La crise de la dette souveraine dans la zone euro

La crise de la dette dans la zone euro désigne une suite d’événements financiers qui affectent, depuis le début de l’année 2010, les économies de 17 États membres de l’Union européenne, dont la monnaie de référence est l’euro, dans le sillage de la crise financière de 2007-2010.

Le premier évènement est relevé en 2010, avec la crise de la dette grecque. Elle s’étend à l’automne 2010 avec la crise de la dette publique de l’Irlande, provoquée par le sauvetage des banques nationales rendu nécessaire par les excès antérieurs de la dette privée. Durant l’été 2011, une tempête boursière survient, en partie à cause de la crise de la dette publique grecque.

Pour la première fois depuis 2007 et pour l’ensemble des comptes publics de la zone Euro, la dette baisse lors de l’année 2013, annonçant une sortie de crise. Au troisième trimestre de 2013, la dette publique de la zone euro s’est établie à 92,7% du PIB, soit 8.841,823 milliards d’euros, en baisse pour la première fois depuis six ans, annonce Eurostat.

Les causes de la crise

Les causes structurelles

La zone monétaire

Depuis les travaux de Robert Mundell dans les années 1950, pour la théorie économique, des pays n’ont intérêt à avoir une monnaie commune que s’ils forment une zone monétaire optimale c’est-à-dire si :

-ils sont intégrés économiquement ;

-leurs économies ne réagissent pas trop différemment aux chocs économiques ;

-il existe des mécanismes aptes à remédier aux divergences existantes ou pouvant apparaître.

Or, il y a trop de divergences entre les pays de l’Union (Europe de l’Est/Ouest). Par ailleurs, Paul Krugman souligne alors que l’intégration par le regroupement des industries dans les mêmes régions économiques va avoir tendance à creuser les divergences plus qu’à les combler

Des visions politiques différentes

Pour la France, la monnaie est une étape vers une Europe fédérale : finalité institutionnelle.

Pour l’Allemagne, la monnaie est un lien unissant les peuples : politique.

Tout cela aboutit à une monnaie commune assortie de solidarités minimales et à la clause de no bail-out qui veut « que ni l’Union ni les autres États membres ne peuvent répondre des engagements d’un État européen ».

Les causes conjoncturelles

La crise de la dette publique n’est que le symptôme qui doit conduire à rechercher les causes premières qui sont multiples et variables d’un pays à l’autre : une très forte dette publique liée à des problèmes structurels importants (difficulté à lever l’impôt et à maitriser les dépenses), une flambée de l’immobilier en Espagne qui a conduit les agents privés à contracter des montants risqués de dettes privées, l’absence d’appréciation par les banques des risques encourus tant dans l’octroi des prêts que dans leur refinancement, les trop modestes efforts (depuis la crise des subprimes) de régulation du secteur bancaire et financier, la faiblesse de la croissance qui touche l’ensemble des anciens pays industrialisés depuis la crise économique dite de la Grande Récession (2008 et après), l’effet cumulatif provoqué par les anticipations d’une décélération continue des perspectives de croissance.

La faible prise en compte du creusement d’écart de compétitivité entre pays disposant d’une même monnaie. Pour Jean-Claude Trichet, les grands pays Allemagne et France ont pris des libertés avec le pacte de stabilité et de croissance ce qui a sapé sa crédibilité et amené les autres pays à prendre eux aussi des libertés.

Les étapes de la crise

  • Déclenchée à chaque fois par une dégradation de la dette souveraine par les agences de notation.
  • Début 2010 : la crise grecque (manque de transparence, avec des instruments financiers de la Goldman Sachs notamment)

Le 7 mai 2010, les dirigeants de la zone euro ont endossé formellement le plan d’aide à la Grèce. Les pays de la zone euro ont mis en place un mécanisme sans précédent d’aide à la Grèce, consistant en des prêts bilatéraux pour un montant total de 110 milliards d’euros.

  • Le 10 mai 2010, les ministres des Finances des Vingt-Sept ont annoncé la mise en place d’un « Fonds européen de stabilité financière » (FESF), de l’ordre de 750 milliards d’euros, pour financer d’éventuels autres sauvetages, afin d’éviter que la crise grecque ne s’étende à l’Espagne, au Portugal, voire à l’Italie.
  • Fin 2010 : Irlande: Le gouvernement irlandais, rapidement dépassé, ne peut faire face seul à cette crise. Un plan de sauvetage est donc mis en place au niveau européen avec le FESF (Fonds européen de stabilité financière), qui prévoit l’octroi de prêts allant de 80 à 90 milliards d’euros. Le gouvernement nationalise plusieurs banques et crée de la monnaie (50 milliards d’euro) pour soutenir ses banques.
  • Avril 2011 : Portugal: plan de sauvetage de 78 milliards d’euros.
  • 2012-2013 : Chypre: plan de 17 milliardsd’euros.
  • L’Espagne et l’Italie sont en difficulté mais leur situation n’a pas nécessité une aide forte de la zone euro.
  • Le pacte Euro-plus, aussi appelé acte de compétitivité, se réfère à un accord entériné le 25 mars 2011, à l’initiative de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, conduisant à une ensemble d’engagement de convergence économique et de renforcement de la compétitivité (flexi-sécurité aide aux chômeurs, formation, retraites, stabilité financière)
  • Le mécanisme européen de stabilité (MES) est entré en vigueur le 27 septembre 2012, il remplace le FSEF.

Chiffres de 2013 par l’Eurostat 

Grèce : 176% PIB, déficit 13,5%

Irlande : 124% PIB, déficit 7,4%

Portugal : 127% PIB, déficit 5,9%

Chypre : 116% PIB, déficit 8,3%

Espagne : 94% PIB, déficit 6,8%

France : 93% PIB, déficit 4,1%

Allemagne : 79% PIB, déficit 0,0%

Etats-Unis : 102% PIB, déficit 6,4%

 

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