La société hyper-industrielle – Pierre Veltz (2017)

 

Dans cet ouvrage de 2017, P. VELTZ expose à la fois sa vision sur la société qui se forme actuellement selon lui mais reprend également des éléments de cours du programme ECE. VELTZ n’est pas considéré comme un auteur central sur le thème de l’industrie mais représente le genre d’auteur à mettre en fin de sous-partie ou en 3e partie, qui vous fait gagner des points et vous démarquer. Le livre est composé de 9 chapitres. Il part parfois dans des digressions moins intéressantes pour notre programme donc je vous fais un résumé des idées majeures du livre.

Cet article se compose en 2 parties.

La première partie porte sur la thèse de l’auteur et les idées qu’il défend. La seconde partie est un condensé d’éléments de cours que VELTZ écrit dans son ouvrage donc je trouvais intéressant de les remettre. [J’insiste sur les majuscules avec VELTZ car cette mise en forme saute plus aux yeux du correcteur et facilite la lecture – c’est bien ce qu’on cherche à faire dans une copie]

Certaines indications intéressantes à mettre en copie seront [mises de cette façon]

 

 

Thèse de l’auteur

La première idée chez VELTZ est qu’il faut relativiser le déclin manufacturier. La production de B et S industrialisés est en croissance continue et représente une part à peu près stable de la VA globale. VELTZ considère que l’on s’oriente vers une société « hyper-industrielle » plutôt qu’une désindustrialisation ou encore qu’une société « post-industrielle ».

Cette nouvelle société serait entendue comme :

–        Une économie des infrastructures et des savoirs communs

–        Une économie des relations, et pas seulement des transactions

–        Une économie des coûts fixes et de la « concurrence monopolistique »

–        Une entreprise de la communauté

L’économie actuelle s’oriente vers un nouveau paradigme, l’économie des plateformes avec une économie des infrastructures et des savoirs communs. Jeff BEZOS un des premiers à avoir compris la puissance du modèle. La puissance des plateformes est amplifiée par le numérique.

On s’oriente selon lui vers une économie des relations et pas seulement des transactions (où au niveau productif, la performance repose moins sur la qualité et le coût des diverses ressources que sur l’intelligence de leur combinaison c’est-à-dire l’efficacité de l’organisation et du tissu relationnel). L’économie des « services à la demande » est un domaine dans lequel la tendance vers une « force de travail liquide » se développe fortement, une transformation majeure est l’augmentation de la connectivité (non l’automatisation des tâches). Le monde hyper-industriel est fait de « hubs », pour relier plusieurs points ensemble on centralise les voies.

[Retenez l’idée suivante, très utile pour un sujet sur « la fin de la croissance » ou « la croissance a-t-elle une fin ? »] : VELTZ estime que les gains de productivité des S continueront à se déverser mais vers quoi ? vers le temps libéré : la culture, l’éducation, la santé

 

 

Vers quoi s’oriente la société hyper-industrielle ?

Les nouveaux champs qui s’ouvrent pour l’hyper-industrie sont plus vastes et systémiques que ceux de la consommation de masse : la réinvention des villes, création de systèmes énergétiques à la fois plus étendus, plus diversifiés et décentralisés, l’ingénierie des territoires et des ressources naturelles à grande échelle, la conversion écologique de l’agriculture.

[Important] D’un autre côté on peut parier sur la poursuite de la montée des biens et services centrés sur l’individu, le corps, santé, sport, alimentation, plaisir, divertissement, éducation. L’auteur parie aussi sur la place croissante de la biologie dans les décennies à venir.

VELTZ affirme qu’on s’oriente vers une régionalisation, pas une dé-mondialisation

 

P. THIEL, magnat de la Silicon Valley explique : « on nous avait promis des voitures qui volent, on a eu les 140 caractères… » ➪ appuie la thèse qu’il n’y a rien de comparable aux innovations des premières Révolutions industrielles (l’électricité, automobile …). [Belle accroche à lier à la thèse de R. GORDON sur la stagnation séculaire]. En revanche selon VELTZ, le débat sur les apports des récentes innovations est faussé car les apports du numérique sont d’une autre nature que ceux de l’automobile par exemple. La connectivité numérique transforme en profondeur les relations entre les personnes, elle fait surgir des mondes nouveaux d’opportunités, elle bouscule et remodèle les institutions.

Dans les domaines de l’énergie, des matériaux et de la santé, nous sommes peut-être à la veille d’innovations majeures qui transformeront le monde, comme l’ont transformé dans le passé la lampe électrique. En extrapolant les tendances actuelles, il semble à l’auteur que les B et S pourraient se dév en deux catégories :

  • – des produits-systèmes à des échelles de plus en plus vastes, permettant d’inventer une économie écologique, une gestion des « écoumènes », défi central des décennies à venir
  • – des produits-S resserrés au contraire sur l’individu, son bien-être et santé

 

 

Que faire pour l’industrie actuelle ?

