La mondialisation sur la sellette, Dani Rodrik, 2018

Dans ce livre, Dani Rodrik, critique véhément de la mondialisation économique portée à l’excès, dépasse la réaction violente du populisme et propose une explication plus réfléchie des raisons pour lesquelles l’obsession hyper-mondialiste des élites et des technocrates a entravé les nations dans la réalisation d’objectifs économiques et sociaux légitimes à l’intérieur de leurs frontières : prospérité économique, stabilité financière et équité. Un livre de indispensable pour réussir l’épreuve d’ESH sur un sujet sur le mondialisation.

Le triangle d’incompatibilité de Rodrik.

Pour commencer, Dani Rodrik avait déjà alerté sur le risque que,  » faute de réaction plus concertée des Etats, trop de mondialisation aggraverait les clivages sociétaux, amplifierait les problèmes de redistribution et saperait les dialogues sociaux nationaux –arguments qui ont depuis été acceptés par la sagesse populaire « . 

Alors que la théorie économique a montré que les avantages de l’ouverture au commerce, en particulier le cadre de l’imperfection du marché, ont un impact sur les revenus des producteurs et des travailleurs, a-t-il dit, exagèrent la mesure dans laquelle les profits découlent des pactes commerciaux dans leurs positions publiques. L’objectif est donc de renforcer les Etats-Nations dans l’hyper-mondialisation.

Selon Rodrik, on ne peut nier les effets positifs du commerce, il est « le plus important de trouver un meilleur équilibre entre l’ouverture économique et la gestion de l’espace politique. Il revient dans cet ouvrage sur le « trilemme » de l’économie mondiale : il est impossible d’avoir simultanément hyper-mondialisation, démocratie et souveraineté nationale ; tout au plus peut-on en avoir deux à la fois. C’est le triangle d’incompatibilité de Rodrik.

Pour Dani Rodrik, après l’échec de ce qu’il appelle l’hyper-mondialisation, c’est-à-dire la tentative d’éliminer tous les coûts de transaction qui entravent le commerce et les flux de capitaux, il faut désormais trouver un nouvel équilibre entre gouvernance mondiale et gouvernance nationale. Il est essentiel que les États se renforcent et maintiennent une autonomie ordonnée afin de maintenir les contrats sociaux et un certain degré de politique économique.  Il est temps de concilier prospérité économique, stabilité financière et inclusion sociale. 

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L’avenir de la mondialisation

Dani Rodrik note que l’enthousiasme pour les bénéfices de la mondialisation a suggéré que le déclin de l’État est irréparable, mais il est clair qu’il disparaîtra : il existe toujours un vide fondamental de revenus distribués, où le marché est surveillé, et de filiales et affiliés individuels.
La preuve en est qu’en 2007-2008, face à la crise mondiale, les Etats-Nations sont intervenus dans leurs singularités et se sont dispersés pour soutenir leurs économies.
Si l’auteur mesure bien les risques de pulsions nationalistes, notons que la période d’hyper-mondialisation n’a pas fragilisé les pays, au contraire.
Pour Dani Rodrik, il serait contre-productif de vouloir transcender l’Etat-Nation : il rappelle notamment qu’au XXème siècle, « la remarquable contribution de John Maynard Keynes au sauvetage du capitalisme reconnaissait que celui-ci exigeait une gestion économique nationale ». 

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Le fossé auquel fait face l’économie mondiale aujourd’hui est que, par essence, le mal de la mondialisation résulte d’un déséquilibre entre la nature mondiale du marché et la nature domestique des règles qui dominent le marché. .. Par conséquent, l’auteur soutient qu’il y a deux solutions devant nous. 

Pour lui, l’approfondissement de la gouvernance mondiale n’est pas une option judicieuse pour quatre raisons :

1) Les institutions soutenant les marchés ne sont pas uniques : chaque Etat a par exemple développé ses propres compromis sociaux et politiques ; 

2) Les communautés nationales ont des besoins et des préférences diverses en matière de dispositifs institutionnels : les solutions en termes de bonne pratiques de la gouvernance mondiale sont loin de faire consensus ; 

3) La distance géographique limite la convergence de ces besoins et préférences : les échange sont d’autant plus intenses que les pays sont proches ;

4)L’expérimentation et la concurrence parmi ces dispositifs institutionnels sont inévitables et il faut surtout chercher à éviter les effets les plus nocifs de cette concurrence (comme la concurrence fiscale qui appauvrit les Etats).

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Damien Copitet

Je suis étudiant à SKEMA BS après deux années de classe préparatoire au lycée Gaston Berger (Lille). Nous nous retrouvons toutes les semaines pour l'actualité en bref, tous les mois pour les news écolo et très régulièrement pour la publication d'articles économiques donc SWIPE UPP

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