Kamala Harris, le véritable renouveau des États-Unis

Si le duel et l’opposition totale de style entre Donald Trump, président exubérant, agressif et aux méthodes parfois déconcertantes et son adversaire Joe Biden, âgé, calme et sobre, ont concentré toute l’attention lors des derniers mois de campagne pour les élections présidentielles américaines; une autre personnalité a marqué ces élections. En effet, son dynamisme, sa proximité avec les électeurs et sa ligne politique claire ont mis la colistière de Biden, Kamala Harris sur le devant de la scène. Aujourd’hui, dressons le portrait de celle qui va sans doute dans les prochains mois hanter beaucoup de sujets de khôlles voire même peut être ceux des écrits et oraux des concours 2021.

 

Une nouvelle vice-présidente qui jusqu’à il y a peu était encore relativement méconnue

Revenons quelques mois en arrière, plus précisément à la date du 3 juillet 2020, à 14h précises. Les élèves passant les concours BCE ouvrent leur sujet de LV2. Pour ceux ayant l’anglais comme seconde langue vivante, le texte d’essai portait sur deux personnalités relativement meconnues: Kamala Harris et Corrie Booker. Peu de candidats avaient déjà entendu parler de ces deux politiciens américains, au point qu’une astérisque renvoyait au bas du sujet vers une note donnant des précisions sur eux. 

Si on sort du microcosme des classes préparatoires, il est vrai que Kamala Harris était jusque là une personnalité méconnue du grand public à l’international. Mais même aux États-Unis, comme le montrait l’article du New York Times en question, peu d’américains croyaient dans les capacités de cette candidate aux primaires démocrates, lui préférant ses adversaires plus âgés et expérimentés tels que Bernie Sanders ou encore… Joe Biden, son futur colistier. Elle se retira d’ailleurs finalement de la course à l’investiture démocrate avant même le début des primaires le 3 décembre 2019. 

Donald Trump ne s’est d’ailleurs jamais privé pendant la campagne d’adresser de vives critiques à l’égard de cette nouvelle venue dans les campagnes nationales, disant d’elle « Personne ne l’aime » ou encore « Elle ne pourrait jamais devenir la première femme présidente ce serait une insulte envers notre pays », faisant référence au fait qu’en cas de décès prématuré de Biden pendant son mandat, sa vice-présidente deviendrait d’office la nouvelle dirigeante de la première puissance mondiale.

 

Une nouvelle vice-présidente historique

L’arrivée de Kamala Harris au poste de vice-présidente des États-Unis est historique à plus d’un titre. Tout d’abord, elle est tout simplement la première femme à atteindre ce poste. Sur ce point, un plafond de verre semble avoir été brisé par rapport aux élections précédentes et notamment celles de 2016 où le sexe d’Hillary Clinton avait été utilisé par son adversaire de l’époque, un certain Donald Trump, pour la discréditer, argument qui avait connu un écho chez un certain nombre d’électeurs.

Ce qui rend doublement historique cette intronisation à venir  de Kamala Harris au poste de vice-présidente, c’est aussi ses origines. Même si les États-Unis avaient déjà connu et ce pendant huit ans entre 2008 et 2016 un président noir en la personne de Barack Obama, les origines de Kamala Harris n’en rendent pas moins son arrivée à la Maison Blanche historique. Elle est en effet née d’un père jamaïcain et d’une mère venue d’Inde.

Cela a donné lieu à un débat et à une controverse lors de sa nomination en tant que colistière du candidat démocrate, certains observateurs politiques américains voyant en celle-ci plus un geste politique envers des populations électorales plutôt que le choix de la personne la plus compétente pour ce rôle.

 

Néanmoins, une femme brillante qui ne peut être réduite à cela et qui a su apporter un coup de neuf bienvenue sur la scène politique américaine ces dernières années

Le moins que l’on puisse dire, c’est que celle qui deviendra le 20 Janvier prochain la nouvelle vice-présidente des États-Unis a su faire taire durant la campagne qui vient de s’écouler toutes les critiques qui lui avaient été au départ adressées. Elle a su se montrer parfaitement complémentaire avec son colistier Joe Biden. Là où celui-ci va devenir du haut de ses 77 ans le plus vieux président des États-Unis, elle qui en compte 21 de moins a su se démarquer par sa fougue, son entrain et sa présence sur les réseaux sociaux, terrain qu’elle a parfaitement su maîtriser. Elle a également su captiver et haranguer les foules alors que les meetings et les discours n’étaient pas le point fort du démocrate. Enfin, elle a fait mieux que résister face aux attaques virulentes du camp républicain, ne se laissant pas marcher sur les pieds et remettant en place son homologue Mike Pence lors du débat des candidats à la vice-présidence et se permettant même quelques saillies cinglantes contre le président Donald Trump, expliquant notamment: «L’échec de la présidence de Donald Trump a coûté des vies et des emplois ».

Mais même avant cela, Kamala Harris avait su se faire une place sur la scène politique américaine. Avocate de formation, elle devient procureur général de Californie, avant de s’engager en politique jusqu’à devenir la seconde femme noire élue en tant que sénatrice de la Californie en 2017. Elle se fait alors une réputation en tant que directrice de commission, puisqu’elle n’hésite jamais à faire preuve de virulence à l’égard des personnes qu’elle interroge, notamment certains membres du parti républicain qu’elle attaque sans ménagement concernant la possible ingérence russe dans la campagne américaine de 2016.

Reste donc à voir si ce vent de nouveauté qu’elle fait souffler sur la politique américaine se confirmera pendant les quatre ans qui s’ouvrent devant elle en tant que seconde personne la plus puissante du monde.

Julien Vacherot

Étudiant en première année à HEC Paris et rédacteur géopolitique, j'ai pour but de vous faire partager ma passion et de vous aider dans cette matière et partout où c'est possible

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