Le Black Friday ou l’apogée de la surconsommation

Cette année, le Black Friday a été reporté au 4 décembre en France, en raison du confinement dû à l’épidémie de la COVID-19. Il a néanmoins bien débuté le 27 novembre aux États-Unis. Retour sur cette journée de soldes exceptionnelles, qui annonce le début de la période des cadeaux de Noël, et sur les critiques croissantes auxquelles cette tradition est sujette.


1) Origine et principe du Black Friday, et évolution du phénomène

Cette tradition a émergé aux États-Unis dans les années 60. Tous les ans, le vendredi suivant le jeudi de Thanksgiving, donc le quatrième vendredi du mois de novembre, est une date privilégiée par les commerçants pour pratiquer de grosses réductions.
Pourquoi ce vendredi ? Parce qu’avec la fête de Thanksgiving, beaucoup d’américains ne travaillent pas le vendredi pour faire le pont. Ils seraient donc très nombreux sur les routes, causant de nombreux embouteillages et donnant ainsi son nom au « Vendredi Noir », noir de monde.
Le terme a commencé à être progressivement utilisé pour caractériser cette journée de promotions, où les commerçants américains cassent les prix. Cette date symbolique marque également le début des achats de Noël, donc une première vague d’achats massifs. Le principe du Black Friday s’est ensuite généralisé aux autres pays avec Internet et le développement du e-commerce, avec des géants tel qu’Amazon, depuis les années 2010.

C’est la plus grande journée de shopping de l’année, et les chiffres sont impressionnants : ce vendredi 27 novembre 2020, les consommateurs américains ont dépensé plus de 9 milliards de dollars en ligne. Dans le monde, on estime entre 60 et 70 milliards de dollars les dépenses durant le weekend du Black Friday.
Pour prolonger le phénomène, on parle aussi aujourd’hui du « Cyber Monday », le lundi suivant le Black Friday, où les rabais sont encore très importants (en 2018, les ventes réalisées lors du Cyber Monday ont même atteint 7,9 milliards de dollars aux Etats-Unis contre 6,2 milliards de dollars pour le Black Friday), voire même de la « Black Friday Week » pour allécher toujours plus de consommateurs et engranger toujours plus de recettes.

 

2) Une tradition de plus en plus controversée

Ces prix cassés poussent à la consommation : certes, cela s’avère bénéfique pour les ménages plus modestes qui profitent des promotions pour acheter des produits qu’ils n’auraient pas forcément acheté en dehors de cette période. Cependant, ces promotions poussent surtout à la surconsommation, puisque les personnes au pouvoir d’achat supérieur achètent de manière souvent compulsive et excessive.

Dans les magasins, lors d’une journée normale de Black Friday, les consommateurs se ruent sur les produits et en oublient les règles de civilité. Ainsi, en 2008, à New York, un employé de Walmart est mort, écrasé par les piétinements des clients qui se sont rués dans le magasin à son ouverture. Pour contrer ces difficultés, le commerce en ligne a depuis été privilégié.

Mais cette coutume est également controversée en raison d’un sentiment justifié d’arnaque : en effet, les rabais proposés par les commerçants ne sont pas sous le seuil de revente à perte, puisqu’ils majorent le prix de vente avant d’appliquer une grosse réduction sur ce faux prix. Ainsi, de nombreux consommateurs ont remarqué que pour certains produits, le prix réduit correspondait en réalité au prix de ce même produit quelques jours ou semaines plus tôt. La moyenne des réductions effectivement pratiquées serait en effet inférieure à 2 %.

 

3) Vers une consommation plus durable ?

Cette journée est catastrophique pour l’environnement : transactions bancaires énormes, nombreuses livraisons par des transports polluants contribuant donc à l’émission de gaz à effet de serre, gaspillage… Rien que l’année dernière, l’équivalent de près de 2 millions de dollars de colis ont été retournés juste après les fêtes. Sans compter les tonnes de produits jetés.

Partout dans le monde, pour lutter contre la surconsommation particulièrement forte lors de cette période, plusieurs alternatives au Black Friday sont nées de l’engagement des citoyens :

  • « Block Friday » : à travers des mouvements de blocage devant des lieux symboliques de la société de consommation, et de la volonté de ne rien acheter pendant cette période, les citoyens montrent leur hostilité face à la pratique du Black Friday. En France, il est notamment porté par le mouvement Youth For Climate.

  • « Buy Nothing Day »  ou journée sans achat : cette opération pacifiste consiste à boycotter la journée du Black Friday pour protester contre le gaspillage de la société de consommation. Le mouvement est né au Canada dès 1992 et repris par l’ONG Greenpeace.

  • « Green Friday » : pour inciter les consommateurs à acheter de manière plus raisonnée, ce collectif s’engage à n’appliquer aucune réduction le jour du Black Friday, et reverse 10 % de son chiffre d’affaires du jour à des associations engagées pour une consommation responsable ». En Californie, une centaine de parcs nationaux sont même gratuits, afin que les habitants puissent profiter de la nature et ne pas céder face à la tentation du Black Friday.

  • « Giving Tuesday » : plutôt que d’acheter sans cesse, pourquoi ne pas plutôt donner ? Cette journée sert à inciter à l’altruisme, la générosité, l’engagement, à travers notamment la collecte et la récolte de dons.

En France, des députés appellent même à interdire cette journée. Qu’il s’agisse du Black Friday ou encore du Cyber Monday, toute publicité promouvant ce genre de journée serait catégorisée comme « pratique commerciale agressive » et donc passible d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 300 000 euros au maximum.

Du vocabulaire utile sur ce sujet : 

  • La surconsommation : overconsumption
  • La société de consommation : the consumer society
  • Des biens de consommation : consumer goods
  • Une marque : a brand
  • Passer une commande, commander un article : to place an order, to order an item
  • ATTENTION FAUX AMI : économique (dans le sens qui permet d’économiser) = economical
  • Une bonne affaire : a real bargain
  • Une remise de 50% : a 50% discount
  • Un grand magasin VS un magasin de proximité : a department store VS a corner shop
  • Le commerce en ligne : on-line shopping, e-tailing
  • Un commerçant : a shopkeeper
  • Faire de la publicité pour une marque : to advertise a brand
  • Une publicité : an advertisement
Maiwenn Kerzerho

Étudiante en pré-master à l'ESSEC après deux années de prépa ECE, je vous apporte mes meilleurs conseils pour survivre à la prépa et réussir les concours !

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