La cause indigène en Amérique Latine

Dans cet article, nous nous intéresserons aux populations indigènes en Amérique Latine qui souffrent de répression et d’un manque de reconnaissance flagrant. Leurs conditions de vie et leur culture sont menacées au quotidien et ces populations sont en permanence stigmatisées alors qu’elles représentent environ 600 peuples en Amérique Latine. La question indigène en Amérique Latine est un enjeu majeur depuis des décennies, ce qui peut donc représenter un sujet de concours ou au moins un élément dont vous pouvez vous servir dans vos essais et vos commentaires dans vos colles.

 

La population indigène : une population en difficultés 

Les difficultés des indigènes en Amérique Latine commencent en 1492 au moment de la découverte de l’Amérique alors que leur continent ne leur appartient plus. C’est seulement à partir des année 1980, pendant cette période de démocratisation des pays d’Amérique Latine, que les revendications de la population indigène commencent à se faire entendre. Leurs revendications sont :

  • Territoriales : ils souhaitent récupérer leurs terres ancestrales.
  • Identitaires : ils demandent une reconnaissance de leur langue et culture. 
  • Politiques : ils souhaitent avoir une voix politique. 
  • Écologiques : ils réclament la protection de leurs lieux de vie. 

On parle alors d’une « révolution en marche » ( « revolución en marcha »). En effet, elle est toujours en action car il n’existe toujours pas de solutions convenables face aux problématiques des indigènes malgré les avancées. La population indigène représente une richesse pour le continent, malgré cela, la majeure partie de la population indigène vit en dessous du seuil de pauvreté et la probabilité qu’ils tombent en dessous du seuil de pauvreté est de 2,7 fois supérieure à la population non indigène. Il sont donc beaucoup plus sujets à tous les maux qui affectent le continent de manière générale. 

C’est une population qui est marginalisée et discriminée et qui souffre des conséquences de la globalisation économique, politique et culturelle et fait face à l’incapacité des gouvernements à pallier à leurs demandes. Certains pays ont alors tenté de trouver des moyens pour améliorer leur condition par le biais de la loi. Le Brésil a ajouté un chapitre reconnaissant les droits et libertés de la population indigène modifiant sa Constitution en 1988, puis, tant la Colombie que le Venezuela ont ajouté un article reconnaissant le caractère pluriéthnique et multiculturel à leur nation et donc accordant des droits aux indigènes modifiant leur constitution respectivement en 1991 et 1999.

 

Le génocide guatémaltèque ou « l’holocauste silencieux » ( « el holocausto silencioso »)

Dans les années 1980 au Guatemala, on assiste à une multiplication de massacres commis à l’encontre de la populations maya située dans la région del Quiché. A ce moment là, c’est Efraín Montt qui est le président du Guatemala, il a pour objectif d’éradiquer la population indigène en utilisant le prétexte d’éliminer l’ennemi majeur du pays : les guérillas communistes. Cette opération est appelée l’ « operación Sofía ». À ce moment là, plus de 100 000 indigènes sont assassinés et plus de 500 000 perdent toutes leurs possessions. Étant donné que l’impunité est un des fléaux qui règnent dans la région, Efraín Montt sera condamné en 2013 pour génocide à 80 ans de prison, pourtant il décéda tranquillement dans sa maison en 2018 de vieillesse car son jugement fut annulé pour vices de procédure. Il existe d’ailleurs un film autour de la vie de cette homme et de l’impunité en Amérique Latine réalisé par Jayme Bustamante et sorti en 2019 intitulé La Llorona. 

 

La population des Mapuches au Chili et en Argentine 

Les Mapuches représentent le peuple indigène le plus important au Chili et en Argentine qui vit ses terres accaparées lors des processus de colonisation et beaucoup y perdirent la vie. Aujourd’hui, ils vivent en marge de la société, ils sont agglutinés dans des bidonvilles et souffrent d’acculturation, il n’ont pas de travail et sont facilement incarcérés simplement pour le fait d’être indigène. 

L’État argentin revendique la possession de leurs terres alors qu’eux continuent à se battre pour garder leur titre de propriété. Leurs terres sont appropriées par l’État et revendues à des multinationales comme Bennetton ou encore Texaco afin d’apporter des flux financiers à l’économie argentine. On peut associer cela à une nouvelle forme de colonisation. C’est la preuve d’une population en difficultés qui souffre de cette « néo-colonialisation » dans un contexte de mondialisation. De plus, les États échouent dans leurs politiques car ils sont tiraillés entre reconnaitre les droits des indigènes et apporter une source de revenu à leur économie.

 

Le triomphe de Evo Morales en Bolivie

Evo morales est le premier indigène élu président dans la région. Pourtant, même lui se retrouve tiraillé entre protéger les indigènes où l’économie du pays. Il a autorisé la réalisation d’un projet de construction de routes qui traversent le TPNIS. Il s’agit d’une réserve naturelle indigène, une zone de biodiversité très riche, à laquelle les indigènes sont très attachés. En effet, ils considèrent la nature comme une déesse, surnommée la « Pacha Mama » ou encore la « Madre Tierra ». Mais, cette zone représente aussi une opportunité économique où Morales a accepté ce projet : il y a vu une nécessité d’intégration économique en modernisant des voies de transports qui favoriseraient le tourisme, et attireraient les entreprises et les industries de pétrole et de gaz. Aujourd’hui, le nouveau président est Luis Arce, il tente de prendre en compte les revendications indigènes et sa ministre, María Prada, souhaite consolider cette idée d’un État plurinational.

 

En somme, les populations indigènes en Amérique latine souffrent d’un manque de reconnaissance et de prise en compte de la part des politiques. De plus, elle est discriminée et stigmatisée et souffre d’exclusion sociale car elle n’a pas accès à l’école, à la politique et au monde du travail, en partie à cause de la barrière la langue. Même s’il y a des avancées politiques, la population reste en difficultés car les enjeux économiques passent avant les enjeux de reconnaissance des indigènes. Il y a tout de même de l’espoir avec le nouvelle Constitution chilienne dont l’écriture a été orchestrée par une convention constitutionnelle présidée par une indigène.

Lire aussi : Chili : en route vers une nouvelle constitution 

Justine Lautridou

Étudiante en 1ère année à l'emlyon, Mister Prépa m'a beaucoup aidé étant préparationnaire c'est pourquoi j'ai à coeur de transmettre à mon tour mes connaissances et mes astuces !

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