La politique interne des Etats-Unis sous l’administration Biden

Nouveau président est-il synonyme de nouveautés ? Avec Joe Biden, il semble que ce soit le cas. Le démocrate de 78 ans ne pourrait pas être plus opposé à la politique de son prédécesseur. En effet, si Donald Trump a tenté de défaire tout ce que Barack Obama avait mis en place, Joe Biden compte bien, lui aussi, effacer les années Trump de la mémoire des Américains. Comment compte-t-il s’y prendre ? En menant une politique plus à gauche, que nous allons analyser à travers différents points.

 

Une politique bien plus sociale

Alors que Donald Trump menait une politique très à droite, et ne s’en cachait pas, Joe Biden tente de recentrer la politique interne des Etats-Unis. Son premier acte et sa promesse de campagne populaire ? Faire passer le salaire minimum de 7,25 dollars de l’heure à 15 dollars. Les anti-Biden proclament que cette mesure n’est pas révolutionnaire puisque des Etats l’ont déjà appliquée, qu’ils plaçaient leur salaire minimum entre 11 et 13 dollars de l’heure, ou encore qu’Amazon l’a déjà mise en place pour ses salariés depuis 2019. Il n’en reste pas moins que cette augmentation va toucher près de 23 millions d’Américains et ainsi augmenter leur pouvoir d’achat, puisque le salaire minimum n’était plus indexé sur l’inflation et n’avait pas été réévalué depuis 2009.

Ensuite, Joe Biden souhaite taxer à un plus haut pourcentage les plus riches, passant de 37% à 39,6% de taxation. Ainsi, là où Donald Trump assurait le bien-être de ses amis millionnaires (voire milliardaires), Joe Biden n’hésite pas à leur réclamer l’argent qu’il estime nécessaire pour le bien-être des populations plus modestes.

Enfin, il souhaite remettre en place l’Obamacare, couverture santé qui permettrait à des millions d’Américains de pouvoir bénéficier de soins médicaux abordables. Grâce au défunt John McCain, ancien sénateur américain, l’Obamacare n’avait pas été totalement démantelé par Donald Trump, laissant ainsi les bases du programme à Joe Biden pour le reconstruire. Ce dernier va même jusqu’à étendre l’Obamacare aux non-assurés, évitant ainsi l’impossible accès à des assurances privées qui proposent des prix bien trop élevés. Ayant été le Vice-Président de Barack Obama, il a lui-même participé à l’instauration de cette couverture maladie aux Etats-Unis et déclare donc que « L’Obamacare est une affaire personnelle ». Il souhaite laisser la possibilité aux Américains, qui ne seraient pas satisfaits de la couverture santé de leur employeur, de choisir l’alternative publique. Joe Biden mène donc clairement une politique sociale en faveur des populations plus modestes, essayant de rééquilibrer la balance par rapport à ce qu’avait mis en place son prédécesseur.

 

Un ralentissement économique précaire

Un autre point fort de son programme électoral était le plan de relance de l’économie post-covid. Il prévoit d’utiliser 700 milliards de dollars, notamment récupérés en augmentant les impôts des Américains les plus riches. Ainsi, il prévoit d’investir dans les infrastructures et dans le vaste plan « Buy American » qui permettrait de favoriser la production américaine face aux productions étrangères. Pour cela, il projète de rendre plus difficilement accessible le label « Made in America ». L’objectif derrière cette politique est bien de redorer le blason des Etats-Unis, qui se sont sentis humiliés lorsqu’ils ont été obligés d’acheter des millions de masques aux Chinois au début de la pandémie. Cette crise a semblé conforter les Américains dans le fait que l’isolationnisme est la meilleure politique et qu’il ne faut pas devoir compter sur l’extérieur pour vivre. Comme le déclare Joe Biden, « Nous ne devrions pas avoir à compter sur un pays étranger – en particulier un pays qui ne partage pas nos intérêts ou nos valeurs – pour protéger et subvenir aux besoins de notre population ». Bien que le « Buy American Act » ait été créé par le président Hoover en 1933 après la crise de 1929, Joe Biden compte bien le renforcer afin de relancer l’industrie américaine et créer des emplois.

Joe Biden souhaite aussi investir dans les infrastructures, et notamment dans le transport ferroviaire, afin de désenclaver certains quartiers en les incluant dans un réseau plus large. Le transport aérien étant ralenti, le démocrate mise sur les trains à grande vitesse afin de relier tout le territoire, y compris le centre des terres, assez peu connecté. Cela va permettre de mettre au travail ces populations, et donc d’éviter les conséquences du chômage forcé dans ces régions centrales.

