Le récap’ de l’actualité des pays hispaniques (1/2)

En espagnol, vous apprenez pendant deux ans à découvrir l’actualité des pays hispaniques. Cependant, entre ce que vous apprenez au début de la première année et ce qu’il s’est passé en avril de la deuxième, il peut y avoir des changements radicaux. L’objectif de cet article est de vous permettre d’être à jour sur les dernières actualités cruciales des pays hispaniques.

 

L’Espagne

A cause de l’impossible accord entre Podemos et le Parti Socialiste, le roi Felipe VI a convoqué des élections générales anticipées de 3 ans et demi par rapport au planning habituel des élections. Cela témoigne de la grande instabilité politique que connaît l’Espagne et du manque de pouvoir fédérateur de la politique. Les élections anticipées de novembre 2019 ont placé au pouvoir Pedro Sanchez, président du Parti Socialiste (PSOE). Le Parti Populaire de Pablo Casado et l’extrême droite Vox de Santiago Abascal sont les grands vainqueurs de ces élections et deviennent les 2ème et 3ème grandes forces politiques du pays. Pedro Sanchez choisit Pablo Iglesias, leader du parti de gauche radical de Podemos, pour être son Vice-Président. C’est la première fois depuis 11 ans que les socialistes sont au pouvoir en Espagne (depuis Zapatero qui avait lancé énormément de réformes populaires). Cela témoigne de la crise que vit l’Espagne et de la volonté de cette dernière de se tourner vers des solutions plus sociales pour se sortir de la crise qu’elle subit depuis maintenant 13 ans.

De son côté, la Catalogne voit, pour la première fois, les indépendantistes prendre la majorité au parlement régional le 14 février 2021. Il faut cependant nuancer ce résultat à cause du taux d’abstention énorme (46%) lors de ces élections, par peur de déplacement lié au Covid. Le parti de Carlos Puigdemont (JxCat) revient en force et fait partie des deux grands partis vainqueurs des élections. Quant à lui, ce dernier a vu l’Union Européenne lui retirer son immunité et peut donc être jugé pour sa déclaration d’indépendance de la Catalogne de 2017. Les volontés indépendantistes, à l’image de la Catalogne, ne se sont pas calmées avec la crise sanitaire, et le pouvoir politique a encore du mal à se stabiliser et réussir à proposer une ligne politique claire. Avec 16,1% de la population active au chômage, l’Espagne est le 2ème pays de l’Union Européenne qui connaît le plus haut taux de chômage.

 

Le Venezuela

Au Venezuela, le combat entre le gouvernement de Maduro et l’opposition de Guaidó continue. Le président Maduro gère du mieux qu’il peut la situation à la frontière colombienne. Depuis le 21 mars, des combats ont lieu à la frontière entre l’armée vénézuélienne et les groupes armés colombiens. Maduro affirme que des mines anti personnelles y ont été posées par les groupes colombiens et réclame de l’aide à l’ONU pour les enlever. La Colombie, comme la plupart des pays de l’Union Européenne, a choisi de reconnaître Juan Guaidó comme président du Venezuela, ce qui a rompu toutes les relations diplomatiques qui pouvaient exister entre ces pays. De son côté, l’ambassadrice de l’Union Européenne à Caracas a du faire ses valises pour la deuxième fois en moins d’un an le mercredi 24 février dernier à cause d’un désaccord avec l’Union Européenne. En effet, cette dernière a décidé de mettre en place de nouvelles sanctions contre 19 membres supplémentaires du gouvernement de Maduro. Cependant, les Nations Unies estiment que ce type de mesures, pris par les Etats-Unis et l’Union Européenne, aurait en réalité des conséquences dévastatrices sur l’économie et la situation humanitaire au Venezuela. En effet, ces sanctions entravent les ventes de pétrole (déjà rendues difficiles par la crise des matières premières de 2014) et les importations. Aujourd’hui, les Vénézuéliens n’ont plus accès aux produits de première nécessité et vivent dans des conditions sanitaires catastrophiques. La rapporteuse des Nations Unies, Alena Douhan, appelle donc les pays occidentaux à lever leurs mesures restrictives, qui ne touchent en réalité que la population et non pas le gouvernement de Maduro.

