Le récap’ de l’actualité des pays hispaniques (2/2)

Nouvelles élections, retour sur l’avancée de l’accord de paix en Colombie, l’Amérique Latine est en permanence en ébullition. Un récapitulatif de cette actualité avant les écrits est donc nécessaire ! Venez découvrir ce qu’il s’est passé récemment en Colombie, Equateur, Argentine et Nicaragua.

 

La Colombie

La Colombie doit faire face à plusieurs défis actuellement. La question de la remilitarisation des FARC et de leur intégration dans la société civile n’est toujours pas réglée. Dans la partie sud-est du pays, les groupes dissidents des mouvements rebelles armés se regroupent. Le 2 mars 2021, l’armée colombienne a bombardé un camp des FARC qui se situait dans cette partie de l’Amazonie. Cette attaque a provoqué un scandale dans le pays car beaucoup d’adolescents ont été tués pendant le bombardement. En effet, depuis la reddition des FARC en 2016, les mouvements dissidents se sont mis à recruter beaucoup de jeunes, en les endoctrinant et les transformant en véritables machines de guerre. De leur côté, les procès des leaders des FARC avancent : le 29 mars, le président Ivan Duque a signé le premier accord d’extradition en direction du Texas. Il concerne José Gabriel Alvarez, qui s’occupait du passage de drogue à la frontière, qui va être jugé pour trafic de drogue aux Etats-Unis. En ce qui concerne l’ELN, le président Ivan Duque a enterré les négociations commencées par l’ex-président Juan Manuel Santos, suite à l’attentat à la voiture piégée en janvier 2019 contre l’école de police de Bogota.

Ensuite, le gouvernement colombien doit faire face à l’afflux de migrants venus du Venezuela qui fuit la crise humanitaire. Afin de faciliter leur intégration dans le pays, la Colombie prévoit de légaliser un million de migrants. Ce statut doit durer 10 ans, durée pendant laquelle les Vénézuéliens seront libres de demander un droit de résidence dans le pays afin de s’y installer. Malgré les liens qui unissent les deux pays, ils n’ont plus de relations diplomatiques depuis 2015 à cause de la crise politique qui règne au Venezuela. La Colombie reste tout de même le pays qui accueille le plus de migrants vénézuéliens (1,7 millions, soit 32% des migrants).

 

L’Equateur

L’Equateur vit au rythme des élections présidentielles. Le président sortant, Lenin Moreno, ne se représente pas à la présidentielle d’avril 2021. Il est président depuis 2017, et son mandat a été marqué par de vastes mouvements populaires de révoltes. En effet, alors qu’il se présentait comme un homme du peuple, il a très rapidement mené un virage à droite et mis en place une politique libérale, en total désaccord avec ses promesses de campagne. De plus, son arrivée au pouvoir a été jugée illégale par certains (demandes de recompte des votes, résultats différents à chaque fois), ce qui a provoqué un sentiment d’illégitimité. En 2020, le pays a connu de nombreuses marches sur Quito, la capitale, pour manifester contre le gouvernement de Lenin Moreno. Il faut ajouter à cela l’explosion de la violence dans les prisons du pays. Depuis septembre 2020, les guerres de clans ont provoqué la mort de plus de 75 personnes dans des prisons équatoriennes. Tout le pays est en ébullition et les guerres de clans sont la manifestation du sentiment d’illégitimité du peuple équatorien envers la classe politique. Il faut ajouter à cela les nouvelles élections présidentielles, qui opposeront le dauphin de Rafael Correa (ex-président de 2007 à 2017), Andrés Arauz et l’ex-banquier de droite Guillermo Lasso. Ces deux hommes ont des visions politiques totalement différentes pour le pays et leur campagne promettent un affrontement idéologique très fort. Le 21 février 2021, une marche sur Quito a été organisée par le candidat arrivé en troisième position dans les sondages, Yaku Pérez, le candidat amérindien, qui dénonce une fraude lors des élections. Il aurait reçu à peine 32 600 voix de moins que Guillermo Lasso (sur une population de 17,4 millions d’habitants) et réclame donc un recompte des voix. Résultats le 11 avril, c’est le candidat de la droite conservatrice, Guillermo Lasso, qui a été élu. Il devance son adversaire de 5 points (52,51% contre 47,49%). Il vise un « déficit zéro, pour ne pas aggraver la crise » et veut donc tourner le pays vers le libre-échange. L’Equateur a ainsi fait le choix du virage à droite. Ce qui est certain, c’est que la population équatorienne s’est prononcée sur sa volonté de changement et un besoin d’être prise en compte. 

