La géopo en films #7 – La Mondialisation

Si tous les préparationnaires ont bien compris depuis longtemps l’intérêt qu’ils pouvaient trouver à citer dans une copie d’HGGMC des références littéraires venant d’auteurs spécialisés, il est un autre type de références qui est aujourd’hui encore très délaissé par les candidats : les références cinématographiques. En effet, bien développée, elle représente un élément original et souvent pertinent dans une copie, ce qui ne pourra que surprendre le correcteur. En plus d’être un bon moyen de se détendre, regarder des films est donc un investissement rentable de temps. Septième partie aujourd’hui d’un large passage en revue de films ayant leur place dans une copie de géopo aux concours, en poursuivant avec ceux concernant la Mondialisation.



The Big Short, 2015, Adam McKay

Si ce film avait été réalisé en France, il aurait sans doute aussi bien pu être intitulé “La crise économique de 2008 pour les nuls”. En effet, en prenant appui sur les personnages les plus loufoques qu’on puisse imaginer (mention spécial à une superbe femme dans son bain nous expliquant ce qu’est un subprimes, le fil est finalement une formation accélérée en finance. Il permet donc à la fois de passer à la fois un très bon moment devant un excellent film oscarisé, mais également de faire en sorte qu’au bout des deux heures de films, les dérives de la finance n’auront plus aucun secret pour vous! Dès lors, ce film est un véritable must-see à replacer dans bon nombre de copies portant sur des sujets liés à la mondialisation, ou encore aux États-Unis, sur lesquels se centre le film.

 

Le loup de Wall Street, 2013, Martin Scorsese

Comment mieux parler des inégalités provoquées par la mondialisation qu’en citant ce film inspiré d’une histoire vraie? D’un côté, il avoue que ce processus dans sa version néolibérale née à la fin des années 80 permet bien évidemment à des personnes qui n’avaient pu jusque là qu’en rêver d’accéder à la richesse, renouvelant ainsi le mythe quelque peu tombé en désuétude du self-made-man. Deux questions sont toutefois posées dans ce film? La première est: cela est-il possible pour tous? On voit en effet que face à cette richesse incroyable amassée par le personnage principal, beaucoup d’individus demeurent dans le dénuement, le processus de financiarisation du monde creusant ainsi les inégalités. La seconde est: à quel prix? Le héros flirte en effet avec le peu de règles que les États essaient de proposer pour limiter les dérives de la Mondialisation et finit d’ailleurs par être condamné, comme si pour connaître son heure de gloire dans ce processus, il fallait passer outre les lois et se préparer à en subir les répercussions dans le futur…

 

Le monde selon Monsanto, 2008, Marie Monique Robin

Ah ce bon vieux Monsanto! Une FTN qui a fait tellement couler l’encre des stylos des centaines de profs d’HGGMC de France. Du brevet jusqu’aux concours BCE et Écricome, dès qu’il faudra cracher sur la Mondialisation, en dénoncer les mauvais côtés, les dérives, une seule solution: parler de Monsanto. Alors comment faire du neuf, de l’original avec du vu et revu? Comment éviter les sempiternels exemples bateaux, les références littéraires vues et revues qui feront frémir rien qu’à l’énoncé de leur titre le correcteur? En citant ce film, pardi! En effet, même s’ il commence à dater, ce film de 2008 n’a pas pris une ride et reste diablement d’actualité. Une plongée donc plus qu’utile dans l’univers impitoyable d’une des plus grandes FTN mondiales. On y passe en revue l’impact environnemental bien souvent négatif des méthodes et des produits de Monsanto, sa volonté parfois extrême de s’imposer sur le marché mondial, quitte à en écraser d’autres acteurs. On peut aussi assister aux prémisses des critiques s’élevant notamment de la société civile, intéressantes à observer quant on sait que plus d’une décennie plus tard, elles ont grandi jusqu’à influer sur plusieurs aspects la politique de l’entreprise.

 

Largo Winch, 2008, Jérôme Salle

Tout comme dans une liste de références littéraires originales sur le thème de la mondialisation (ou d’ailleurs une fois encore des États-Unis), on aurait pu parler de la célébrissime bande dessinée de Philippe Francq et Jean Van Hamme, on peut ici citer sans trop de risque le film adapté de celles-ci. On y voit les dessous impitoyables de la concurrence entre entreprises sur la scène mondialisée néolibérale contemporaine, mais également sur le fonctionnement tout aussi impitoyable d’une entreprise elle-même. On voit également la variété des acteurs participant à cette concurrence comme les États, les banques ainsi que les fonds d’investissements qui sont présents dans l’œuvre de Jérôme Salle. On y voit également bien comment les enjeux du monde de l’entreprise moderne ne sont finalement pas seulement portés vers le profit de celle-ci, mais vers d’autres objectifs (rentabilisation des investissements des actionnaires, profit personnel des différents membres du conseil d’administration…. Le second opus de la saga dont un troisième volet est depuis longtemps annoncé mais toujours pas mis en route est aussi intéressant lorsque l’on veut parler des pays leaders de la Mondialisation face à ceux qui demeurent oubliés par ce processus et exclus de ses flux. C’est le cas de la Birmanie qui est présentée comme soumise aux différentes influences des pays occidentaux qui y font la loi, la condamnant à l’instabilité et au sous-développement.



Julien Vacherot

Étudiant en première année à HEC Paris et rédacteur géopolitique, j'ai pour but de vous faire partager ma passion et de vous aider dans cette matière et partout où c'est possible

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