 

Une injustice raciale pointée du doigt

Un des axes principaux de Joe Biden a bien été la question des inégalités raciales, sujet intrinsèquement compliqué aux Etats-Unis, mais qui a été rendu encore plus difficile par Donald Trump. En expulsant les Dreamers, ou en affublant Elizabeth Warren du surnom « Pocahontas », Donald Trump n’a fait qu’aggraver le sujet des inégalités raciales aux Etats-Unis. Joe Biden, quant à lui, compte bien remettre les choses dans l’ordre. Premier exemple de cela : la nomination de Kamala Harris comme Vice-Présidente des Etats-Unis. Il s’agit de la première femme à être nommée à ce poste dans l’histoire des Etats-Unis. Mais ce n’est pas tout. Joe Biden ne joue pas que sur l’image, il agit aussi concrètement. Par où commencer ? Il met en place un programme pour soutenir les entrepreneurs afro-américains en doublant la participation de l’Etat dans la « State Small Business Credit Initiative » et en revenant sur les coupes budgétaires appliquées par l’administration Trump. Son gros coup médiatique reste tout de même la fin de la séparation des familles latino-américaines à la frontière. En effet, il souhaite réunir les familles, notamment des Dreamers, que Donald Trump avait séparées en renvoyant les parents étrangers de l’autre côté de la frontière américaine. Enfin, Joe Biden prévoit de mettre fin à l’interdiction de sept nationalités provenant du Moyen-Orient d’entrer sur le sol américain, que Donald Trump avait mise en place dès son arrivée à la Maison-Blanche. Ainsi, Joe Biden a bien mis le doigt sur les inégalités raciales qui règnent aux Etats-Unis et fait tout son possible pour les rectifier.

 

Un changement climatique planifié

Enfin, Joe Biden s’est insurgé contre les décisions climatiques que Donald Trump avait prises et semble déterminé à les inverser. Tout d’abord, il a annoncé vouloir retourner immédiatement dans l’Accord de Paris. Il promet une économie « zéro émissions » d’ici à 2050. Là où Donald Trump avait soutenu les énergies fossiles, Joe Biden prévoit un plan de 1700 milliards de dollars pour atteindre la neutralité carbone. Dans la même logique, il soutient le « Green New Deal » de Alexandria Ocasio-Cortez qui a pour but de financer des transports et bâtiments plus verts. Cela passe par plusieurs étapes et notamment la mise en place d’un réseau électrique national fonctionnant à 100% grâce aux énergies renouvelables. Rappelons que les Etats-Unis sont le 2ème plus gros pollueur au monde, derrière la Chine, et qu’une telle politique est donc très ambitieuse et montre une fois de plus la position de leader innovant des Etats-Unis dans le monde. Non seulement, ce « Green New Deal » promet une réelle révolution climatique, mais prévoit aussi de créer 10 millions d’emplois. Cela compenserait la perte d’emplois provoquée par la baisse de l’utilisation des énergies fossiles et en créerait même de nouveaux. Ainsi, le changement climatique est, non seulement, compris et intégré par les politiques américaines, mais ces dernières réussissent même à l’utiliser pour créer de nouveaux emplois.

 

Pour conclure

Joe Biden entend bien défaire tout ce qu’a pu mettre en place Donald Trump durant son mandat et redorer le blason des Etats-Unis. Pour ce faire, il veut faire des Etats-Unis un pays « climatoconscient » et non plus climatosceptique, un pays ouvert aux étrangers et non plus opposé à leur venue, un pays solidaire et non plus isolé. Cependant, il est à noter que Joe Biden est confronté à un Sénat républicain qui compte bien lui rendre la tâche difficile et s’assurer que le mandat de Donald Trump ne soit pas totalement effacé. Malgré toutes ses bonnes intentions, Joe Biden reste confronté au bipartisme des Etats-Unis et devra donc réussir à rallier certains Républicains s’il veut pouvoir appliquer l’entièreté de son programme.

Elise Casado

J'ai intégré TBS après 2 ans de prépa ECS. J'ai à coeur de partager avec vous mon expérience "prépa" afin de vous aider à profiter à 100% de ces deux ou trois années inégalables de votre vie !

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