L’Amérique latine dans la mondialisation

L’Amérique latine est aujourd’hui un pôle majeur de puissance dans le monde. En effet, le continent est riche en ressources naturelles et énergétiques et contribue à la dynamisation des échanges commerciaux, financiers et humains et ceci depuis son indépendance. Paradoxalement, le continent est aujourd’hui l’une des terres les plus inégalitaires et dangereuses. La mondialisation est-t-elle une opportunité ou un obstacle à l’émergence de l’Amérique latine ? La mondialisation va-t-elle donner à l’Amérique latine une chance de s’émanciper ?

 

De l’indépendance à 1930 : un modèle de développement fondé sur les exportations et l’appel aux capitaux étrangers 

L’Amérique latine a subi une insertion précoce dans la mondialisation héritée de l’époque coloniale et obéissant aux règles classique de la division internationale du travail, comme avec l’exportations des matières premières, l’importation de produits manufacturés et la valorisation des littoraux et des espaces frontaliers et pionniers. A partir de 1850, l’AL connait un renouvèlement de son modèle exportateur en se spécialisant en fonction de la demande extérieure, par exemple avec United fruit en Amérique centrale pour les bananes ou encore pour le cuivre au Chili.  Mais l’insertion dans l’économie mondiale nécessite l’afflux de capitaux étrangers comme les prêts aux Etats surtout britanniques, américains et français, ce fut le cas pour les capitaux britanniques et américains pour les chemins de fer et les mines de pétrole ou encore les capitaux français pour les Barcelonnettes.

L’ouverture économique du contient a permis son développement économique, social et politique. D’abord, ce fut un facteur de modernisation, comme avec la céréaliculture qui a mis en valeur des régions et d’industrialisation grâce aux devises de l’export et aux investissements directs étrangers (IDE) qui ont permis de développer la remontée de filière (Abattoirs, brasserie…) et de développer des régions (Sao Polo, Mexico…). La mondialisation a engendré d’importants flux migratoires dûs au besoin économique (Le Brésil entre 1890 et 1930 a dû gérer 3.5m d’immigrés dont 50% à Sao Polo pour la culture du café) et également l’émergence d’une classe moyenne urbaine. Enfin, elle a engendré d’importantes réformes politiques et sociales comme avec la révolution de 1910 au Mexique.

Mais ce modèle comportait de nombreuses faiblesses et contraintes. En effet, ce développement fut inégalitaire territorialement et socialement, par exemple au Mexique 1% de la population possède 85% des terres, et a provoqué la multiplication des mouvements sociaux (Guerre des Canudos au Brésil). Ce modèle a été complètement abandonné après la crise de 1929, après les retraits des capitaux.

 

À partir de 1930 : Rupture avec le modèle d’extraversion et choix d’un développement national autocentré 

Le développement autocentré, qui est un développement du marché intérieur accompagné d’une diversification des secteurs d’activité à travers l’ISI et la modernisation des industries de consommation, s’est imposé comme un impératif dans les années 1930-1940. Mais cela a fait émerger des projets politiques fondées sur l’interventionnisme (Création de Banques Publiques comme Nafin au Mexique) et le protectionnisme. Mais ce modèle connu des réussites jusqu’aux années 80, comme l’illustre l’envol industrielle du Mexique et du Brésil pendant les années 80.

Le développement autocentré a cependant dépendu de l’extérieur, par exemple le brésil : Recevait 20% des IDE des pays de l’OCDE ». Ce qui a mené les stratégies de développements vers une ouverture sur l’extérieur dé 1960 par besoin de technologies modernes et biens d’équipements.

Ce développement a recelé de graves déséquilibres économiques comme des déficits budgétaires et a engendré une forte contrainte extérieure comme l’obligation d’équilibrer à termes ses échanges extérieurs. C’est un développement qui reste désarticulé et inégalitaire (Triangle Horizonte – Sao Paulo – Rio) qui est le symbole d’un mal développement. Ce qui a remis en cause le modèle économiques (Crise mexicaine de 1982 : effet Tequila).

 

L’Amérique latine, à partir des années 80 fait de nouveau le choix de l’ouverture sur l’extérieur pour devenir un continent aujourd’hui inséré dans l’économie mondiale et acteur de la mondialisation 

Pendant les années 90, l’ouverture de l’AL s’est faite dans un contexte de retour de la démocratie, la crise des années 80 avait balayé les dictatures. L’Amérique latine s’est ouverte économiquement en choisissant le néo-libéralisme après l’imposition de la PAS reposant sur un retrait de l’Etat et l’ouverture économique, comme avec l’arrivé de la nouvelle génération de dirigeants (Domingo Cavallo en Argentine, Fernando Cardose au Brésil qui avait proposé le plan real pour lutter contre l’inflation les grands programmes de privations) des nouvelles politiques monétaires. Les politiques d’ouvertures des années 90 ont également la particularité d’être des ouvertures choisies, comme le Mexique qui adhère au GATT.

Ces ouvertures ont permis une stabilisation économique : lutte contre l’inflation, maitrise des déficits budgétaires et de l’endettement. Le continent a connu une croissance et une modernisation notable, par exemple avec l’émergence de FMN latino-américaine; au Mexique on a observé un développement social (Massification éducation et investissement dans des programmes sociaux) et une certaine attractivité du pays. Cette insertion a permis au continent de faire entendre d’avantage sa voix sur la scène internationale et de multiplier ses partenaires (Chine 1er partenaire commercial du Pérou, Chili et Brésil et la chine est le premier client du Brésil).

Cependant le nouveau modèle reste vecteurs de fragilités économiques, comme avec la montée du protectionnisme et d’un développement qui reste profondément inégalitaire et conflictuel (reclassement territoriaux, sociétés inégalitaires, grande criminalité). Enfin la question de la redistribution des fruits de la croissance reste ainsi un enjeu essentiel pour l’Amérique Latine.

 

CONCLUSION

In fine, la mondialisation est une chance pour l’Amérique Latine en fonction des contextes, dernièrement elle s’est avérée être  une menace dans la mesure où elle a renforcé la vulnérabilité et l’instabilité du continent.

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