La géopo en films #3 – L’Amérique

Si tous les préparationnaires ont bien compris depuis longtemps l’intérêt qu’ils pouvaient trouver à citer dans une copie d’HGGMC des références littéraires venant d’auteurs spécialisés, il est un autre type de références qui est aujourd’hui encore très délaissé par les candidats : les références cinématographiques. En effet, bien développée, elle représente un élément original et souvent pertinent dans une copie, ce qui ne pourra que surprendre le correcteur. En plus d’être un bon moyen de se détendre, regarder des films est donc un investissement rentable de temps. Troisième partie aujourd’hui d’un large passage en revue de films ayant leur place dans une copie de géopo aux concours, en poursuivant avec ceux concernant l’Amérique.

 

 

Triple Frontière, 2019, J.C Chandor

Se déroulant dans la zone de la « Triple Frontera », ce film disponible sur Netflix qui montre la mission de soldats américains pour lutter contre le trafic de drogue endémique dans la zone recense aussi bien les nombreux motifs d’espoirs que les difficultés actuelles latino-américaines. En effet, il montre aussi bien à travers la Triple Frontera une zone de collaboration interétatique entre trois pays : le Brésil, L’Argentine et l’Uruguay, synonyme d’espoir d’union à l’échelle continentale. Pour autant le film montre aussi deux gros fardeaux contemporains latino-américains. Tout d’abord, il montre clairement comment l’influence américaine est encore importante dans la zone et comment les interventions de l’hyperpuissance voisine sont encore monnaie courante. Ensuite, on voit comment l’instabilité règne encore dans la zone, notamment à travers les trafics de produits de la mondialisation grise tels que la drogue.



Barry Seal : American Traffic
, 2017, Doug Liman

Même si comme pour d’autres films cités précédemment les critiques ont été loin d’être tendres avec Barry Seal : American Traffic, ce film reste néanmoins l’un des tout meilleurs moyens pour illustrer avec une œuvre cinématographique les ingérences répétées de la puissance américaine sur le continent latino-américain. En effet, il retrace l’histoire vraie d’un américain pilote d’avion qui travaille en même temps pour la CIA pour servir les intérêts américains en Amérique Latine en prenant des photos des bases rebelles … et pour les cartels sud-américains qui l’ont engagé en tant que « mule » chargée de faire franchir la frontière américaine à des centaines de kilos de drogue. On voit ainsi bien comment les Américains, en plus de ne pas laisser son autonomie au continent latino-américains, y défendent avant tout leurs propres intérêts et leur profit.

 

A day without an Mexican, 2004, Sergio Arau

Dans ce film satirique sur la société américaine, le réalisateur mexicain Sergio Arau montre comment cette dernière fonctionnerait en l’absence de la forte diaspora mexicaine qu’on y trouve. A travers les différentes scènes montrant les manques que la réalisation de cette hypothèse farfelue occasionnerait, le film illustre une théorie que l’on est pas habituée à entendre puisqu’en lieu et place d’une dépendance pure et simple de l’Amérique latine à l’égard de son gigantesque voisin du nord, on passe à une interdépendance entre les deux blocs continentaux puisque si il reste vraie que le Mexique est clairement satellisé par les États-Unis, il l’est tout autant que les États-Unis ont besoin de la présence bienvenue mexicaine !

 

La Mule, Clint Eastwood, 2018

De l’Amérique latine, passons maintenant à l’Amérique du Nord et aux États-Unis dont le portait dressé ici est loin d’être brillant. En effet, dans une société américaine en crise et fracturée, où les réussites dans les grandes métropoles cachent derrière elles une Amérique rurale en crise, où un père de famille respectable d’une soixantaine d’année voit son affaire de vente de fleur péricliter jusqu’à être obliger de s’engager dans le business illégal du transport de drogues à travers le pays pour continuer de gagner sa vie. Plus que la dénonciation de ce trafic illégal, il s’agit bien pour le réalisateur renommé de montrer une Amérique bien loin de l’image glorieuse qu’elle aime renvoyer à l’international, avec un arrière-pays sinistré et en proie à une crise profonde.

 


Designated Survivor, 3 saisons entre 2016 et 2019

A présent disponible sur Netflix, cette série illustre de manière bien intéressante comment s’exerce au quotidien l’hyperpuissance américaine que ce soit à l’international ou sur son propre territoire. En montrant les coulisses du pouvoir américain, puisque la majeure partie de l’intrigue se déroule à la maison blanche en suivant le président des États-Unis, la série offre un panorama complet de ce qu’est la direction des États-Unis. La gestion de crises internationales que ce soit face aux nouvelles velléités des puissances russes ou chinoises ou encore face aux « rogue states » aux actions toujours imprévisibles et déstabilisatrice de la scène internationale, est mise en avant. Mais il faut aussi mettre en avant le fait que la série s’attarde aussi grandement sur les nouveaux défis internes aux États-Unis : découverte de la menace terroriste, nouveaux enjeux environnementaux, crise économique et mouvements antiracistes, tous ces thèmes se retrouvent au cœur de la série.

Julien Vacherot

Étudiant en première année à HEC Paris et rédacteur géopolitique, j'ai pour but de vous faire partager ma passion et de vous aider dans cette matière et partout où c'est possible

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