sécurité ». 

Le lundi 25 juillet, Emmanuel Macron a présidé un conseil olympique et paralympique pour d’ores et déjà donner des réponses aux inquiétudes concernant le rendez-vous planétaire, programmé du 26 juillet au 11 août 2024. En tirant les conclusions des JO de Londres, le président de la République a annoncé que 17 500 agents seront nécessaires pour acheminer chaque jour 800 000 personnes sur les sites (200 000 accrédités et 600 000 spectateurs), ce qui nécessite un programme de formation et de recrutement. Les effectifs nécessaires, sont évalués entre 22 000 et 25 000 agents de sécurité par jour. Les armées seront aussi mises à contribution : la marine nationale participera aux épreuves nautiques à Marseille et Tahiti et l’armée de l’air procédera à une surveillance antidrones. L’opération « Sentinelle » sera renforcée, tout comme les dispositifs en matière de cybersécurité.

Lire plus : EDF, sur le chemin d’une renationalisation ?

 

Le volet économique

Côté finances, le coût provisoire des Jeux atteint 8,3 milliards d’euros, contre 6,8 milliards présentés lors de la phase de candidature. Le budget de la société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) est évalué à 4,3 milliards d’euros en budget projeté 2024. Celui du Comité d’organisation est d’environ 4 milliards, financés par des recettes privées (billetterie, partenariats, produits dérivés…). Pour rappel, pour les JO de Tokyo les organisateurs ont avancé un surcoût de 2,1 milliards d’euros (dont une partie liée aux conséquences du report des Jeux) mais c’est surtout l’expérience londonienne de 2012 qui hante la Cour des Comptes puisque le budget avait été multiplié par trois, passant de 3 milliards d’euros à 9,5. Pour autant, fin juillet le président a « beaucoup insisté » pour « faire, dans un budget équilibré, des choses à la hauteur des ambitions que nous nous sommes collectivement fixées ». « Il faut accélérer ou en tout cas continuer de maintenir la vitesse actuelle, et anticiper toute forme de crise et de menace possible ».

Il a rajouté que les subventions de l’Etat et des collectivités locales, qui s’élèvent à environ 1,7 milliard au total, inflation comprise, sont actuellement de 17 millions supérieures au prévisionnel« ce qui témoigne du sérieux des prévisions et de la bonne maîtrise de cette enveloppe budgétaire », souligne l’Elysée. Pour corriger les écarts anticipés par les auteurs de différents rapports, les autorités espèrent actionner divers leviers, comme la recherche de nouveaux partenariats et la réduction du délai de mise à disposition des sites de compétition, qui permettrait de baisser le montant des compensations pour perte d’activité. « Le budget des Jeux sera tenu », assure la présidence de la République. De plus, aucun « impôt olympique » ne sera mis en place, et le prix des billets ne devrait pas non plus pâtir du contexte économique. Sur la totalité des billets en vente, la moitié ne dépassera pas 50 €, et près d’un million seront proposés à 24 €.

Lire plus : L’euro au plus bas depuis vingt ans face au dollar

 

Pour conclure, le président de la République a réussi à rassurer l’aspect sécuritaire et économique de ces jeux tout en ajoutant que du côté des livraisons des sites (dont 95 % sont existants ou temporaires), l’avancée des travaux des vingt-cinq ouvrages en cours est conforme au programme arrêté, qui prévoit essentiellement la construction d’un village olympique et d’un centre aquatique.

Damien Copitet

Je suis étudiant à SKEMA BS après deux années de classe préparatoire au lycée Gaston Berger (Lille). Nous nous retrouvons toutes les semaines pour l'actualité en bref

Vous pourriez aussi aimer