 

L’Argentine

L’Argentine est principalement marquée par l’épidémie de Covid. Même le président Alberto Fernandez a été testé positif ce vendredi 2 avril. Il avait pourtant reçu les deux doses règlementaires du vaccin Spoutnik V. Le pays tout entier est lui aussi touché : sur une population de 44 millions d’habitants, 2,3 millions sont contaminés et on dénombre 56 000 décès. D’autres mouvements se démarquent et rythment la vie politique, même s’ils sont malheureusement inhibés en partie par l’épidémie. Le 30 décembre 2020, le Sénat a enfin officialisé la légalisation de l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse. L’Argentine rejoint ainsi le cercle très restreint des pays d’Amérique latine légalisant l’avortement : l’Uruguay et Cuba. Même si certains continuent de contester cette décision, annoncée par la Vice-Présidente Cristina Kirchner, la loi a été votée à une large majorité (38 contre 29) et marque une avancée historique pour l’Argentine.

D’un autre côté, la population manifeste aussi pour se trouver un modèle agricole qui soutienne l’économie argentine. « Si le campo va bien, le pays va bien », voilà ce que proclament les agriculteurs. En effet, plus de 60% des exportations argentines concernent l’agriculture et représentent 10% du PIB. Cependant, le gouvernement argentin est tourmenté par la nécessité de maintenir les exportations qui lui permettent de réaliser de bonnes recettes, qui sont primordiales dans le contexte de renégociation de sa dette avec le FMI, et le besoin de privilégier une bonne répartition interne des productions afin de nourrir toute la population. L’Argentine doit aussi faire face à une inflation annuelle très importante (36% en 2020, 54% en 2019). Cette inflation est principalement dûe à la hausse des tarifs publics imposée par la Fed, qui a eu pour conséquence de faire baisser la valeur du peso. Pour faire face à cela, le président Fernandez avait mis en place une série de mesures fiscales fin 2019 pour redresser l’économie du pays, mais cela a surtout eu des conséquences dévastatrices sur la population : la viande, le lait, les fruits et légumes sont devenus hors de prix. En effet, le pays affronte une crise économique depuis 2001, qui ne fait que s’empirer. Le Covid ajoute maintenant un péril supplémentaire pour le gouvernement argentin, déjà accusé d’être trop lent en temps normal.

 

Le Nicaragua

Les manifestants du 18 avril 2019 au Nicaragua sont toujours à la recherche de plus de libertés. Même si ces manifestations ont marqué un grand coup et ont permis aux Nicaraguayens d’être connus et entendus par le monde entier, le président Ortega continue de gérer le pays d’une main de fer et de réprimer tout mouvement populaire. Depuis 2018, on dénombre 1600 personnes qui ont été détenues arbitrairement. Elles sont parquées dans des cellules de 6 m² avec 18 autres personnes dans des conditions insalubres et sont soumises à des pratiques que l’on pourrait assimiler à de la torture. La réalité serait bien pire, puisqu’aucun rapport officiel n’est écrit. Le président Ortega continue de faire passer des lois liberticides pour réprimer les mouvements d’opposition. L’objectif est de faire taire tout parti d’opposition afin de s’assurer la victoire aux élections de novembre 2021 où Daniel Ortega compte se présenter pour la 4ème fois aux côtés de sa femme et vice-présidente Rosario Murillo. Pour exprimer leur soutien à la population, des ONG se mettent à quitter le pays afin de faire passer un message qui résonnerait à l’international. Actuellement, le principal sujet de lutte des ONG étrangères est la loi « sur les agents étrangers ». L’objectif de cette loi est d’obliger les entreprises recevant des financements extérieurs au pays de s’enregistrer comme « agent étranger » et de rendre régulièrement compte de leur activité à l’Etat. Cette loi vise donc, selon le gouvernement, à lutter contre l’ingérence étrangère alors qu’elle permet en réalité aux entreprises de se développer à l’étranger et donc de promouvoir l’économie du Nicaragua. Ainsi, même si les oppositions ne manquent pas de se manifester pour les élections de 2021, le président Ortega les persécute afin de les empêcher de se présenter. Le peuple réussira-t-il à élire un nouveau gouvernement malgré toutes ces pratiques illégales de répression ? Cela semble malheureusement peu probable, puisque même les élections sont contrôlées par l’Etat.

Elise Casado

J'ai intégré TBS après 2 ans de prépa ECS. J'ai à coeur de partager avec vous mon expérience "prépa" afin de vous aider à profiter à 100% de ces deux ou trois années inégalables de votre vie !

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