 

Cuba

Après 3 ans de mandat présidentiel, Miguel Diaz-Canel devient enfin président du parti communiste cubain. Pendant ces trois premières années, le président cubain a du s’adapter aux 280 sanctions que Donald Trump a mis en place contre Cuba, à une tornade (janvier 2019) qui a ravagé l’île, ou encore à l’avion qui s’est écrasé au départ de La Havane en 2018, tuant 112 passagers. Autant dire que son mandat présidentiel, déjà compliqué car prendre la relève des frères Castro n’était pas une mince affaire, n’a pas été de tout repos et que son homologue américain a su lui rendre la tâche encore plus difficile. Les espoirs de rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis suite à l’élection de Joe Biden s’amenuisent petit à petit, au fur et à mesure que les mois passent, et que le président américain ne manifeste aucun signe pour tendre la main à Diaz-Canel. Las de ces relations inexistantes, les Cubains ont mené le 28 mars une manifestation contre l’embargo américain. Alors que ce dernier est déjà jugé trop sévère en temps normal, en temps de pandémie « ce blocus n’est pas uniquement criminel, illégal, immoral, extra-territorial et une violation flagrante du droit international. Son caractère génocidaire s’en voit aussi renforcé » déclare le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez. Pour faire face à cet embargo, qui empire déjà la plus grosse crise économique qu’ait connu le pays depuis 30 ans, le gouvernement de Diaz-Canel met en place une succession de mesures pour moderniser l’économie cubaine, minée par la lourdeur bureaucratique. Une des mesures les plus révolutionnaires en sans aucun doute la réduction des aides et subventions. Il faut ajouter à cela la volonté du président d’unifier les deux monnaies actuellement en circulation dans le pays, le peso et le peso convertible sur le dollar, qui va désavantager les entreprises, qui bénéficiaient auparavant de taux préférentiels sur la conversion en dollar. Cela entraîne donc une augmentation des coûts de production et donc du prix des produits, déjà difficilement accessibles aux Cubains. Ainsi, si ces mesures ont pour but de moderniser l’économie du pays et de la rendre plus efficace, il est certain que ces dernières ont un effet catastrophique sur la population.

 

Le Chili

Suite aux contestations d’octobre 2019, les Chiliens continuent de demander la démission du président Piñera. Ces manifestations ont fait preuve de la séparation qui se creusait depuis plusieurs années entre la population et la classe politique. Cela a conduit à la décision de la population chilienne de réécrire la Constitution. Un an après ces manifestations, en octobre 2020, les Chiliens réclament une Constitution plus actuelle. En décembre 2020, ils sont allés voter pour le choix de leur nouvelle Constitution. Ils pouvaient soit accepter ou rejeter celle qui leur était proposée ou choisir qu’une Assemblée Citoyenne rédige ce texte. Avec 50,9% des électeurs (plus haut taux de participation depuis 10 ans), les Chiliens ont choisi cette dernière option. En effet, la Constitution actuelle du Chili date de 1980, époque du général Pinochet. Cette nouvelle Constitution a pour objectif d’être plus respectueuse de la justice et de l’écologie. Cela montre clairement que les Chiliens veulent du « sang neuf ». Ils ne veulent pas d’une Constitution « réchauffée », semblable à la précédente. C’est pour cela qu’une Assemblée Citoyenne a été élue pour rédiger cette Constitution. L’écriture de cette nouvelle Constitution commencera en mai 2021, et devra être terminée pour mai 2022. Elle est écrite par 50% d’hommes et 50% de femmes (une première mondiale) et devra porter une attention toute particulière à la question des indigènes, non reconnus par la Constitution de 1980. Elle devra aussi rendre l’éducation plus accessible à tous. Actuellement, le Chili est le 3ème pays où l’éducation publique est la plus faible. En effet, l’éducation chilienne est un secteur très privatisé et ne favorise donc pas l’intégration sociale. Il faut ajouter à ces problèmes, déjà conséquents, la question de la sécheresse et du stress hydrique qui touchent le pays. Le Chili est le 16ème pays au monde où le stress hydrique est le plus élevé. La Constitution de 1980 attribuait à l’eau un droit de propriété. La nouvelle Constitution devra donc régler cette énième question. Tous ces problèmes doivent compter avec le Covid, qui dérègle la vie politique. En effet, le début de l’écriture de la nouvelle Constitution devait commencer en avril 2021 et vient d’être repoussé d’un mois à cause des risques liés au déplacement des membres de l’Assemblée Citoyenne. Les Chiliens ont prouvé qu’ils étaient capables de se faire entendre par la sphère politique lorsqu’ils se rassemblaient, il reste à espérer que le Covid ne réduira pas à néant leurs efforts.

Elise Casado

J'ai intégré TBS après 2 ans de prépa ECS. J'ai à coeur de partager avec vous mon expérience "prépa" afin de vous aider à profiter à 100% de ces deux ou trois années inégalables de votre vie !

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