Si l’on veut repenser une politique industrielle cohérente, il faut refuser la segmentation (industrie-service-numérique). VELTZ estime qu’il faut des politiques « horizontales » (formation, encouragement à l’innovation, accès aux financements) et « locales », appuyées sur les écosystèmes locaux.

Empiriquement, on remarque qu’une coupure géographique trop forte et prolongée entre centres de conception et unités de fabrication est néfaste car elle limite les flux de technique indispensables pour garder la maîtrise. Exemple grande force de l’Allemagne est d’avoir maintenu cette proximité ≠ faiblesse des EU.

Pendant les 30 Glorieuses, la France a vu s’instaurer une coupure entre les pôles de conception (parisiens) et usines (parties en provinces). Ainsi il faut créer des centres de recherche en France au risque que la France devienne un pays sans fabrication, « fabless ».

 

 

 

Parties de cours brut

 

Industrie

Le dév de l’industrie a tiré celui des S de trois façons :

–        Les gains de productivité manufacturiers ont enrichi la société, stimulant la demande en S (le « déversement » de A. SAUVY)

–        Certaines industries (exemple automobile) ont suscité la mise en place de « systèmes », de la construction des routes aux guides Michelin en passant par le dév des garages…

–        L’externalisation a permis de consolider de nouveaux secteurs de S aux entp, sans parler de l’intérim

 

La production de B et S industrialisés est en croissance continue et représente une part à peu près stable de la VA globale ➪ il faut relativiser le déclin manufacturier.

 

Emploi

VELTZ reprend la distinction de P-N GIRAUD (L’Homme inutile, 2015) [Les titres doivent être toujours soulignés quel que soit l’ouvrage – souligner si l’œuvre si c’est un livre écrit par un auteur, souligner le journal et mettre en guillemet l’article si c’en est] avec les emplois nomades et emplois sédentaires. GIRAUD estime à environ 28% en 2008 les emplois nomades en France [chiffre intéressant à reprendre]. Il faut fixer les emplois nomades non seulement dans les secteurs de pointe mais aussi trad.

  1. FROCRAIN et P-N GIRAUD regardent l’évolution des secteurs « exposés » et « abrités ». entre 1999-2013, les secteurs exposés ont perdu 200 000 emplois (augmentation du tourisme) et les secteurs abrités +2,4m d’emplois.

 

Commerce international

Évolution du CI selon l’auteur

–        Commerce à longue distance, exploitant les différences de potentiel entre parties éloignées de la planète, le caractère non imitable des procédés et produits. Les économies-monde « braudéliennes » [belle expression que vous pouvez reprendre] connectent ainsi des univers technologiques encore largement étrangers les uns aux autres, autour de routes maritimes et terrestres.

–        Dans une longue transition, ce capitalisme de rente (risques élevés, profits élevés) va faire place à un capitalisme de production, sur la base de spécialisations techniques régionales devenant progressivement « nationales ». Les acteurs clés ne sont plus les marchands mais les industriels et investisseurs.

–        Pendant la seconde moitié du XXe, l’entrée des FMN qui va progressivement assurer l’essentiel du « transfert de technologie ». Le monde des 1950-1970 est un monde en strates concentriques, où s’affirme la suprématie américaine. La théorie du cycle du produit de R. VERNON le décrit de manière très pertinente.

Pendant les « Trente Glorieuses », le monde devient à la fois plus homogène et plus divisé. On passe d’un monde en strates à un monde en « pôles et réseaux ». Loin de devenir « plat » comme le disait T. FRIEDMAN (The World is Flat, 2005), le monde devient un archipel de pôles connectés entre eux, avec des ressources de plus en plus concentrées.

 

Court rappel mondialisation

Dans la « première mondialisation » et jusque dans les 1980’, les acteurs sont les économies nationales. Puis ce sont les multinationales.

La mondialisation fondée sur les chaînes de valeur globales (« global value chains ») qui se met en place dans les 1990’ est qualifiée de « mondialisation à haute résolution » parce qu’elle exacerbe les logiques de dégroupage.

 

Explication de la croissance de la Chine :

–        La première voie est le « top-down », celle des ZES, promues par le gouvernement après 1980 ➪ succès, captent une grande part des IDE mais n’emploie que 10% de la force de travail. celle de Shenzen est la plus remarquable (taux de croissance à 25% par an depuis sa création en 1980)

–        La deuxième est le « bottom-up » : développement de districts très spécialisés dans les provinces côtières de Zhejiang, Guangdong. Exemple : Hangji produit 30% des brosses à dent mondiale.

Julien Bourbé

Après deux ans de ECE dans la première prépa de France (Teilhard de Chardin) et une khûbe dans une prépa moins connue (Ipesup), j’ai intégré l’ESCP. Rédacteur en ESH, j’ai à cœur de transmettre les méthodes et astuces qui ont fonctionné pour moi, pour que vous explosiez le concours.

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